Je t’ai aimé comme on aime les cons – Maria José Giménez (scénario) et José Miguel Fonollosa (dessins)
Le sous-titre annonce la couleur : une merveilleuse histoire de cœur et de
rancœur, rancœur très bien traduite par le titre, un rien aguicheur pour quiconque a vécu une rupture : « Je t’ai aimé comme on aime les cons ».
C’est l’histoire de Miranda, 27 ans, originaire de Valence (Espagne) qui quitte tout pour s’installer avec Pedro, dont elle est tombée amoureuse via une rencontre Internet. Mais très vite sa famille lui manque, Pedro ne semble pas vouloir faire les concessions qu’elle attend (mais elle-même n’en fait guère) et la colocation avec d’autres jeunes gens ne facilite pas leur vie de couple. Elle retourne à la case départ en rentrant vivre chez ses parents, en plein sentiment d’échec et de rage, un rien déprimée et écoeurée, car la dernière question de Pedro aura été : est-ce que je peux garder la télé ? Un scénario qui fonctionne par des retours en arrière sur cette histoire d’amour, histoire qui se révèle être surtout une grosse libération d’amertume. Sans nul doute que cela réconforte de se dire que l’autre était un sacré con.
Petit format (21 x 15 cm), en noir et blanc, c’est une Bd sympa à lire, mais sans rien d’exceptionnel non plus.
L’avis de Clarabel
Dargaud, mai 2008, 112 pages, prix : 8,50 €
Ma note : 3/5
Crédit photo couverture : J.M. Fonollosa et éd. Dargaud.
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Premier échec pour moi dans ces débuts de lectures de rentrée littéraire.
Une BD
pour les filles qui s’habillent en taille 44 et plus, surtout et +, et qui dépriment en montant sur leur balance. Et pour toutes les filiformes qui rentrent dans du 36, peut-être l’occasion de ne
plus nous bassiner parce que leur jean les boudine quand elles ont pris 200 grammes en mangeant un éclair en chocolat, et que Ibiza c’est fini. Avec humour, enfin ! Car bien sûr tout se veut
dédramatisé dans cette BD, le 150ème régime, les tablettes de chocolat planquées sous le lit parce que mince, la gourmandise y a que ça de vrai, les habits achetés trop petits dans
l’espoir de maigrir, une penderie pleine à craquer de trucs qui ne nous vont plus mais seulement ½ étagère de trucs dans lesquels on rentre, etc. etc.
Voici un roman délicieusement érotique et gourmand, tout autant que noir et dérangeant. Un roman percutant qu’on déguste les sens en alerte et d’une seule bouchée.
Andrew Stone, 55 ans, mal marié, est un peu déprimé au cours de son voyage au Népal avec sa femme Deborah. Un vieux sage lui demande de remettre un flacon de remède, le baume du
Dragon, à sa petite-fille, la kumari royale, déesse vivante de Katmandou, une fillette d’une dizaine d’années qui perdra son statut le jour où elle perdra une goutte de sang. Mais mal dans sa
peau, Andrew avale lui-même le remède et ne tarde pas à en voir les effets : il rajeunit d’une année chaque jour ! Au début c’est salutaire, mais redevenu adolescent, ça complique quand
même un peu sa vie… Pour essayer d’enrayer le processus, il retrouve la kumari et part avec elle vers un lac près de l’Anapurna, baignade qui devrait stopper les effets.
« Je suis né le cordon ombilical autour du cou, un premier bijou qui, déjà,
avait l’avantage de n’être pas très onéreux. »
Léonard est un ancien « populart », un pupille de l’Etat, à ne pas confondre avec un pupille de la nation qui, lui, a mérité de la patrie, précise-t-il. Père de 4 enfants
d’un premier mariage, il vit à présent avec une nouvelle compagne, Hélène. Gardien de prison, il est blâmé pour éprouver un peu trop de compassion pour un détenu. Il se sent déprimé dans sa vie
comme dans son couple. Il ressent alors le besoin profond de partir à la recherche de celui qui fut son quasi frère, un enfant placé comme lui, Sammy, un petit gamin tout droit arrivé dans la
Creuse depuis l’île de la Réunion, comme c’était fréquent dans les années 60 de faire venir ces enfants en Creuse et de promettre à leurs familles une meilleure vie. Meilleure vie, tu parles.
Larbins à la ferme, traités comme des chiens, mais dans l’adversité, le soutien moral et l’amitié de ces deux gamins se forgeront à toute épreuve.
Edmond a 12 ans, jeune garçon arménien qui vit simplement dans sa famille, entre l’école et l’église. Il s’émerveille de choses simples, comme une coccinelle qui passe et qu’il
capture. Il est très ami avec la petite Tahereh, la fille du concierge de l’école, mais celle-ci est musulmane, et les relations entre adultes des deux communautés ne sont pas faciles. Puis un
jour avant Pâques à nouveau, mais après un grand saut dans le temps. Edmond est devenu directeur de l’école dans laquelle il allait étant enfant. Il est marié avec Marta et il a une fille,
Alenouche, laquelle leur annonce son mariage avec Behzad, un non-arménien, c’est toujours aussi contrariant. Nouveau saut dans le temps, nouvelle veille de Pâques, fête des œufs peints, cela n’a
pas changé. Edmond est seul, il ne reste plus que Danik, la surveillante du collège, une femme « déshonnête » parce qu’elle était amoureuse d’un musulman, chassée de son village elle
est venue vivre à Téhéran.
J’ai offert ce roman à une adolescente de mon entourage parce qu’elle l’avait repéré et qu’il la tentait, et comme on l’avait à la bibliothèque, je l’ai lu {après}
pour en avoir une idée. L’alchimie n’a pas fonctionné avec moi. J’ai d’abord trouvé ce roman très mal écrit, brouillon, ouvrant beaucoup de pistes intéressantes mais n’allant au bout
d’aucune…
Si je ne devais retenir qu’un seul livre de l’année 2008, ce serait
probablement celui-ci.