Les jardins d'Hélène

Donne-moi des Ailes pour sauver la planète – Nicolas Vanier

3 Octobre 2019, 14:29pm

Publié par Laure

Cet album accompagne la sortie du film au cinéma, et alterne très joliment récit de l’aventure (le projet de Christian, ornithologue, de sauver des oies sauvages en leur apprenant avec son ULM un parcours plus sûr loin de la chasse) et des pages documentaires sur l’engagement écologique pour sauver la planète. Des encarts de textes sur des pleines pages photos, des petits conseils qui s’adressent directement aux enfants, le résultat est fort plaisant pour tout amateur, petit ou grand, de la nature.

 

En plus de la formidable aventure contée par Nicolas Vanier et d’un voyage illustré à travers le monde, le documentaire est attrayant pour les enfants dès 8 ans.

 

 

 

Textes de Nicolas Vanier et Gaëlle Bouttier-Guérive, illustrations de Laurent Audouin.

 

D’après le scénario du film Donne-moi des ailes écrit par Matthieu Petit et Christian Moullec, adapté et dialogué par Nicolas Vanier er Lilou Fogli.

 

 

Pour les enseignants, possibilité de télécharger des fiches pédagogiques d’activités CE-CM sur le site nathan.fr

 

 

 

Coédition Nathan et XO éd., septembre 2019, 269 pages, prix : 9,95 €, ISBN : 978-2-09-259079-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © Philippe Petit et Christian Moullec / éd. Nathan

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Et moi quand je serai grand – Astrid Desbordes et Pauline Martin (ill.)

2 Octobre 2019, 09:35am

Publié par Laure

Max et Lapin reviennent dans un grand format et 9 pages à déplier, pour laisser place à une douce imagination rêveuse : « et moi quand je serai grand, je serai… »

 

Tous les indices sont donnés en couverture ! Lapin est toujours présent – on peut s’amuser à le chercher dans les pages – mais le dialogue se fait surtout entre Max et son papa, dans un moment de complicité. Le papa se prête au jeu, lui aussi quand il sera « encore plus grand », il sera… magicien par exemple. Chacun voit toujours plus grand, plus loin. Mais n’est-ce pas un peu fatiguant tout cela ? Le papa a une très belle réponse, qui dit tout l’amour d’un père à son fils.

 

Un beau moment de tendre complicité, de rêve, de fantaisie et d’amour paternel.

 

(Dès 3 ans)

 

Nathan, octobre 2019, 26 pages, prix : 11,90 €, ISBN : 9782-2-09-258978-6

 

 

Crédit photo couverture : © Pauline Martin et éd. Nathan.

 

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La reine sous la neige – François Place

1 Octobre 2019, 18:34pm

Publié par Laure

Une vague de froid paralyse l’Europe du Nord. Sam, dix-huit ans tout juste, qui vit avec sa mère en Afrique du Sud, devait atterrir à Amsterdam pour passer les vacances scolaires chez son père et sa belle-mère et y fêter les quatre ans de son petit-frère, mais son avion est dérouté vers l’aéroport de Londres en raison d’une forte tempête de neige. Une hôtesse va prendre soin d’elle dans un premier temps, mais les déconvenues vont vite s’accumuler : agression, vol de son téléphone portable, rien ne se passe comme prévu. Pour ne pas affoler davantage ses parents, elle va tenter de se débrouiller.

 

Deux jeunes garçons sont venus à son secours, empêchant qu’elle se fasse aussi voler ses papiers et son argent. D’ailleurs elle ne restera pas insensible au jeune Eliot, qui lui aussi s’éprendra bien vite d’elle. Mais séparés par de nouvelles mésaventures rocambolesques et le décès soudain de la Reine d’Angleterre, les amoureux parviendront-ils à se retrouver ?

 

Ce roman destiné aux ados (dès 13 ans) est frais, léger, drôle. Il surfe un peu avec le surnaturel, mais ça reste subtil. Même s’il y a peu de surprises, on prend beaucoup de plaisir à le lire. Il est assez osé pour un auteur de mettre en scène le décès d’un personnage public encore bien vivant. On imagine à la lecture qu’il ne prend pas grand risque et que ça se passera plus ou moins comme cela d’ailleurs !

 

Les personnages secondaires sont plaisants également, la fin traine un peu en longueur en même temps que l’enquête policière s’embourbe, mais qu’importe, c’est une belle histoire !

 

 

 

Gallimard jeunesse, septembre 2019, 292 pages, prix : 15 €, ISBN : 978-207-513224-4

 

 

 

Crédit photo couverture : © Shutterstock – Matthieu Roussel

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Les femmes sont occupées – Samira el Ayachi

9 Septembre 2019, 13:44pm

Publié par Laure

Les femmes sont occupées, au sens d’« assiégées ». La narratrice, maman solo de Petit Chose, a une thèse à finir, une pièce de théâtre à écrire et à monter, c’est son job et elle l’aime. Mais comment s’en sortir, financièrement, moralement, dans une jungle administrative et sociale où l’on questionne et harcèle indéfiniment les femmes, sans jamais interroger les hommes sur leur place au sein de la famille qu’ils ont désertée ?

 

C’est un roman qui a valeur d’essai sociologique, tant les propos sont justes sur la place de la femme au XXIe siècle. Un roman enlevé, au style dynamique, au rythme aussi saccadé que la vie d’une mère célibataire. J’ai aimé l’écriture, l’usage (partiel) de la deuxième personne du singulier, l’insertion des scènes de théâtre hilarantes (où l’humour vire au noir), le courage d’avoir osé écrire ce que beaucoup de femmes n’en peuvent plus de penser tout bas.

 

Empli de références littéraires et culturelles (tout en légèreté, rien d’indigeste bien au contraire), le propos est féministe sans virer chiennes de garde, la charge mentale est omniprésente mais abordée de manière adroitement fictionnelle et #MeToo est passé par là. Elle n’en oublie pas l’ambivalence de ses propres contradictions.

 

Pourquoi ne voit-on pas ce roman partout dans les présentations de rentrée littéraire ? J’en ai bouffé de la presse professionnelle ou grand public depuis le mois de mai, et s’il n’y avait eu un communiqué de presse de Gilles Paris dans ma boite mail, je n’en aurais jamais entendu parler !

 

Venez Samira, qu’on vous serre dans les bras, et qu’on vous dise Merci, merci, merci, au nom de toutes les femmes. Solo ou pas. Et on peut l’oublier sur la table de nuit d’un homme.

 

J’avais commencé à mettre des post-it sur les phrases que je voulais retrouver, et puis j’en suis trop vite arrivée à deux par page alors j’ai abandonné l’idée de citer des passages.

 

Je ne vous en propose qu’un, ç’aurait pu être un autre :

 

p. 158 : « Je reprends mon corps, que tout le monde touchait – sauf moi. Je reprends ma vie et je ne la soumettrai plus jamais. Ni au père, ni au mari, ni à l’amant. Même pas à l’enfant. Qui osera le dire ? »

 

 

 

Ed. de l’Aube, septembre 2019, 246 pages, prix : 20 €, ISBN : 978-2-8159-3445-9

 

 

 

Crédit photo couverture : © LCC – Pixabay / Isabelle Enocq et éd. de l’Aube.

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Août 2019 en couvertures ...

31 Août 2019, 08:48am

Publié par Laure

En août j'ai lu (couvertures cliquables quand elles renvoient à un billet, j'ai été assez flemmarde dans la rédaction ce mois-ci !)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En août j'ai vu :

 

 

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Les mutations – Jorge Comensal

30 Août 2019, 19:57pm

Publié par Laure

Traduit de l’espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon

 

Ce premier roman d’un auteur mexicain est une découverte originale et colorée d’une littérature que je connais peu. Ramón, avocat, est atteint d’une tumeur rare à la langue, qui nécessite son ablation. C’en est fini de sa situation professionnelle et financière par la même occasion. Plus que sa femme et ses enfants adolescents, c’est sa femme de ménage qui se soucie le plus de lui et lui offre un perroquet, qu’il prénomme Bénito, un curieux oiseau qui n’a que des injures salaces dans son vocabulaire. Sa femme craint que le volatile ne soit dangereux en apportant des maladies dans la maison, mais Ramón négocie de le conserver en acceptant d’aller voir une thérapeute, psy spécialisée dans l’accompagnement des malades du cancer, elle-même ancienne malade.

 

Tous les personnages qui gravitent autour de lui sont hauts en couleur et le roman prend des allures de tragi-comédie. Rien de triste en dépit du sujet, au contraire, on se surprend à sourire régulièrement, les ambitions des personnages qui se révèlent y étant pour beaucoup. J’imaginais une place plus importante pour ce volatile rutilant en couverture, et j’ai surtout aimé les monologues intérieurs de Ramón s’adressant à la bestiole, dévoilant ses pensées sans fard.

 

Original et séduisant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les escales, août 2019, 208 pages, prix : 19,90 €, ISBN : 978-2-3656-9449-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus créations et éd. Les escales

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Premier arrêt avant l’avenir – Jo Witek

28 Août 2019, 10:41am

Publié par Laure

Pierre, dix-huit ans tout frais, vient de réussir son bac. Élève brillant, double lauréat du premier prix au concours général en maths et en physique-chimie, il est issu d’un milieu modeste et un bel exemple de l’ascension sociale par l’école. Méritant, il intègre le St Graal : une prépa à Henri IV à Paris.

 

C’est le jour du départ, et quelque part celui de la bascule dans le monde adulte, où l’insouciance prend fin. Mais la rencontre d’Olympe dans le TGV, une jeune fille extravertie et aux idées anarchistes et révolutionnaires, va venir troubler ses certitudes acquises et son avenir tout tracé.

 

J’ai adoré ce roman, la pertinence des pensées, le héros attachant, les réflexions sur l’asservissement au monde du travail et un modèle économique que beaucoup commencent à renier, et ces petits papillons dans le ventre du premier amour.

 

 

Jo Witek signe ici un magnifique roman initiatique, enthousiasmant et …. brillant. J’ai souvent pensé aux collégiens de 4ème-3ème avec qui je travaille, si message il y a sur les portes que vous ouvrent l’enseignement et l’éducation, mais force est de reconnaître que c’est un roman mature, qui ne donne à voir que des jeunes qui ont une connaissance du monde et une capacité à penser déjà bien avancées, des personnages bien éloignés des jeunes que je rencontre. Peut-être s’adressera-t-il davantage à des lycéens, à partir de la seconde, cet âge où l’on grandit un peu plus dans sa tête !

 

Il en reste ce discours final exceptionnel de Pierre devant sa classe, contraint et forcé par son professeur, sur l’idée qu’il a d’une classe préparatoire, et qui contraste avec le discours à l’ancienne de l’enseignant. Puisse-t-il n’être pas seulement utopiste. Oser être soi et construire avec les autres.

 

Allez les jeunes le monde de demain vous appartient !

 

 

 

Extraits :

p. 9/154 (numérique) : « Le plus dur reste à faire. […] Il a dix-huit ans. Il sait que son avenir est devant, que ce quai de gare n’est qu’une ligne de départ, une rampe de lancement, un plongeoir de dix mètres duquel il va falloir sauter. Il est pugnace, travailleur, résistant, il n’a pas peur, pourtant au bout du quai, il frissonne. Il grelotte en plein mois d’août sous un soleil de plomb.

C’est un grand jour. »

 

p.35/154 (numérique) : « Notre monde est basé sur la loi du plus fort, Pierre, la domination du plus rusé, du plus filou, du mieux né, et tant qu’on en sortira pas de cette spirale infernale qui nie la faiblesse, la différence, le doute, la tendresse, l’empathie, la générosité, l’honnêteté, la bienveillance et la poésie, cette spirale de l’homme fort qui domine tour : femmes, enfants, animaux, eh bien, rien ne changera, ouais, rien ne changera jamais ! »

 

p.81/154 (numérique) : « - Tu vois, poursuit Fabien, les yeux étincelants, je crois que la plupart des gens ont des idées, pas mal d’idées pour améliorer les choses sur cette planète déjà fragilisée, mais notre société menée en force par les lois de la finance empêche la créativité et la libre pensée. Putain, il est temps de ne plus avoir peur, Pierre, tu ne crois pas ? C’est pour ça qu’on part tous les cinq, pour prouver aux adultes que leurs modèles de réussite sociale ne peut-être plus les bons. A nous d’en inventer de nouveaux ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Actes Sud junior, août 2019, 224 pages, prix : 14,90 €, ISBN : 978-2-330-12441-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © getty Images / gruizza / et éd. Actes Sud junior

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On ne meurt pas d'amour - Géraldine Dalban-Moreynas

27 Août 2019, 18:13pm

Publié par Laure

Elle emménage dans un loft parisien avec son fiancé, le mariage est prévu dans un an. Elle croise le regard de son voisin, marié, père d'une petite fille. C'est le coup de foudre, le début d'une passion dévorante et dévastatrice, l'enivrement du désir charnel. Classique : adultère, amour, souffrance.

 

L'écriture propre et soignée ne suffit hélas pas à donner assez de souffle à ce récit tant le sujet banal a déjà été maintes fois exploré dans la littérature et au cinéma.

 

On finit par tourner en rond et attendre le ressort dramatique qui réveillerait l'ensemble, mais même la fin, annoncée par quelques indices, est attendue. Sauf peut-être le choix final, qui glace. Il était temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

éd. Plon, août 2019, 208 pages, prix : 17 €, ISBN : 978-2-259-27910-9

 

 

 

Crédit photo couverture : ©  éditions Plon.

 

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La théorie de l’iceberg – Christopher Bouix

22 Août 2019, 15:18pm

Publié par Laure

Été 1993. Noé, 15 ans, se remet d’un accident de surf dont il a été victime six mois auparavant. Il en garde une phobie pour l’océan et un léger bégaiement.

 

Issu d’un milieu modeste, c’est un élève plutôt réservé. Encouragé par sa professeure de français, il a toujours aimé écrire. Son embauche à la bibliothèque pour du portage à domicile l’été (sur un quiproquo d’identité) et sa rencontre avec un grand écrivain de science-fiction retiré du monde vont lui donner le coup de pouce nécessaire pour participer à un concours de nouvelles. De même sa rencontre avec Lorraine (comme la quiche ? lui demande-t-il lors de leur rencontre) va le sortir de ses retranchements et lui faire vivre ses premiers frémissements amoureux.

 

J’ai aimé la fraicheur du roman, surtout dans ses débuts : héros maladroit, traits d’humour, le lecteur est ferré et en empathie avec lui.

 

Mais à trop vouloir promouvoir les bienfaits de la lecture et de l’écriture, l’auteur en fait peut-être un peu trop au risque d’être contre-productif : les leçons de construction d’un récit de fiction et de points de vue de narration frôlent le cours indigeste pour qui n’embrasse pas la même ambition que Noé. Le grand écrivain qui y va de ses bons conseils tant en technique narrative qu’en classiques incontournables à lire à 15 ans (aucune surprise dans les titres cités), tout cela résonne un peu trop du message à faire passer.

 

Au final, un roman initiatique léger, peut-être un peu trop scolaire et pédagogique, qui plaira avant tout à ceux qui aiment déjà lire et écrire.

 

Le titre « la théorie de l’iceberg » renvoie à l’écriture d’Hemingway, qui favorise l’implicite à l’explicite.

p. 167 : « Il m’a ensuite expliqué la théorie développée par Ernest Hemingway :

- ça s’appelle la théorie de l’iceberg. Selon Hemingway, la force d’une histoire réside dans ce qui est sous-jacent. Tout ce qui n’est pas exprimé mais que le lecteur ressent. Imagine un iceberg. Les sept huitièmes sont sous l’eau. On ne les voit pas. Mais ce sont eux qui portent la masse. En littérature, c’est pareil. C’est toute cette partie immergée, cet ensemble de non-dits, qui fait la force d’un texte. »

 

 

 

Lu dans le cadre du Prix des Lecteurs 13-16 ans de la ville du Mans et du département de la Sarthe 2020.

 

 

 

Gallimard jeunesse, coll. Scripto, septembre 2018, 217 pages, prix: 10,50 €, ISBN : 978-2-07-510723-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Emmanuel Polanco et éd. Gallimard jeunesse

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Longue sécheresse – Cynan Jones

16 Août 2019, 14:05pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Pays de Galles) par Mona de Pracontal

 

L’une des vaches de Gareth a disparu. Elle est sur le point de vêler. Inquiet, il part à sa recherche alors que le pays connait une vague de canicule et de sécheresse inhabituelles. Ce parcours sera aussi pour lui celui de l’introspection, le retour sur l’histoire de sa famille, de son couple, de ses enfants, son amour de la terre et des animaux.

 

C’est un roman choral, sa femme Kate livre également ses pensées et secrets, la chronologie est parfois secouée, tout comme leur amour.

 

Il est beaucoup question de maternité, de naissance et de mort, tant chez les animaux que chez les humains.

 

C’est un roman qui déploie la rudesse du monde paysan avec pudeur mais sans en voiler les souffrances, qui dit les douleurs de chacun dans une langue sobre et belle. J’ai beaucoup aimé.

 

 

 

 

Ed. Joëlle Losfeld, octobre 2010, 130 pages, prix : 15,90 €, ISBN : 978-207-078777-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Paul Abbitt / Millenium Images, Londres. / et éd. Joëlle Losfeld

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