Qui comme Ulysse - Georges Flipo
Ce recueil de quatorze nouvelles variées vous embarque en voyage : de l’Inde à la Thaïlande en passant par Cabourg ou Méribel, quand ce n’est pas Séville ou Venise, mais le plus
souvent quand même en Amérique du Sud, vous voyagerez … au cœur de l’être humain et parfois de ses noirceurs.
Soyons honnêtes, certaines nouvelles m’ont laissée indifférente : Nocturne, les sources froides, et à l’heure de notre mort, l’Indifférent, et Rapace. Toutes les autres (et ça en fait quand même neuf) ont quelque chose de fort et de touchant, de révoltant, de drôle, d’original, d’étrange, … [Bilan qui n’engage que moi !] Il y a l’île Sainte-Absence, qui se passe à Cabourg, que j’avais eu la chance d’entendre lue par Cuné avant même d’avoir le livre, et qui vous bouleverse et vous fait la relire en cherchant bien le moment où tout bascule. Très réussie. Qui comme Ulysse, qui vous donne des envies d’empanadas au fil de la lecture. Un éléphant de Pattaya, sur le tourisme sexuel, qui vous donne envie de ruer dans les brancards, une grande réussite cette nouvelle, aussi abjecte que bien construite. La marche dans le désert, absurde du hasard et du destin, vers le frère, étrange… La partie des petits saints… bon, faut se la farcir quand même, la partie d’échecs quand on n’y connaît rien…. Incartade, parenthèse féminine qui offre un peu de légèreté à la gravité de l’ensemble, et la Route de la Soie, dans laquelle un retraité gagne le gros lot grâce à son blog de voyages, alors qu’il n’est qu’un imposteur : jamais sorti de sa Bretagne, il se contente de réécrire ce qu’il trouve sur le net… joli pied de nez !
Bref, vous l’aurez compris, des nouvelles très différentes, variées, touchantes ou drôles, il y en a vraiment pour tous les goûts, et forcément quelques unes qui vous plairont, si ce n’est toutes !
Merci à l’auteur et à son éditrice de me l’avoir offert.
Anne Carrière, août 2008, 252 pages, prix : 18 €
Ma note : 3,5/5
Crédit photo couverture : éd. Anne Carrière (Homme aux valises, sculpture de Gilles Blanchard en acier patiné (environ 35 cm), collection particulière.)
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Le
livre déjà est un bel objet, s’ouvre un peu comme un coffret, avec un rabat sur la 4ème de couv qui se replie sur la totalité des pages. Un peu cher hélas (15 €, une soixantaine de
pages) mais le travail d’artiste, de composition de l’ouvrage le justifie.
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Il est écrivain, il y travaille depuis longtemps, mais n’a toujours rien
publié. La générosité de Mère le fait vivre. Dès qu’il s’astreint à un peu de régularité et de réveil matinal, est-ce sa faute s’il est tout de suite fatigué ? Il engloutit du Nutella et
retourne se coucher, c’est quand même plus facile. Imbu de lui-même, égoïste, il est bien le seul à ne pas douter de son talent. Par ailleurs, il revendique sa liberté et consomme les femmes au
gré de ses désirs (quoi, Françoise, on n’est pas mariés que je sache, dit-il à son officielle). Il est souvent victime de crises d’angoisses, trouve toujours la vie épuisante et finit par
s’acheter un poisson rouge. Un qui tourne bêtement dans son bocal, comme tous les poissons rouges. Et le cri de l’auteur en détresse fait autant de bruit que celui de son poisson rouge…
Joël Egloff est un auteur que j’aime bien, pour ses romans déroutants hors du
commun. Celui-ci (le troisième après Edmond Ganglion & fils et
La société de consommation et le métier de caissière sont à la mode en littérature
en ce moment, puisque après
J’ai lu ce roman dans le cadre du Prix
Flore Vasseur a une trentaine d’années et un diplôme d’HEC en poche. Toutes
les portes lui sont ouvertes, mais très vite, la très grande entreprise française ne lui suffit plus, elle part à New York faire comme tout le monde : monter sa start-up à l’heure des débuts
d’expansion de l’Internet. Mais voilà, les histoires économico sentimentales d’une pauvre petite fille riche, je n’en vois pas personnellement d’intérêt. Faut-il s’ennuyer à ce point ou éprouver
la vacuité de sa vie pour tenter d’en faire un livre ? Comme quoi l’argent ne fait pas le bonheur, si l’on veut ressortir les proverbes éculés. Car malgré toutes ses facilités, la jeune
femme semble se sentir seule.
Extraits (résumé) de l’avant-propos de l’éditeur : « en 1935, Goebbels
annonce que la participation à la culture allemande est interdite aux Juifs. Exclusion, ségrégation et ghettoïsation sont les étapes qui précèdent la solution finale. En 1942, les acteurs de
l’Union culturelle juive se retrouvent au camp de Terezin, à 60 km au Nord de Prague. Le juriste tchèque Josef Bor y est interné en juin 1942, il a 36 ans. Il a écrit le Requiem de
Terezin en 1963, rescapé d’Auschwitz et Buchenwald. Son roman est inspiré d’une histoire vraie : le pianiste et chef d’orchestre Raphaël Schächter est arrivé au camp en 1941. Il a
réussi, au bout de dix-huit mois d’efforts acharnés, à donner en concert le requiem de Verdi avec quatre solistes, cent cinquante choristes et deux pianos qui remplaçaient l’orchestre.
On estime que cinq cents détenus environ participèrent aux répétitions, les effectifs étant constamment minés par les convois pour Auschwitz. »
Dans la famille Spellman, on est détective privé de père en fils et de mère en
fille, et on commence très tôt, presque au berceau. Et comme ce ne serait pas drôle sinon, on a le vilain défaut d’épier surtout les membres de sa propre famille. Izzy en sait quelque chose, elle
vit toujours chez papa-maman à 28 ans, fait le même travail qu’eux, et surtout, subit sans cesse leur surveillance, courses poursuites en voiture ou micros dans la chambre.