Les jardins d'Hélène

Ma vie d'adulte – Isabelle Bauthian, Michel-Yves Schmitt, Virginie Blancher

16 Juillet 2012, 06:29am

Publié par Laure

 

Scénario : Isabelle Bauthian

Dessins : Michel-Yves Schmitt

Couleurs : Virginie Blancher

 

ma-vie-d-adulte.jpgLiz a une trentaine d'années, un ami depuis 10 mois (un exploit), et un CDD de vendeuse en librairie. Sa sacro sainte liberté, des petits jobs alimentaires qui lui conviennent, la farouche volonté de ne pas entrer dans un moule, une voie toute tracée, celle de l'adulte responsable qui a entre autre un bon boulot, stable, bien payé et qui sait jouer à merveille avec les conventions sociales.

Mais Liz ne cesse aussi de se remettre en cause, de s'interroger sur elle-même, sur ses envies profondes, et l'air de rien, sa volonté peut-être désormais de construire autre chose.

Une BD touchante, réaliste, qui décrit très bien ce temps plus ou moins long où l'on se cherche, le refus du « comme tout le monde », les illusions et les désillusions, et qui offre de très belles pages, parfois drôles, sur le shopping avec une prétendue copine – collègue de boulot (elle canon qui rentre dans n'importe quelle fringue, Liz, qui ne faisait plus attention à elle depuis longtemps et ne rentre dans aucun jean), le marathon ubuesque des dossiers et courriers de Pôle Emploi, la relation fragile et hypocrite avec les collègues de bureau...

Liz ne perd jamais sa franchise et sa fidélité à elle-même, même si parfois ça pose problème. Et doucement elle évolue, change, et la trouvera, sa voie ?

Quand on feuillette l'album, certaines pages paraissent très chargées en texte, une BD très écrite donc, mais qui se lit avec grand plaisir.

 

La boîte à bulles, coll. Champ livre, avril 2012, 79 pages, prix : 15 €

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Michel-Yves Schmitt,Virginie Blancher et éd. La boîte à bulles.


Voir les commentaires

La bibliothèque du Docteur Lise - Mona Thomas

15 Juillet 2012, 11:58am

Publié par Laure

 

bibliotheque-du-docteur-lise.jpgLise Ménard est cancérologue à Paris, de nos jours. Un anthropologue la rencontre pour des entretiens à bâtons rompus autour de son métier et des lectures.

Si je connaissais les collections « bleue » et « framboise » de chez Stock, je ne connaissais pas encore la verte, plus exactement appelée « la forêt » et dirigée par Brigitte Giraud, auteur que j'aime beaucoup par ailleurs. J'avoue ne pas bien percevoir la ligne éditoriale de cette nouvelle collection, qui publie des textes de littérature sans a priori sur la forme, romans, récits, nouvelles…, dont la démarche d’écriture, la voix et le travail sur la langue font preuve d’un engagement fort et singulier. C'est le cas d'un peu toutes les collections, non ?

Il est précisé « roman » sur la page de titre, c'est nécessaire sans doute, car c'est vrai qu'au fil du texte on ne sait pas très bien si l'on est dans un témoignage réel ou une fiction. Peu importe à vrai dire.

C'est bien sûr le genre de livre qui fait la part belle à la littérature, et qui au détour de la conversation, cite un nombre important de titres qu'on ne peut s'empêcher de noter pour la plupart. Néanmoins je ne perçois pas de fil conducteur logique dans cette histoire, juste un prétexte à parler littérature de façon un peu brouillonne. On ne parle pas vraiment médecine, ni entièrement littérature. Les deux sont mêlés de manière informelle, sans objectif particulier, ou alors je ne l'ai pas perçu. J'ai davantage le sentiment d'une recension d'ouvrages parlant de la maladie, des patients, de la relation du malade au médecin et qu'on aurait casés là sous prétexte d'un roman sur cette cancérologue dont on dépouillerait les bibliothèques.

Agréable à lire, mais un peu fourre-tout ?

 

p. 130 « Sachez qu'il fut un temps où, à part le châtelain abusif (référence à Perturbation de Thomas Bernhard dont elle parle plus haut), les gens appelaient quand ils avaient quelque chose. Maintenant ils appellent pour une urgence bien avant la moindre petite douleur. Ce n'est pas rien d'être soumis de façon durable à la plainte d'autrui, je vous assure. On entend quelque fois, Le docteur est dur, il n'écoute pas. En réalité le docteur est usé. »

 

p. 152-153 : « Médecin, on est convaincu d'agir pour le bien-être des gens, on ne dépassera pas un certain degré d'action, une manœuvre inscrite dans un schéma non pervers, qui réponde vraiment à quelque chose d'essentiel. Sinon, perte d'énergie, de confiance, du plus précieux. Simplement, reconnaissez que pour dire ça, il faut une expérience et une délicatesse que je n'ai pas acquises toute seule ou à la fac, mais dans la fréquentation assidue de ma bibliothèque. Parce qu'un roman ce n'est pas seulement une histoire. Un grand roman, c'est parfois à peine une histoire. En ça je vous assure, la littérature m'assiste et ne cesse de me soutenir dans l'exercice de la médecine. Vous comprenez pourquoi Henry James a sa place parmi mes livres ? A cause de sa subtilité qui m'aide à entendre les gens. À côté de Tanizaki. »

 

Mais ses références ne sont pas que classiques ni écrites :

p. 73 : « Des patients nous citent House comme le super doctor qu'ils auraient consulté la veille. Bien plus de gens qu'on ne l'imagine oublient qu'ils ont vu un acteur, qu'il s'agit d'un scénario et que les grands malades du film sont des comédiens en pleine forme, à commencer par celui qui joue House d'ailleurs, ne souffrant pas plus de la jambe qu'il n'est accroché au Dicodin. Au lieu de discuter, je mets House de mon côté. Un malade me dit, la voix anxieuse, Vous êtes sûre ? Oui. Certaine ? Maintenant qu'il y a Docteur House, je dis, on n'a pas le droit de se tromper de diagnostic. Grâce à l'incroyable créativité des séries américaines, on dispose de toutes les solutions, vous pouvez être tranquille. Ou pour détendre l'atmosphère d'une consultation qui risque d'être tendue, Ne vous inquiétez pas, je dis, on va s'en sortir, il suffit de trouver le bon épisode du Docteur House. »

 

Stock, coll. La Forêt, mars 2011, 196 pages, prix : 17,25 €

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © éd. Stock


Voir les commentaires

Pendant qu'ils comptent les morts – Marin Ledun et Brigitte Font Le Bret

8 Juillet 2012, 16:20pm

Publié par Laure

 

(Entretien entre un ancien salarié de France Télécom et une médecin psychiatre)

 

pendant-qu-ils-comptent-les-morts.jpgJe connaissais Marin Ledun en tant qu'auteur de romans policiers, j'ignorais qu'il avait été chercheur en sociologie des usages au Centre de Recherche et de Développement de France Télécom. C'est en tant que salarié de France Télécom souffrant du nouveau management mis en place par l'entreprise lors de sa privatisation qu'il rencontre la psychiatre Brigitte Font Le Bret, qui reçoit les salariés qui vont mal.

S'intéressant toujours au fonctionnement interne de l'entreprise et au traitement médiatique qui est fait de la vague de suicides à France Télécom, quelques années après avoir démissionné, Marin Ledun décide de recontacter cette psychiatre pour analyser ce qui s'est passé et en faire un livre d'entretien. Ils ont la volonté de comprendre. « Qu'il soit bien clair que l'objet, ici, n'est pas et n'a jamais été la question du suicide en soi, mais bien celle de la cécité vis-à-vis des pratiques managériales et des nouvelles formes d'organisation du travail. Ou comment des vies sont sacrifiées chaque année sur l'autel de la rentabilité. » (p. 15) Et en ce sens, ce livre est salutaire, passionnant et éclairant.

Les auteurs expliquent comment sont infantilisés, isolés, et surveillés en permanence les salariés. Comment on leur donne des objectifs irréalisables, comment on les détruit intérieurement en leur imposant des mobilités forcées, des postes qui n'ont rien à voir avec leurs compétences, etc.

La psychiatre apporte des explications intéressantes sur la distinction entre dépression et souffrance au travail (on a pu lire souvent que ceux qui s'étaient suicidés étaient déjà dépressifs ou avaient des problèmes personnels), elle démontre bien comment c'est cette nouvelle gestion des ressources humaines qui leur a été fatale.

Les auteurs relatent aussi l'attitude des clients consommateurs (le fameux client roi), et de toute cette urgence de la société aujourd'hui qui ne tolère plus la moindre panne ou défaillance quelques heures. Comment les clients eux-mêmes participent de cette violence dans des propos outranciers, façon « je n'en dis pas plus parce que sinon vous allez vous suicider », quand ce n'est pas directement « allez donc vous suicider ! ».

L'entretien porte essentiellement sur France Télécom mais on peut l'extrapoler à d'autres entreprises qui fonctionnent de la même manière.

La postface de Bernard Floris apporte un éclairage historique intéressant sur l'évolution du management et de l'organisation du travail, du taylorisme au management par la menace. Au-delà, c'est toute une réflexion sur notre société du profit qui est engagée. « Quand refuserons-nous de vivre et travailler ainsi ? » conclut Bernard Floris.

 

 

La Tengo éditions, avril 2010, 164 pages, prix : 15,50 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Olivier Brut et La Tengo éditions.

Voir les commentaires

Une vie sans Barjot – Appollo & Oiry

7 Juillet 2012, 15:38pm

Publié par Laure

 

Scénario : Appollo

Dessins et couleurs : Oiry

 

une-vie-sans-barjot.jpgMathieu a 18 ans et vient d'avoir le bac. C'est sa dernière nuit dans la petite ville de son adolescence, demain, il part à Paris poursuivre ses études. Il veut profiter de cette dernière nuit, avec les potes, et peut-être enfin approcher la belle Noémie dont il est amoureux.

Succession de rencontres, de lieux où rien ne se passe vraiment comme prévu, Mathieu erre dans la nuit avec Christophe, l'intello ivre de Kerouac et de Rimbaud qui ne rêve que d'un tel avenir d'auteur, et Barjot, de son vrai prénom Jean-Mohamed, plus désinvolte, un peu barge comme son surnom l'indique.

Le principal atout de cet album est de sonner profondément juste, si le langage cru et bassement vulgaire des ados vous rebute, passez votre chemin, mais c'est aussi ce qui en fait son réalisme. On s'y croirait, dans cette adolescence désabusée entre alcool, joints, et sexe. Devient-on adulte en cessant de fanfaronner, en écoutant ses sentiments, en acceptant ses forces et ses faiblesses ? Devient-on adulte parce qu'après le bac on part vers l'inconnu ?

Le jeu de couleurs de cette longue nuit est très bien vu aussi, jouant essentiellement sur le bleu, le rouge et le jaune en plus du noir de la nuit. Une fin plus douce, plus intimiste, révèle tout l'intérêt des personnages et leur basculement. Un passage initiatique de l'adolescence à l'âge adulte, symbolisé par une nuit d'errance et de regards sur la ville et ses amis.

 

Futuropolis, mars 2011, 64 page, prix : 16,25 €

Etoiles : stars-3-5__V45687331_.gif

Crédit photo couverture : © Oiry et éd. Futuropolis

Voir les commentaires

Il l'a fait...

6 Juillet 2012, 09:08am

Publié par Laure

Bon, ce ne sera pas la journée de l'humilité, mais celle des sourires grands jusqu'aux oreilles...

 

Il l'a fait : Bac S SI (sciences de l'ingénieur) mention Très Bien

 

(On attend un peu pour les notes, les serveurs de l'académie de Nantes sont saturés , impossible de s'y reconnecter depuis 9h15 !)

 

Edit : on n'est plus à cela près : 19 en maths coeff 9, 17 en physique-chimie coeff 6, 19 en sciences de l'ingénieur  coeff 9 (20 à l'écrit coeff 4, 17 à la partie technique coeff 5), 16 en Histoire-Géo coeff 3, 15 en anglais LV1 coeff 3, 18 en allemand LV2 coeff 2, 15 en philo coeff 3, 14 en sport coeff 2, et les épreuves de l'an dernier en français : 19 en français (dissert) et 11 à l'oral, sa grande déception !, et TPE : 20. Ce qui d'après le courrier reçu de l'académie ce midi fait une moyenne de 17.70. ouch.

 

Il part donc à la rentrée, CPGE MPSI (dans notre vieux langage à nous : prépa maths sup) au lycée Clémenceau à Nantes.

 

Le concert des pianistes le 30 juin à l'école de musique, c'était donc le dernier aussi, du moins ici.

à défaut de vidéo, quelques photos (cliquables) :

 

JB_orgue.JPG

   Jean-Baptiste sur l'orgue de l'église pour le concert des pianistes, avec le directeur de l'école de musique

 

JB-et-Renata.JPG

     JB et Renata, la prof de piano de l'école, répétitions avant concert

 

  AC_orgue.JPG

  Anne-Claire, sa soeurette, 1ère découverte de l'orgue également pour cette journée spéciale pianistes.

 

Crédits photos : © Cristina Zanetti.

 

 

Voir les commentaires

Azami, le coeur en deux - Marc Cantin et Isabel

24 Juin 2012, 20:49pm

Publié par Laure

 

azami.jpgAzami, jeune fille de 14 ans, vit avec sa grand-mère au pied du mont Kaïdo, au Japon. Sa mère est

morte et son père travaille souvent en France et a préféré la confier à sa grand-mère pour se consacrer à son travail, pensant que la vie de sa fille aurait ainsi une vie plus stable.

Azami connaît ses premiers émois amoureux et ne sait comment en parler à sa grand-mère, leur vie étant si sage et bien rangée, et si respectueuse des traditions. Mais une grande aventure va venir bouleverser le quotidien d'Azami : un voyage en France avec son père. Ils seront hébergés chez des amis japonais, qui ont une fille de son âge : Myo. Mais Myo est bien différente, avec ses cheveux verts et ses vêtements à la mode, bien plus délurée et déjà amoureuse. Le choc des cultures ne se passera pas sans mal.

 

Roman jeunesse qui s'adresse aux jeunes lecteurs de 11-12 ans (et +), l'histoire représente assez bien ce passage de l'enfance à l'adolescence. La jeune Azami est sage et quasi parfaite (elle commettra pourtant quelques erreurs), tandis que Myo est plus rebelle et insolente. Les deux jeunes filles reflètent bien ce qui pourrait passer pour de beaux clichés : les Japonais sont réservés, respectueux, vertueux et droits, bref parfaits, les Français sont bien plus mal élevés ! (ce qui n'est pas faux non plus!) La délicatesse japonaise est la sensation dominante du roman, suivies des péripéties amoureuses et conflictuelles des filles, et du choix que devra faire Azami. Les croyances anciennes véhiculées par le personnage de la grand-mère ont une place importante aussi, et un brin de surnaturel (avec le bracelet et le petit yokaï, petit personnage plein de malice qui doit la surveiller), apporte un vrai plus fantaisiste au récit.

Quelques aspects détonants toutefois : la grand-mère vit dans une maison ancienne traditionnelle :

p. 27 : « Dans cette maison, Obâsan a seulement concédé quelques aménagements modernes, l'électricité et un chauffage dans la chambre de sa petite-fille. Sinon, la salle de bain est depuis toujours alimentée par une source d'eau chaude et Azami prend chaque soir un bain dans cet onsen naturel. Pour la cuisine, en revanche, pas d'eau courante. Il faut aller la chercher au puits. »

Mais sa petite fille dispose des dernières technologies : ordinateur portable et téléphone mobile. Le mélange est surprenant, mêlant si facilement tradition et modernité.

Le texte est aéré (grosse police de caractères, grand interligne) et encourage ainsi la lecture des « petits » lecteurs que des textes plus longs ou plus denses rebuteraient. La trame du roman reste simple, mais le tout fonctionne de façon séduisante.

 

Nathan, juin 2012, 213 pages, prix : 7 €

Etoiles : stars-3-5__V45687331_.gif

Crédit photo couverture : © Vanessa Ho / Trevillion Images et éd. Nathan


Voir les commentaires

Comme des larmes sous la pluie – Véronique Biefnot

12 Juin 2012, 15:17pm

Publié par Laure

comme-des-larmes-sous-la-pluie.jpgNaëlle est une jeune femme solitaire qui travaille dans un magasin de tissus et ne semble trouver de réconfort qu’auprès de son chat Nicolas et des livres, notamment des romans de Simon Bersic.

Simon Bersic, écrivain donc, vit avec son fils adolescent, et ne s’est jamais vraiment remis du décès de sa femme.

Entre les deux, un couple d’amis de Simon, famille modèle, Céline, Grégoire et leurs deux enfants. Céline est décoratrice d’intérieur et s’approvisionne dans le magasin où travaille Naëlle, qui est d’ailleurs sa vendeuse et conseillère de référence.

Je vous laisse imaginer la romance qui va naître …

Entre ces différentes voix qui donnent leur prénom aux chapitres, une voix anonyme, différente, qui semble narrer un événement dramatique dont on comprend très vite qu’il s’agit d’un fait divers sordide ultra médiatisé (voyez du côté de Room, et Claustria, …)

 

Pendant les deux premiers tiers du roman, j’ai trouvé cette lecture terriblement lisse et prévisible. De beaux clichés (les bas qui crissent, ils sont tous beaux, tristes et seuls, abîmés par la vie, ont malgré tout la réussite pour eux, et bien sûr on va les réunir). Le lecteur a toujours un temps d’avance sur la narration, peut-être parce que les fils de trame sont convenus et apparents, on devine sans problème ce qui va se passer au chapitre suivant. Je ne me voyais pas d’autre réflexion que de conseiller ce livre comme une bonne alternative aux lecteurs friands de Marc Lévy et Guillaume Musso, on est dans le même registre, un cran au-dessus peut-être. Puis le dernier tiers m’a finalement enfin captée, peut-être parce que le temps de la lecture rejoint enfin le temps de la narration : le lecteur n’a plus systématiquement une longueur d’avance, on vit les événements en même temps qu’ils nous sont contés, et là ça fonctionne enfin, la bluette gagne un peu en complexité et léger suspense, au point de réussir son pari : attacher le lecteur aux personnages, et lui donner envie de lire la suite !

 

Comme des larmes sous la pluie est en effet le premier volet d’une trilogie, dont le deuxième tome, les murmures de la terre, a déjà paru aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Si d’emblée je pensais n’aller jamais plus loin que le 1er tome, je reconnais avoir pensé continuer la route avec Naëlle et Simon. Mais le second tome (qui peut se lire sans connaître le premier, annonce l’éditeur) semble faire la part belle au chamanisme, et pour cela, j’avoue que j’ai déjà été échaudée avec Cohen.

 

En conclusion, Comme des larmes dans la pluie est un premier roman bien construit, qui saura séduire les lecteurs occasionnels ou les amateurs de romance, mais laissera sur leur faim les lecteurs aguerris qui y verront un canevas trop bien tissé, trop romantique et peu crédible. Je rejoins en ce sens le point de vue de Miss Alfie, même si elle parle plutôt de l’aspect thriller. Je le mettrai volontiers dans ce qu’on appelle et sans que cela soit péjoratif, un bon roman de plage. A lire l’été les doigts de pied en éventail, sans en attendre autre chose qu’une belle histoire d’amour et un moment de détente. 

 

Lu en juin 2012 dans le cadre d’un partenariat avec le Livre de poche.

 

Le livre de poche, juin 2012, 354 pages, prix : 7,10 €

(1ère publication : éd. Héloïse d’Ormesson, 2011)

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

Crédit photo couverture : © Ingvil Holm / Millenium Images et LGF / Le livre de poche.

 

 

Voir les commentaires

Boule à zéro, tome 1 : Petit cœur chômeur – Ernst et Zidrou

9 Juin 2012, 20:15pm

Publié par Laure

 

Scénario : Zidrou, Dessins : Ernst, Couleurs : Laurent Carpentier

 

boule-a-zero.jpgElle s'appelle Zita mais tout le monde l'appelle Boule à Zéro dans son hôpital, oui c'est un peu devenu « son » hôpital depuis 9 ans qu'elle y « vit » « Boule à zéro » parce que cancer et chimio... le sujet est difficile (les maladies longues durées ou incurables chez les enfants) mais le résultat n'est pas du tout larmoyant bien au contraire.

Zita a une énergie incroyable, un humour débordant, et toujours un bon mot pour tous ceux qu'elle croise. C'est un peu le boute-en-train du service. Elle s'apprête à fêter ses 13 ans (alors que tout le monde lui en donne 10 et la prend pour un garçon, ce qui l'agace un peu!) et invite patients de son entourage et personnels soignants. Mais son cœur se serre car elle n'a pas revu sa mère depuis longtemps, celle-ci ne vient presque plus la voir...

Beaucoup de justesse, de subtilité et d'humour dans les dialogues, un équilibre bien trouvé entre douleur des situations et dynamisme du personnage, quelques clins d’œil au journal de Spirou, et un bon reflet de la réalité hospitalière des enfants malades qui ne sont souvent pas bien loin de la gériatrie dans les malades rencontrés sur la durée.

Des liens se tissent entre les infirmières, les médecins et leurs jeunes patients, entre les enfants aussi, une complicité sur le fil où pointe toujours un sourire. Ah le sacro-saint café de la salle des infirmières et leurs traditionnels sabots en plastique ajourés...

Un seul regret : ça finit un peu vite (on resterait bien plus longtemps avec cette petite Zita!) et le tome 2 est annoncé pour début 2013, c'est loin !

 

 

Bamboo éd., mars 2012, 46 pages, prix : 10,95 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Ernst et éd. Bamboo

Voir les commentaires

Splat est un vrai chef / Splat raconte ses vacances – D’après le personnage de Rob Scotton

7 Juin 2012, 09:14am

Publié par Laure

DSC01478.JPG

 

Les Splat petit format sont de retour avec 2 nouveaux titres qui paraissent en même temps, sous licence, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas été faits par Rob Scotton. Les enfants ont le plaisir de retrouver leur personnage préféré et les livres de plus petit format sont moins chers.

 

Dans Splat est un vrai chef, on a affaire à un Super Splat super-héros qui fait des supers bêtises et qui va tenter de se rattraper ! En effet, alors qu’il regarde Supermatou à la télé, en voulant imiter son héros, Splat renverse un verre posé sur la télé, tout tombe et la télé se casse. Sa mère l’envoie dehors faire du vélo. Il aperçoit une affiche pour un concours de pâtisserie dont le premier prix à gagner est … une télé ! Il se met sans tarder à un atelier gâteaux, non sans quelques nouvelles bêtises…Mais tout finit bien, rassurez-vous (et devinez qui gagne la télé…)

Sympathique mais je ne retrouve pas l’intérêt des premiers Splat qui avaient pour mérite d’aborder des thèmes qui accompagnaient les petits (la première rentrée à l’école, le premier amour d’enfance, Noël, la peur de l’eau à la piscine avec l’école, …), la série se développe de façon plus fantaisiste mais un peu inégale (le scénario est quand même un peu tiré par les cheveux), sauf si on aime au contraire ce décalage un peu loufoque. Je préfère le second titre : Splat raconte ses vacances.

 

Texte original : Amy Hsu Lin

Illustrations intérieures : Robert Eberz

Titre original : Splat the Cat Takes the Cakes

Etoiles : stars-3-0__V7092079_.gif

 

DSC01479.JPG

Splat raconte ses vacances nous a davantage plu (Mosquito est co-lectrice cobaye ), pour sa chute qu’on pressent mais qui fait sourire. C’est la rentrée des classes et Splat est content de retrouver ses camarades et sa maîtresse. Mais le soir venu, il est déjà plus anxieux : il doit raconter ses vacances et rapporter un souvenir en classe. Mais que choisir ? Il a fait tant de choses passionnantes ! Une course de vélos, une baignade dans un océan de requins (avec un décalage humoristique dans l’illustration !), un grand match de foot, et ainsi de suite… de vraies aventures ! Mais à chaque fois, un point commun… sa petite sœur dans les pattes, qui voulait participer à tout avec lui. Devinez quel souvenir Splat va choisir ?

On a beaucoup aimé ce clin d’œil d’amour familial, ainsi que l'humour et l'imagination de l'illustration !

 

Texte original : Laura Bergen

Illustrations intérieures : Charles Grosvenor et Joe Merkel

Titre original : Splat the Cat – Back to school, Splat !

Etoiles : stars-4-0__V7092073_.gif

 

Nathan, juin 2012, prix : 5,80 € chaque.

 

Voir les commentaires

Lulu et le brontosaure – Judith Viorst, ill. par Lane Smith

5 Juin 2012, 17:07pm

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Natalie Zimmermann

 

lulu-et-le-brontosaure.jpgLulu est une vraie peste, fille unique pourrie gâtée par ses parents, elle ne tolère pas le refus qui la plonge dans des colères noires. Elle a tout, elle veut tout, et ses parents ne parviennent jamais à lui dire non, même quand ils essaient, ça finit toujours par « Bon, juste pour cette fois. »

Alors quand à deux semaines de son anniversaire Lulu demande un VRAI brontosaure comme cadeau, ça se complique un tantinet. P. 19 : « Un chien, un chat, un poisson rouge, un oiseau, une gerbille, un cochon d’Inde : oui. Un brontosaure ? Certainement pas. »

Lulu la peste pique donc sa fameuse colère à en exploser les ampoules et part avec sa petite valise sous le bras chercher sa bestiole dans la forêt voisine, non sans déranger quelques paisibles animaux sur son passage. Mais quand elle le trouve son brontosaure, les rôles pourraient bien s’inverser…

Une jolie fable pleine d’humour pour parler des caprices et de la colère, de son apaisement, et ouvrir la réflexion sur la possession. L’auteur s’immisce dans le récit en faisant des commentaires de-ci de-là (l’auteur fait ce qu’il veut, non ?) et propose trois fins possibles, car après tout Lulu pourrait bien atteindre l’âge de raison en même temps que son anniversaire ? Et si les (brontosaures des) histoires, ça aidait à grandir ?

Un très beau livre (à partir de 8 ans), qui est aussi un très bel objet : j’aime le format assez peu commun (24 x 13), la couleur du papier, la mise en page, les choix de couleur des présentations de chapitres, les dessins (au fusain ?) de Lane Smith, et l’apaisement qui ressort de ces choix.

N’oubliez pas d’ouvrir en grand le livre à plat, pour voir 1ère et 4ème de couv dans leur entier, le tableau est superbe !

 

lulu-brontosaure-couv-entiere.JPG

 

Milan, avril 2012, 123 pages, prix : 10,90 €

Etoiles : stars-4-5__V7092073_.gif

Crédit photo couverture : © Lane Smith et éd. Milan

Voir les commentaires