Un océan d'amour – Wilfrid Lupano (scénario) et Grégory Panaccione (ill.)
Un océan d'amour pour finir l'année en beauté :-)

224 pages sans un seul mot écrit, et pourtant, quelle richesse, quels détails, messages et sourires dans le scénario ! Bien sûr il y a aussi tout l'art et les couleurs du dessin de Panaccione pour rendre expressifs tous les personnages (même les mouettes) et toutes les situations.
Comme tous les matins, monsieur, tout petit et bigleux à grosses lunettes, s'apprête à partir en mer sur son vieux rafiot de pêche, après avoir mangé la galette garnie de sa robuste et massive bigoudène de femme, et embarqué sa cargaison de sardines en boites pour manger dans la journée. Mais ce soir-là au port, il ne rentre pas.
Son petit bateau a été emporté dans les filets d' un grand chalutier, et il lutte avec son compagnon de pêche pour sortir de ses mailles. Mais que peut le petit face au mastodonte, sur un océan démonté ? Pour les femmes c'en est fait : Madame est sans doute veuve. Mais si la voyante lit dans les crêpes que Monsieur est à Cuba, alors Madame met toutes ses économies dans un billet de croisière pour retrouver son homme, il faut ce qu'il faut.
Le lecteur suit en parallèle les aventures du couple qui cherche l'un à rentrer chez lui, l'autre à retrouver son époux, dans un chassé-croisé sacrément agité. On sourit ou on rit franchement à toutes les aventures de Madame (qui découvre le tourisme de masse et la malbouffe sur un navire de croisière et donne quelques savoureuses leçons au passage) et on espère avec Monsieur que la météo va lui être enfin favorable. Que d'aventures, que de rebondissements !
Avec quelques messages au passage, sur le tombeau d'ordures que sont devenus les océans, le dégazage en mer, etc.
Jamais plus vous ne regarderez une boite de sardines et une mouette de la même façon, cette mouette qui s'incruste (et rappelle celle de Gaston Lagaffe) mais qui fait sourire !
Et si d'ordinaire je ne lis jamais les 4èmes de couverture, là j'ai fait une exception, d'abord parce que c'est le seul texte du livre, mais surtout parce que c'est un chef-d’œuvre d'humour et d'art à elle toute seule.
LA BD de l'année, assurément. (enfin pour moi du moins!) Et dire qu'il y a encore des parents, que j'observe et entends à la bibliothèque où je travaille, qui disent à leurs enfants (pourtant dans les bacs d'albums pour enfants) : « non prends pas ça y a rien à lire !» Si vous saviez au contraire ce qu'il y a lire dans un album sans texte...
Delcourt, coll. Mirages, octobre 2014, 224 pages, prix : 24,95 €

Crédit photo couverture : © Grégory Panaccione et éd. Delcourt
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L'auteur vit au Brésil avec sa femme Patricia, et leur petite fille Louise. Une nouvelle grossesse s'annonce. D'emblée pour le futur papa rôde le spectre obsessionnel d'une éventuelle trisomie 21. Mais non, tout va bien, les échographies sont rassurantes, et les différents médecins tout autant. Car c'est aussi le moment qu'a choisi le couple pour revenir en France. Quand la petite Julia naît, son père la trouve « différente », persuadé qu'elle est trisomique. « Mais pourquoi dites-vous cela ? Mais non, tout va bien ». Mais la distance s'est déjà installée, il ne peut aller spontanément vers son enfant. Il faudra quelques jours et la découverte d'une malformation cardiaque pour mettre au jour le diagnostic. Julia est trisomique, en dépit des échographies « normales ».
C'est à l'enterrement de Lucette que les trois amis désormais septuagénaires se retrouvent : Mimile, Pierrot, et Antoine. Mais lorsqu'Antoine découvre chez le notaire que sa Lucette avait un secret lié à leur ancien employeur, le patron du laboratoire Garan-Servier, il pète les plombs et décide d'aller régler ses comptes au vieil homme qui vit en Toscane. Mais il y a aussi Sophie, leur petite-fille, qui a repris la camionnette et les spectacles de marionnettes de Lucette (et le nom de troupe « le loup en slip »!), Sophie qui est enceinte de 7 mois mais il n'y a pas pas de papa à l'horizon, et qui ne peut pas les laisser partir comme ça, ils vont faire des bêtises !
C'est bien involontairement que Sophie a ramené à l'esprit de Pierrot son amour de jeunesse : Ann Bonny. Il n'en démord pas, il la pensait morte, il veut à présent la retrouver. Plongée active dans son groupe « Ni yeux ni maitre », où l'on rencontre de drôles de personnages, comme une vieille hackeuse de 92 ans qui s'en prend au site internet de Nadine Morano, ou encore Jean-Chi, un vieux qui va littéralement pourrir un meeting de JF Copé par la seule force de ses intestins qu'il libère sur commande... En marge, la jeune Sophie qui élève seule son enfant, des scènes récurrentes à la boulangerie où acheter une baguette ordinaire relève du parcours du combattant (vous avez le choix entre trente six mille autres variétés de luxe, ça fait plus terroir, plus authentique, c'est surtout plus cher), un canon à moutons inventé par 3 gamins du coin, et le dernier spectacle écrit par Mimile et joué par Sophie qui en dit long sur ce que nous avons fait de notre Terre.
Il y avait déjà le loup, l'ogre, 
Si j’en crois le moteur de recherche de ce blog, je n’ai jamais fait de billet sur 
Les livres-jeu à la manière des "Où est Charlie ?" ou "cherche et trouve" et autre famille Oukilé plaisent énormément aux enfants (si j'en crois les demandes des enfants de la bibliothèque qui me les réclament sans cesse !)
