Des charlottes et des rillettes, un reportage exclusif signé Dame C.

hier, c'était plutot ça :

Retour vers le 17 août. Ciao bye les lecteurs !
Quinqua, bibliothécaire, avec thé et chats. Je dépose ici les marques que mes lectures ont tracées.


L'album n'est pas nouveau, mais ma chanson préférée est le bonus track caché derrière Julien, que j'ai réussi à trouver isolé sur le web :
"Je ne sais plus si je suis trop moche
Ou si c'est ce foutu miroir
Qui me brise en morceaux et m'écorche
L'estime et le regard
Je ne sais plus si sur ta langue
Il te reste un peu de mon amertume
Si je coule ou si je tangue entre la mer et l'écume"
Ils ont 15 ans et pensent être sont amoureux l’un de l’autre. Il
s’appelle Jean, et elle est « sa petite chérie ». Mais jamais rien ne se passe et quand au cours d’un voyage scolaire il ose lui demander si elle veut sortir avec lui, walkman sur les
oreilles, elle répond non, et le regrettera longtemps. Tous deux font leur vie de leur côté, se marient, ont des enfants, divorcent, ont des liaisons, mais jamais ils ne se perdent de vue.
Régulièrement ils se revoient, et voici venu le temps où ils ont 45 ans. S’aimeront-ils enfin ?
J’aime beaucoup Colombe Schneck, enfin du temps où je regardais encore la télé et sa chronique dans Arrêts sur image, aux touts débuts. Je la trouvais très mignonne et très pro. J’avais donc envie d’aimer ce roman, mais franchement, non. On a un peu envie de lui botter les fesses à cette petite chérie, qu’elle se décide enfin et arrête de rêver sa vie, de ce qui aurait pu être et n’a pas été, du coup ça devient un peu longuet (sur 120 pages à peine) et l’ennui pointe son nez. On ne sait pas très bien où elle veut en venir, et au final on a bien du mal à voir un intérêt quelconque à cette histoire. Dommage.
Mais j’ai quand même envie de découvrir son nouveau roman en septembre….
Elles l’ont lu (et sont du même avis) : Florinette
, Caroline, ...
Points n°1956, juin 2008, 121 pages, prix : 5 €
Ma note : 2,75/5
Crédit photo couverture : © Doug Menuez / Getty Images
En juillet 1960, Christian, dit Kiki, était parti passé un mois de vacances à la
ferme de Pépé Marius et Mémé Marie-Louise, au fin fond de nulle part dans le Morvan. Premiers éclats de rire à la lecture de ces souvenirs, les charmes de la campagne jadis ! (À part
quelques commodités sanitaires, je pourrais presque dire que ça n’a guère changé ! les cochons, le jambon pendu au clou… passé la première rudesse, Kiki adore ces vacances-là. Cinq ans plus
tard, Kiki y retourne avec son petit frère, mais ce n’est plus pareil : Pépé Marius est mort, Marie-Louise est partie en maison de retraite, leur fille Dédette et son mari Marcel les
remplacent à la ferme. C’est plus violent, plus brutal, et pourtant… c’était le goût de l’enfance et des vacances. 25 ans plus tard, Kiki raconte toujours Saint-Prix à ses enfants qui en
redemandent.
On a tous des souvenirs de Saint-Prix ou d’ailleurs en nous, une bien jolie BD notée chez Philippe ! Un album largement autobiographique signé Flamand père et fils, Chris pour les souvenirs, Julien pour le dessin. Et en fin d’album, des photos souvenirs de l’époque.
Une BD Madeleine de Proust qu’on transmet de génération en génération, de ces bonheurs simples dont on ne se lasse pas.
Akiléos, janvier 2008, 50 pages, prix : 14 €
Ma note : 4,5/5
Crédit photo couverture : © Julien Flamand et éd. Akileos
Petite découverte sympathique au hasard des rayons…
Un petit livre plein de fraîcheur, de tendresse et de fantaisie… Ferdinand est un petit garçon comme les autres, ou presque : dans sa tête, les mots et les chiffres se mélangent, il fait plein de choses à l’envers et ne comprend pas toutes ces expressions imagées de la langue française, du coup, il crée souvent les siennes et s’exprime dans un langage très personnel, un langage qui a du sens, mais qui n’est que le sien. Il n’arrive pas à prononcer son prénom, alors il s’appelle Bob, ça a le mérite de se lire dans n’importe quel sens.
Il a beau faire un liban de connaissances et aller souvent chez l’autre phoniste, sa mère est souvent convoquée à l’école, et ce sont toujours les mêmes mots qui reviennent : caprice, entêtement, problématique, confusion, dessins à l’envers, délibérément, mauvaise volonté, psychologue, spatialisation, destructuré, autonomie, … selon le point de vue de celui qui s’exprime. Mais tout cela n’empêche pas Bob d’être un petit garçon vif et intelligent, amoureux d’Anna, même que Bob + Anna, c’est un super palindrome qui se lit dans n’importe quel sens, et quand la maîtresse dit qu’il vont créer une pièce de théâtre à partir d’une histoire d’un anglais qui s’appelle Drôle de Dalle, un bon grand géant, Bob déborde d’enthousiasme. Et qu’importe s’il prend ses ciseaux pour découper le livre quand la maîtresse dit qu’il va falloir découper l’histoire en dix scènes.
Et puis Bob peut toujours compter sur sa maman qui elle, sait bien les difficultés qu’il a, d’ailleurs à la fin du livre (qui se termine un peu trop vite d’ailleurs), elle lui a rédigé un cahier d’expressions rien qu’à lui, pour plus tard, quand il aura 20 ans et que tout cela sera loin derrière, par exemple il y a : « en avoir gros sur la tomate : devenir tout rouge de déception ». Et surtout, il y a ce magnifique préambule de la maman : « Petit dyslexique, petit dysphasique, petit dyscalculique, petit dysgraphique, mais qui a toujours eu dys/10 dans mon cœur… »
A lire dès 9/10 ans, c’est aussi un superbe travail sur le langage, car tout fait sens, mais pas dans l’ordre académique habituellement attendu. L’auteur a animé des ateliers d’écriture et on en retrouve bien là toute la créativité.
Un beau petit livre plein d’humour et de tendresse que je dédie à une maman en particulier J
Syros jeunesse, coll. Tempo, juillet 2007, 89 pages, prix : 5,90 €
Ma note : 4,5/5
Crédit photo couverture : © Irène Schoch et éd. Syros
Sully m’avait tagguée ici et n’ayant pas répondu sur le moment, j’avais un peu oublié… Il n’est pas trop tard… (ça s’appelle l’art de meubler entre deux lectures ?)
Un aliment ou un produit que je n'aime pas du tout :
Les huîtres, bulots, ce genre de bestioles bizarres
Mes trois aliments favoris : le chocolat, le chocolat, et le chocolat. Comment ça je triche ? Je suis d’ailleurs en train de goûter un nouveau chocolat noir aux cristaux de fleur de sel de chez Lindt pas mal du tout. Et quelques temps avant j’ai découvert le chocolat noir au sésame grillé, de je ne sais plus quelle marque, la même peut-être, en hypermarché.
Ma recette favorite : des basiques qui marchent toujours avec la tribu : lasagnes maison, spaghettis bolognaise, et je reste assez fière de mon premier essai de noix de saint-jacques au miel et poivre vert, tout un dîner avec avocats aux crevettes en entrée, etc. sauf que ce soir-là, l’épouse du collègue de mon mari était allergique à tous les produits de la mer, ce que bien sûr nous ignorions ! Et comme je n’avais même pas une tranche de jambon dans mon frigo, elle n’a pas mangé grand-chose… Moralité : je hais les dîners mondains.
Ma boisson de prédilection : l’eau gazeuse avec un degré de bulles parfait, à mi-chemin entre Perrier (trop grosses, les bulles) et Badoit (trop fines, les bulles). Riez, riez, les connaisseurs comprendront ! J’aime aussi les thés noirs nature type darjeeling et ceylan, et les jours de folie les vins d’Alsace, le tokay pinot gris, le pinot noir, et quand je suis infidèle à ma région de cœur, un Chablis. Je réserve le Champagne aux rencontres avec des filles pétillantes de la blogosphère ;-))
Le plat que je rêve de réaliser ou que je n'ai pas encore fait : peu importe, il suffit que j’aie l’envie de bien recevoir mes invités.
Mon meilleur souvenir culinaire: c’est un souvenir affectif, de la cuisine toute bête mais j’adorais les tomates farcies de ma grand-mère et ses escalopes de veau panées avec des petits pois. Ces plats avaient le goût de l’enfance heureuse, c’est forcément inégalable !
Je ne tagguerai personne, beaucoup l’ont déjà fait, mais si le cœur vous en dit, ce questionnaire est à vous !
Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza
Mon Dieu, quel calvaire ce bouquin ! Il n’aurait pas fait partie de la sélection 2008 du Prix des Lecteurs du Livre de Poche (auquel je participe), je ne l’aurais 1) jamais lu : avec un titre aussi tarte, franchement ! (je précise qu’il est littéralement traduit de l’italien,
d’ailleurs l’auteur semble en faire une marque de fabrique, son précédent roman s’appelait trois mètres au-dessus du ciel, et son tout dernier
s’intitule J’ai failli te dire je t’aime ; 2) je ne l’aurais jamais fini parce que bon… ma patience a des limites, mais au final j’ai
triomphé ! Youpi, par acquit de conscience, je suis venue à bout des 570 pages ! Pour vous dire que vous ne m’y reprendrez pas de sitôt à lire du Moccia !
Alors… de quoi ça cause… d’abord, c’est la suite d’un précédent roman : trois mètres au-dessus du ciel, dans lequel Step vivait un grand amour avec Babi mais la perdait, et pour s’en remettre, partait étudier aux Etats-Unis. Dans J’ai envie de toi, le voici donc de retour à Rome après 2 ans d’absence, il reprend vite ses habitudes : la moto, les bagarres, le squat chez le frère, trouver un boulot, voir sa mère mourir, apprendre un peu tard que Babi se marie, mais entre temps vivre une histoire d’amour avec une fille un peu barge : Gin. Etre follement épris, de son corps, de ses lubies. La quatrième de couv nous dit « follement romantique, l’histoire de l’amour impossible entre Step et Gin est devenue le roman culte de toute une génération en Italie » Ah bon ? Romantique, oui, par tartines de clichés qui reviennent régulièrement, mais tellement éculés qu’on en baille… roman culte d’une génération ? Elle doit avoir moins de 20 ans alors cette génération ! Parce que trouver un mec séduisant juste parce qu’il gagne toutes les bagarres, crier au génie parce qu’une pauv’ fille se fait violer suite à une blague entre potes, et qu’elle garde avec amour le môme qui en résulte, mouais…
Inégal, long (beaucoup trop), mais tenant la route sur la construction, y compris dans son raccord au roman précédent (les deux titres sont des phrases écrites l’une sur un pont l’autre sur un immeuble par Step amoureux), j’ai toutefois trouvé ce roman vraiment sans intérêt. Même pas à la plage. Non.
Le livre de poche n°31038, mai 2008, 570 pages, prix : 7.50 €
Ma note : 1,5/5
Crédit photo couverture : © MP / Leemage
Voilà typiquement ce que j’appellerais un livre « zéro risque » à
l’achat. Vous savez exactement ce que vous allez y trouver, ni plus, ni moins.
Anna Sam est diplômée universitaire mais n’ayant pas trouvé d’emploi dans son domaine et ayant comme tout le monde besoin de vivre, elle a exercé pendant 8 ans le métier de caissière. Elle en connaît donc un rayon, si je puis me permettre. Que trouverez-vous dans ce livre ? quelques dessous du métier : le temps partiel imposé et le salaire médiocre, la batterie de chefaillons, l’uniforme moche et informe made in China dont la couture craque au premier mouvement, un crédit temps de pause de 3 minutes par heure travaillée, autrement dit vous aurez dix-huit minutes de pause après 6 heures non stop derrière votre tiroir-caisse, l’humiliante pause pipi qu’il faut demander par téléphone à sa chef si on n’arrive pas à attendre la pause règlementaire, et bien sûr, toutes les perles du métier, celles qui vous font ricaner ou vous donnent des envies de meurtre quand vous êtes en relation avec un public. Alors vous saurez tout sur le client lambda qui ne raccroche jamais son téléphone portable surtout pas devant une caissière, celui qui vous drague, celui qui essaie de faucher, celui qui vous raconte sa vie, celui qui vient toujours à la fermeture, ou se rue sous les rideaux métalliques dès l’ouverture. Bref, le client n’est jamais content, il est toujours grossier et malpoli, quand ce n’est pas ivre ou agressif.
Certes, des clients qui vous font un sourire, vous disent bonjour et vous souhaitent bonne journée, il y en a (très très rarement d’après la caissière), mais bien sûr ceux-là ne sont pas intéressants, puisqu’ils sont normaux (si tant est que la norme n’est pas encore devenue le mépris, si l’on en croit ce livre) et donc ne vous feront pas rire.
C’est vite lu, pas spécialement bien écrit (style oral quoi), mais ça plaît au public : parce qu’il est toujours amusant de ricaner (des autres), parce que c’est du vécu, etc.
Dénichées sur overblog (http://caissierenofutur.over-blog.com), ces chroniques ont été réunies en tribulations chez un éditeur. Ça se trouve en tête de gondoles dans les hypermarchés qui ne sont pas rancuniers. Si toutefois cela apporte à l’auteur un meilleur revenu que son salaire d'ex caissière, pourquoi pas.
No futur, mais no surprise non plus.
Stock, juin 2008, 190 pages, prix : 15.50 €
Ma note : 2,5/5
Crédit photo couverture : © Atelier Didier Thimonier – et Getty Images / éd. Stock
avant de faire tourner une nouvelle lessive, toujours vérifier AVANT qu'il ne reste rien dans le tambour ;-))
Caramel cherchant un peu de fraicheur...
Elle a quand même fini par comprendre qu'un des lits des enfants absents, c'était quand même plus confortable
Agathe écrit une lettre à sa mère décédée depuis longtemps. « Ma petite maman chérie, je crois que tu ne m’as jamais aimée, n’est-ce pas ? » Le thème est douloureux,
comme souvent dans cette (superbe) collection Mirages, sensible et délicate. Agathe a été élevée différemment de ses frères, sa mère ne lui a même pas donné de prénom à la naissance, pourquoi
l’a-t-elle toujours ainsi rejetée, humiliée, laissée seule livrée à elle-même ? La première lettre retrace l’enfance douloureuse d’Agathe, les rais de lumière quand elle est avec sa tante et
son oncle, pourtant si cette violence maternelle est difficile, la lecture n’est pas pesante, peut-être les couleurs éclairent-elles le récit, et Agathe cherche à comprendre… La seconde lettre,
bien plus tard, nous montre l’évolution d’Agathe. Divorcée, elle a un nouveau compagnon, et cherche toujours à comprendre. Quelques photos montrées par la tante tant aimée et un secret du passé
maternel se dénoue : Agathe trouve enfin une réponse à l’attitude de sa mère, même si elle ne la comprend pas forcément ou ne l’excuse pas. Enfin, la dernière lettre, Agathe va devenir mère
à son tour, revient sur les lieux de son enfance, et se sent prête à tourner la page. Le chemin de la vie, d’une relation mère-fille complexe.
Un très très bel album, qui va bien plus loin que le thème d’une enfance malheureuse ou du secret de famille, un scénario habilement construit, une belle réflexion, qui passe du désarroi de l’enfant au travail de l’adulte qui a cherché à guérir de son enfance, dans des tonalités chaudes et un dessin qui évoque particulièrement bien ces années 50, formant un ensemble adéquat avec le texte et l’évolution des personnages.
A noter : l’histoire n’est pas du tout autobiographique !
Une collection à surveiller tout particulièrement chez cet éditeur, on y trouve de très belles choses.
© Nathalie Ferlut et éd.
Delcourt
Delcourt, coll. Mirages, avril 2008, 86 pages, prix : 14,95 €
Ma note : 4,5/5
Crédit photos : © Nathalie Ferlut et éd. Delcourt.