Les jardins d'Hélène

La maison des temps rompus - Pascale Quiviger

5 Septembre 2008, 06:04am

Publié par Laure

Premier échec pour moi dans ces débuts de lectures de rentrée littéraire. Clarabel a beaucoup aimé, Cuné aussi, partout je lis de belles choses sur ce livre mais je jette l’éponge la 50ème page. La première partie « le dedans du dehors » démarrait pourtant bien : une femme s’installe dans une maison isolée en bord de mer, l’ex propriétaire est partie du jour au lendemain sans donner signe de vie, tout s’est fait très vite. Et puis on ne sait plus très bien dans quelle fantaisie fantastique on se retrouve, peut-être que cette maison existe, peut-être pas. C’est mystérieux, mais là je pense encore que l’intrigue va dénouer ce nœud étrange. P. 42 : « à proprement parler, ma maison n’existe pas ». Hélas la suite part dans une tout autre direction, on ne sait pas qui parle, qui sont ces personnages, où et quand on se situe, bref je ne comprends rien et manque un peu de patience. Et comme la quatrième de couverture me dit que cette maison s'effacera au profit d'autres histoires, réelles ou fantasmées, j’avoue, j’abandonne. J’ai besoin d’une réalité tangible dans les romans, même totalement fantasmée.

Il y a quand même un point que je partage avec les copines : quelle horreur cette couverture ! (pardon au concepteur !)


 

D’autres lectures : Hélène, Clarabel, Cathulu, ...
 

Ed. du Panama, août 2008, 187 pages, prix : 18,50 €

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Mon gras et moi - Gally

4 Septembre 2008, 05:20am

Publié par Laure

Une BD pour les filles qui s’habillent en taille 44 et plus, surtout et +, et qui dépriment en montant sur leur balance. Et pour toutes les filiformes qui rentrent dans du 36, peut-être l’occasion de ne plus nous bassiner parce que leur jean les boudine quand elles ont pris 200 grammes en mangeant un éclair en chocolat, et que Ibiza c’est fini. Avec humour, enfin ! Car bien sûr tout se veut dédramatisé dans cette BD, le 150ème régime, les tablettes de chocolat planquées sous le lit parce que mince, la gourmandise y a que ça de vrai, les habits achetés trop petits dans l’espoir de maigrir, une penderie pleine à craquer de trucs qui ne nous vont plus mais seulement ½ étagère de trucs dans lesquels on rentre, etc. etc.

Drôle, tonique, authentique et revigorant ! Aussi bon qu’une tarte aux fraises ou une charlotte au chocolat, selon vos goûts J

 

PS : et niaise que je suis, je n’ai su qu’après lecture que c’était d’abord un blog

 

Diantre ! éditions, juin 2008, prix : 16 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : © Gally et Diantre éd.

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à table ! - Tiffany Tavernier

3 Septembre 2008, 06:01am

Publié par Laure

Voici un roman délicieusement érotique et gourmand, tout autant que noir et dérangeant. Un roman percutant qu’on déguste les sens en alerte et d’une seule bouchée.


Marie est amoureuse d’Eli, mais Eli est marié, et n’a pas l’intention de divorcer. Le classique de la back street qui n’a plus que ses yeux pour pleurer le bel amant rentré dans son foyer. Mais quand Marie s’aperçoit qu’Eli la trompe avec une jeune étudiante, rien ne va plus, elle cafarde et vit comme un zombie, frôlant le licenciement alors qu’elle était une employée de banque particulièrement efficace pour faire rentrer des contrats. Ah monsieur va voir de quel bois elle se chauffe… la vengeance sera longue, hautement gastronomique, juste épicée à l’arsenic… ira-t-elle jusqu’au bout ? Ses recettes sont à se damner, la cuisinière un brin folle, le tout est tendu sur le fil du couteau, mais simplement jubilatoire. Bravo.

 

 

 

Les lectures de Laurence, Cuné, Yspaddaden, Amanda (moins enthousiaste)

 

Seuil, mai 2008, 138 pages, prix : 14,50 €

Ma note : 4,5/5

Crédit photo couverture : © Philippe Pache / Rapho / et éd. du Seuil

Crédit tout court : merci Cuné pour le conseil et pour le prêt !

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Le baume du dragon - Silvana Gandolfi

2 Septembre 2008, 06:03am

Publié par Laure

Traduit de l’italien par Faustina Fiore

 

Andrew Stone, 55 ans, mal marié, est un peu déprimé au cours de son voyage au Népal avec sa femme Deborah. Un vieux sage lui demande de remettre un flacon de remède, le baume du Dragon, à sa petite-fille, la kumari royale, déesse vivante de Katmandou, une fillette d’une dizaine d’années qui perdra son statut le jour où elle perdra une goutte de sang. Mais mal dans sa peau, Andrew avale lui-même le remède et ne tarde pas à en voir les effets : il rajeunit d’une année chaque jour ! Au début c’est salutaire, mais redevenu adolescent, ça complique quand même un peu sa vie… Pour essayer d’enrayer le processus, il retrouve la kumari et part avec elle vers un lac près de l’Anapurna, baignade qui devrait stopper les effets.

Un voyage cocasse et charmant !

Ce petit roman vaut surtout pour son côté un peu farfelu et son dépaysement, les personnages sont bien campés, la gamine est exaspérante, l’épouse délaissée qu’on croise à la fin fait rire et tremblez, vous croiserez le grand yéti !

Un roman bien sympathique. Dès 11/12 ans.



 

 

Lauréat du Prix Tam-Tam / Je bouquine en 2007.

 

Ed. du Panama, fév. 2007, 174 pages, prix : 13 €

Ma note : 4/5

Crédit photo couverture : © Tina Mercier et éd du Panama

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Vue sur la mère - Julien Almendros

1 Septembre 2008, 06:05am

Publié par Laure

« Je suis né le cordon ombilical autour du cou, un premier bijou qui, déjà, avait l’avantage de n’être pas très onéreux. » Voilà la première phrase de ce premier roman qui donne le ton mi drôle mi amer de l’ensemble. C’est l’histoire de Julien et de sa mère, ou plus exactement, un portrait de cette mère, possessive, jalouse, tyrannique, pleureuse, de celles qui vous gâchent l’enfance et virent pathétiques. Mais voilà, ça ne va pas plus loin, c’est vif et vite lu, mais ça reste factuel, oui des mères comme ça il y en a plein, mais alors, et après ?

Il manque un souffle à ce roman, un dépassement, quelque chose qui aille plus loin que ce portrait banal. Quant à l’épilogue… il n’apporte rien de plus, inutile donc, au fond on s’en fiche de savoir si c’est vrai ou pas, autobiographique ou non.

 

Mais les avis sont partagés : voir celui de Cuné (que je remercie pour le prêt), Laurence, et celui d’un libraire

 




Le Dilettante, août 2008, 124 pages, prix : 14 €

Ma note : 2,5/5

Crédit photo couverture : éd. Le Dilettante

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Laisse les hommes pleurer - Eugène Durif

30 Août 2008, 06:19am

Publié par Laure

Léonard est un ancien « populart », un pupille de l’Etat, à ne pas confondre avec un pupille de la nation qui, lui, a mérité de la patrie, précise-t-il. Père de 4 enfants d’un premier mariage, il vit à présent avec une nouvelle compagne, Hélène. Gardien de prison, il est blâmé pour éprouver un peu trop de compassion pour un détenu. Il se sent déprimé dans sa vie comme dans son couple. Il ressent alors le besoin profond de partir à la recherche de celui qui fut son quasi frère, un enfant placé comme lui, Sammy, un petit gamin tout droit arrivé dans la Creuse depuis l’île de la Réunion, comme c’était fréquent dans les années 60 de faire venir ces enfants en Creuse et de promettre à leurs familles une meilleure vie. Meilleure vie, tu parles. Larbins à la ferme, traités comme des chiens, mais dans l’adversité, le soutien moral et l’amitié de ces deux gamins se forgeront à toute épreuve.

Léonard remonte ses souvenirs d’enfance en même temps que la route qui lui permettra de retrouver Sammy, à qui la vie n’a pas tellement réussi. Rudesse d’une famille d’accueil au comportement inhumain, un environnement qui fait penser à ceux de Patrice Juiff ; réconfort d’une famille des environs avec qui ils auront sympathisé, l’espoir se mêle à la détresse, et la vie continue, malgré tout.

Un voyage intérieur autant que réel pour tenter de finir de se reconstruire, si c’est encore possible, une belle quête de cette amitié inoubliée. Même si la fin est un peu trop ouverte à mon goût, Eugène Durif offre là un roman humain et chaleureux, une histoire tout à la fois  simple et forte.

 
L'avis de Cuné


 

Actes Sud, août 2008, 138 pages, prix : 16 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © Johann Fournier et éd. Actes Sud

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Un jour avant Pâques – Zoyâ Pirzâd

29 Août 2008, 07:54am

Publié par Laure

 

Traduit du persan (Iran) par Christophe Balaÿ

 

Edmond a 12 ans, jeune garçon arménien qui vit simplement dans sa famille, entre l’école et l’église. Il s’émerveille de choses simples, comme une coccinelle qui passe et qu’il capture. Il est très ami avec la petite Tahereh, la fille du concierge de l’école, mais celle-ci est musulmane, et les relations entre adultes des deux communautés ne sont pas faciles. Puis un jour avant Pâques à nouveau, mais après un grand saut dans le temps. Edmond est devenu directeur de l’école dans laquelle il allait étant enfant. Il est marié avec Marta et il a une fille, Alenouche, laquelle leur annonce son mariage avec Behzad, un non-arménien, c’est toujours aussi contrariant. Nouveau saut dans le temps, nouvelle veille de Pâques, fête des œufs peints, cela n’a pas changé. Edmond est seul, il ne reste plus que Danik, la surveillante du collège, une femme « déshonnête » parce qu’elle était amoureuse d’un musulman, chassée de son village elle est venue vivre à Téhéran.  Sa fille Alenouche est partie vivre au loin.

Par des allers-retours constants entre passé et présent, on reconstitue l’histoire d’une vie, celle d’un amour et de petits riens, celle d’une communauté faite de traditions, celle d’un pays cosmopolite, c’est un récit fin et délicat qui aborde aussi la liberté d’aimer qui l’on veut face au poids des traditions. Des regrets quand même, face aux ellipses, trop grandes et trop nombreuses : même si l’on comprend bien l’histoire, il y a des manques : qu’est devenue Tahereh ? Pourquoi si peu sur la fin de Marta ? Les personnages sont attachants, on aimerait en savoir plus sur eux, et on les quitte à regrets. Quelques jours avant Pâques, à trois époques différentes, et un flacon d’encre verte qui fait entre autres, le lien entre les trois pour nous livrer l’histoire d’Edmond et des siens. Une auteur à suivre, ou à rattraper, si comme moi, l’on n’a pas encore lu ses précédents titres : On s’y fera, ou Comme tous les après-midi.

 


La présentation de l’éditeur : ici
D’autres lectures : shyankarClarabel, Cuné ...
 

Zulma, août 2008, 136 pages, prix : 16,50 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : © David Pearson et éd. Zulma

Crédit tout court : merci à Cuné pour le prêt

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Ecoute-la - Sarah Dessen

28 Août 2008, 08:51am

Publié par Laure

Traduit de l’américain par Frédérique Fraisse.

 

J’ai offert ce roman à une adolescente de mon entourage parce qu’elle l’avait repéré et qu’il la tentait, et comme on l’avait à la bibliothèque, je l’ai lu {après} pour en avoir une idée. L’alchimie n’a pas fonctionné avec moi. J’ai d’abord trouvé ce roman très mal écrit, brouillon, ouvrant beaucoup de pistes intéressantes mais n’allant au bout d’aucune…  Ce qui est déconcertant quand on lit dans les pages liminaires que l’auteur enseigne aujourd’hui l’écriture ! et que la critique faite par Sophie Pilaire sur le site de Ricochet est très positive !

Annabelle est la dernière d’une fratrie de 3 filles. Comme ses sœurs elle occupe son temps libre en faisant du mannequinat. Pas de problème d’études ni d’argent. Comme tous les adolescents américains de 16 ans (en tout cas ceux des séries télé), elle va au lycée avec sa voiture personnelle. On a là la base d’un feuilleton glamour léger. Ce n’est pas la voie que suivra l’auteur, puisqu’Annabelle n’arrive pas à exprimer sa solitude et ce qui ne va pas pour elle, en particulier la souffrance de sa sœur anorexique. Arrive l’étrange Phil, solitaire qui écoute de la musique électro, musique qu’elle n’aime pas du tout, mais peu à peu elle se lie d’amitié avec Phil. Anorexie, viol, premières amours, jalousie et vexations des copines, un mélange étrange où rien ne me semble cohérent ni abouti, ou alors dans une façon de penser qui n’est pas la mienne.

 

 

Pocket jeunesse, juin 2007, 381 pages, prix : 17 €

Ma note : 2/5

Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et éd. Pocket jeunesse

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Fleurs de tempête - Philippe Le Guillou

27 Août 2008, 05:05am

Publié par Laure

 

Si je ne devais retenir qu’un seul livre de l’année 2008, ce serait probablement celui-ci. Un chant d’amour inconsolable aussi beau que douloureux, porté par une écriture sublime.

Il s’agit d’un récit autobiographique relatant l’amitié amoureuse entre l’auteur et Hélène, une jeune enseignante passionnée de littérature et de Proust en particulier. Leur relation est curieuse, amitié débordante d’amour, ils passent beaucoup de temps ensemble, en Bretagne, à Paris, en Irlande. Le livre est construit en 3 parties : les souvenirs de l’auteur depuis sa rencontre avec Hélène à son départ pour Brest, où elle va faire sa vie avec Xavier, un marin, et dont elle aura une petite fille, Marie. La deuxième partie traduit la douleur de l’auteur au départ de Marie. Mais très tôt dans le livre s’est insinué le signe de la maladie, un nodule sans gravité mais surveillé, puis… la troisième partie est celle de la descente aux enfers, le parcours de la maladie, cancer du sein, son traitement et la lutte acharnée d’Hélène pour triompher.

Vingt ans d’amour que la maladie viendra balayer.

Un texte magnifiquement écrit, très littéraire, lumineux, intense et dramatique, d’une beauté rare.

(p.162) « C’est alors que j’ai imaginé pour elle ce tombeau, comme un reliquaire de mots et d’images où elle serait enclose et toujours vivante, le premier de mes livres qu’elle ne lirait pas. »

 

Gallimard, février 2008, 162 pages, prix : 14,50 €

Ma note : 5/5

Crédit photo couverture : éd. Gallimard.

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Qui comme Ulysse - Georges Flipo

26 Août 2008, 05:33am

Publié par Laure

Ce recueil de quatorze nouvelles variées vous embarque en voyage : de l’Inde à la Thaïlande en passant par Cabourg ou Méribel, quand ce n’est pas Séville ou Venise, mais le plus souvent quand même en Amérique du Sud, vous voyagerez … au cœur de l’être humain et parfois de ses noirceurs.

Soyons honnêtes, certaines nouvelles m’ont laissée indifférente : Nocturne, les sources froides, et à l’heure de notre mort, l’Indifférent, et Rapace. Toutes les autres (et ça en fait quand même neuf) ont quelque chose de fort et de touchant, de révoltant, de drôle, d’original, d’étrange, … [Bilan qui n’engage que moi !] Il y a l’île Sainte-Absence, qui se passe à Cabourg, que j’avais eu la chance d’entendre lue par Cuné avant même d’avoir le livre, et qui vous bouleverse et vous fait la relire en cherchant bien le moment où tout bascule. Très réussie. Qui comme Ulysse, qui vous donne des envies d’empanadas au fil de la lecture. Un éléphant de Pattaya, sur le tourisme sexuel, qui vous donne envie de ruer dans les brancards, une grande réussite cette nouvelle, aussi abjecte que bien construite. La marche dans le désert, absurde du hasard et du destin, vers le frère, étrange… La partie des petits saints… bon, faut se la farcir quand même, la partie d’échecs quand on n’y connaît rien…. Incartade, parenthèse féminine qui offre un peu de légèreté à la gravité de l’ensemble, et la Route de la Soie, dans laquelle un retraité gagne le gros lot grâce à son blog de voyages, alors qu’il n’est qu’un imposteur : jamais sorti de sa Bretagne, il se contente de réécrire ce qu’il trouve sur le net… joli pied de nez !

Bref, vous l’aurez compris, des nouvelles très différentes, variées, touchantes ou drôles, il y en a vraiment pour tous les goûts, et forcément quelques unes qui vous plairont, si ce n’est toutes !

 


Merci à l’auteur et à son éditrice de me l’avoir offert.

 

L’avis de Cuné

 

Anne Carrière, août 2008, 252 pages, prix : 18 €

Ma note : 3,5/5

Crédit photo couverture : éd. Anne Carrière (Homme aux valises, sculpture de Gilles Blanchard en acier patiné (environ 35 cm), collection particulière.)

 

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