Les jardins d'Hélène

Loin du soleil – Françoise Henry

8 Mars 2021, 10:34am

Publié par Laure

Quel beau récit, une histoire si triste et pourtant si lumineuse sous la plume de Françoise Henry !

Loïc perd sa maman alors qu’il n’a que quatre ans. Décédée d’une rupture d’anévrisme, personne ne lui dira la vérité, on lui raconte que sa mère est partie, avec toutes sortes de scénarios improbables. Le père ne peut surmonter son chagrin, l’enfant est alors confié à ses grands-parents.

La vie de ce jeune garçon jusqu’à l’âge adulte, ainsi que celle de sa famille est racontée par Greta, voisine souffrant de photodermatose, qui se doit de rester loin du soleil, et qui ne peut sortir qu’harnachée en tenue d’apicultrice ou de cosmonaute. Elle observe, et raconte, s’adressant directement à l’enfant, à la deuxième personne du singulier.

La souffrance, la misère, le manque d’amour, l’alcoolisme, la lueur d’espoir lorsque qu’arrive la deuxième épouse, bien vite déçu, l’illettrisme et le mauvais chemin suivi par Loïc et son père sont si justement décrits. Ces deux hommes qui évoluent bien loin de leur soleil, leur amour Nadine trop jeune disparue. Ces deux hommes qui tenteront de renouer un lien, mais que l’alcool et l’absence de dialogue empoisonnent.

Il y a tant de richesse dans l’étude de cette famille, une analyse fine qui jamais ne juge, et qui rayonne d’une beauté portée par l’écriture superbe et poétique, avec une fin porteuse d’espoir.

 

Une très belle découverte.

 

 

 

 

 

 

Éditions du Rocher, janvier 2021, 216 pages, prix : 17,90 €, ISBN : 978-2-268-10386-0

 

Crédit photo couverture : éditions du Rocher

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Simone Veil, l’immortelle – Pascal Bresson (scénario) / Hervé Duphot (dessin)

3 Mars 2021, 09:30am

Publié par Laure

26 novembre 1974, Paris. Simone Veil, ministre de la Santé, est à la veille de présenter son projet de loi de dépénalisation de l’avortement à l’Assemblée.

Les débats sont violents. René Feit, député du Jura fermement opposé au projet, ira même jusqu’à le comparer au racisme nazi. Il n’en faut pas plus à Simone Veil pour replonger dans son passé de déportée juive, du moins c’est le chemin proposé par le scénario.

Classique, informatif, sobre, avec un choix de couleurs uniques liées au temps de l’histoire évoqué, Simone Veil, l’immortelle est une biographie historique et humaine nécessaire.

 

 

 

Marabulles, juillet 2018, 176 pages, prix : 17,95 €, ISBN : 978-2-501-11782-1

 

 

Crédit photo couverture : © Hervé Duphot et éd. Marabulles

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Ce lien entre nous – David Joy

2 Mars 2021, 17:59pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Fabrice Pointeau

 

Un roman noir, âpre et violent, mais fort bien mené !

Darl Moody braconne le cerf hors période de chasse sur le terrain privé d’un voisin, quand c’est l’accident : ce n’est pas un cerf qu’il abat, mais un homme, lui-même en train de tenter de voler du ginseng cultivé dans ces bois.

Darl appelle son meilleur ami Calvin Hooper, pour qu’il l’aide à enterrer le corps. Mais Dwayne Brewer, frère du défunt et connu pour sa violence crasse, enquête à sa manière. C’est le début d’un engrenage sordide mais qui donne à voir, dans toute sa noirceur, une lueur d’amour, qui peut pousser, parfois, au pire.

Jusqu’où iront ces hommes, et ce flic, ces adultes qui ont grandi ensemble sur ces terres et sont devenus aujourd’hui des ennemis à abattre ou arrêter ? Que reste-t-il de leur enfance commune ?

Il y a du thriller dans ce roman d’une noirceur absolue, qui conduit à poursuivre la lecture en quasi apnée, pour en connaître l’issue.

 

Une traduction remarquable et un auteur que je découvre avec ce titre et que je ne suis pas près d’oublier.

 

 

Sonatine éditions, septembre 2020, 301 pages, prix : 21 €, ISBN : 978-2-35584-729-5

 

 

Crédit photo couverture : © DenisTangneyJr / E+ / Getty Images / et éd. Sonatine

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Une touche de couleur – Jarrett J. Krosoczka

1 Mars 2021, 17:30pm

Publié par Laure

Ou Comment j'ai perdu ma mère, trouvé mon père et fait face aux addictions de mes parents

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Margot Negroni

 

Le récit autobiographique d’un enfant élevé par ses grands-parents et devenu auteur et dessinateur de bandes dessinées. Jarrett n’a jamais connu son père, et sa mère a toujours été absente : entre prison et désintox à l’héroïne, il a été élevé par ses grands-parents, dans un foyer aimant, bienveillant et encourageant, même si sa grand-mère avait un sacré caractère un peu tordu ! Il est un peu le dernier enfant de cette famille nombreuse, même si les autres sont ses oncles et tantes.

Le récit se fait très discret sur le parcours de la mère et du père longtemps inconnu, peut-être parce que le narrateur n’en a jamais su grand-chose, grandissant dans un silence qui se voulait protecteur. Adolescence et choix d’orientation, soutien grand-paternel vers des études artistiques, l’ensemble du propos est simple mais touchant avec un bon point pour le dessin et la mise en couleur que j’aime beaucoup, bien que le graphisme soit constant sur les 300 pages que constitue l’album.

L’amour fait grandir droit, peu importe d’où il vient, du moment qu’il existe.

 

 

Ed. Delcourt, Coll. Encrages, février 2020, 320 pages, prix : 24,95 €

 

 

Crédit photo couverture : © Jarrett J. Krosoczka et éd. Delcourt

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Février 2021 en couvertures ...

28 Février 2021, 09:23am

Publié par Laure

En février, j'ai lu :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La rue qui nous sépare – Célia Samba

23 Février 2021, 15:37pm

Publié par Laure

Noémia a dix-neuf ans et partage une coloc avec son cousin Valentin et la sœur de celui-ci. Étudiante, elle croise chaque jour non loin de chez elle un jeune homme qui fait la manche au pied d’un supermarché. Dès les premières pages le ton est donné, c’est bien une romance qui s’annonce entre elle et Tristan, 21 ans, mais cet amour sera-t-il possible ? Comment annoncer autour d’elle qu’elle est amoureuse d’un SDF ? Comment surmonter les écueils inévitables car il n’est évidemment pas question de pitié… et comment les accidents de la vie peuvent-ils vous conduire là si jeune ?

Les deux héros vont apprendre à se connaitre, mais la réalité quotidienne de Tristan est complexe à appréhender, pas facile de supporter la violence bête et gratuite de quelques-uns.

Le monde de la rue est un sujet peu traité dans les romans, et le choix original de l’autrice est d’avoir proposée deux fins, l’une simple et évidente mais douloureuse, l’autre plus complexe et positive, mais aussi plus guimauve, ça n’en finit plus de finir. C’est ce qui m’a gênée dans ce roman : j’aime qu’un auteur d’une manière générale assume son choix et le fasse pour moi, je ne veux pas qu’on me laisse imaginer la suite d’une fin ouverte, encore moins choisir avec une fin alternative.

Ce premier roman d’une très jeune autrice (23 ans) s’inscrit dans la catégorie romance du young adult, avec quelques phrases guimauves un peu trop mielleuses caractéristiques du genre, heureusement assez rares, un  feel good facile à lire qui plaira à un large public « jeune » ou avide de bons sentiments réconfortants.

 

 

 

 

 

 

Hachette romans, janvier 2021, 384 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-01-714021-4

 

 

Crédit photo couverture : éd. Hachette romans

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Ce genre de petites choses – Claire Keegan

5 Février 2021, 09:49am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin

Bill Furlong est marchand de bois et charbon, marié et père de famille nombreuse, et à l’approche de ce Noël 1985 dans son petit village irlandais, il ne manque pas de travail. C’est alors qu’il découvre une jeune fille terrorisée enfermée dans un hangar du couvent voisin. Si le couvent parle d’un jeu entre pensionnaires, la rumeur de la ville dit que les sœurs du Bon Pasteur gagneraient beaucoup d’argent en exploitant des filles-mères comme blanchisseuses et en vendant leurs bébés à l’étranger.

Bill étant lui-même l’enfant d’une domestique de quinze ans qui eut toujours la chance de pouvoir grandir avec sa mère au sein du foyer de sa patronne, il est très sensible à ce sujet.

Entre quête des origines paternelles et dénonciation du scandale de la Magdalene laundry, Claire Keegan offre un roman ciselé, empli d’humanité, tout en délicatesse et finesse, et dont le titre prend tout son sens à l’issue de la lecture. L’écriture classique et le propos semblent placer ce récit dans un temps plus lointain, et pourtant, ce scandale irlandais courut jusqu’en 1996.

Un très beau récit.

 

 

Ed. Sabine Wespieser, novembre 2020, 118 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-2-84805-372-1

 

 

Crédit photo couverture : © éditions Sabine Wespieser

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Devenir femme de mère en fille – Malvine Zalcberg

3 Février 2021, 09:36am

Publié par Laure

Comment devenir femme en explorant le lien mère-fille, le sujet m’intéressait.

Je ne m’attendais pas toutefois à cette approche : un corpus gigantesque d’exemples piochés dans le cinéma et la littérature, permettant d’en détacher rapidement un principe ou une idée.

Avantage : on peut facilement avoir envie de revoir tel ou tel film, la plupart sont très connus.

Inconvénient : si vous n’avez pas vu le film vous en connaitrez la fin ou l’enjeu avant de le voir.

Je me suis lassée à la moitié de l’ouvrage de cet enfilement d’exemples assez décousus là où j’aurais aimé un essai construit et riche, j’ai fait de la deuxième moitié une lecture plus rapide.

L’accessibilité ne doit pas non plus occulter le propos. L’approche psychanalytique sans explications est vaine, le propos reste extrêmement superficiel. J’attends d’une psychologue clinicienne et psychanalyste quelque chose de plus théorique tiré de son expérience et de ses études. Ou alors le corpus de films aurait dû être restreint et analysé plus en profondeur.

 

 

Albin Michel, Mai 2019, 448 pages, prix : 21,90 €, ISBN : 978-2-226-44263-5

 

 

Crédit photo couverture : © éd. Albin Michel

 

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La soutenance – Anne Urbain

1 Février 2021, 19:15pm

Publié par Laure

Antoine a décidé d’arrêter sa thèse, mais ne parvient pas à l’annoncer à sa mère. Il se condamne lui-même à la terminer, entre cafés, derniers cours en tant que prof, BNF et procrastination. Il ne rejoindra pas sa compagne à Séoul pour mieux travailler, tout en accueillant à l’improviste son frère ainé, Dan, qui travaille dans la finance à Londres. L’un n’a pas le sou, l’autre le distribue, l’un est fidèle à son époque, un peu paumé, l’autre part en vrille. Comment trouver sa place dans cette famille qui semble désunie malgré les apparences ?

Choisi pour son titre et son sujet (la soutenance de mon fils est prévue dans 15 jours), je me suis longtemps demandé où l’auteur allait en venir. Ce roman apportait-il quelque chose de neuf ou d’intéressant à la littérature ? Je n’ai pas aimé les personnages, et pourtant, le ton m’a donné envie de poursuivre. La tragi-comédie prend le dessus, mais semble montrer aussi le grand désarroi d’une jeune génération perdue et sans repères, la déliquescence de la famille et de la communication en son sein. Une lecture intrigante mais mitigée pour ma part.

 

Premier roman

 

Ed. de l’Olivier, janvier 2021, 234 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-8236-1697-2

 

 

Crédit photo couverture : © cedric@scandella.fr / éd. De l’Olivier.

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Janvier 2021 en couvertures ...

31 Janvier 2021, 14:50pm

Publié par Laure

En janvier j'ai lu :

 

 

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