Les jardins d'Hélène

Au pays des petits poux - Beatrice Alemagna

9 Juillet 2009, 21:35pm

Publié par Laure

 

Ces petits poux de laine colorée et brodée, vous allez les adorer !
Ils sont nombreux à vivre sur un vieux matelas abandonné. Pour son anniversaire, petit pou gras invite tous les poux du matelas à venir faire la fête. Mais il ne les connaissait pas et se trouve surpris de les voir tous si différents de lui. Il s'observent les uns les autres et s'étonnent de leurs différences qu'ils mettent un peu de temps à accepter.
Un album facilement abordable sur le thème de la différence, mais somptueusement travaillé dans sa réalisation (de vraies créations artistiques photographiées), des finitions et une édition soignées (beau papier, couverture cartonnée épaisse et angles arrondis), et à petit prix !
Une réussite !

Lu et aimé par
Gawou, [gawou, ce n'est pas possible, je suis jalouse de tes photos, on dirait que tu as les oeuvres originales en laine et tissu !]

Phaidon, juin 2009, prix : 9,95 euros (14.95 CAN $)
A travers les étoiles :
Crédit photo couverture : Beatrice Alemagna et éd.Phaidon.

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Je ne sais pas dessiner - Colas Gutman

9 Juillet 2009, 20:19pm

Publié par Laure

On avait découvert Colas Gutman avec Journal d’un garçon, on le retrouve, toujours à l’école des loisirs, mais cette fois pour les plus jeunes avec « je ne sais pas dessiner ».

Texte court et simple, idéal pour les premières lectures (CP – CE1), abondamment illustré par l’auteur lui-même, de tout petits croquis très simples et rapidement coloriés, puisque c’est bien le problème, il ne sait pas dessiner, il le dit lui-même, comme son petit héros amoureux d’une camarade de classe et qui ne réussit pas à lui offrir un joli dessin, ne serait-ce qu’un cœur ! Sa grand-mère a beau l’encourager, ses dessins de poney sont toujours aussi déroutants, et tout le monde rigole bien dans la cour de récré, lui aussi au final ! Mais comme c’est une jolie histoire qui finit bien, ça ne manque pas d’humour et de tendresse. Et si Gutman ne sait pas dessiner, ça tombe bien, je dessine à peu près comme lui, en pire même, alors qu’il se rassure, on dévore ses livres quand même !

 

Lu aussi par Clarabel, Aurélie, ...

 

Ecole des loisirs, collection Mouche, mars 2009, 27 pages, prix : 7,50 €

A travers les étoiles :

Crédit photo couverture : © Colas Gutman et école des loisirs.

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Par effraction, un film d'Anthony Minghella (2007)

7 Juillet 2009, 18:22pm

Publié par Laure

Avec Jude Law, Juliette Binoche, Robin Wright Penn


Will (Jude Law) est architecte paysagiste, et vient d'installer ses nouveaux bureaux dans un quartier de Londres en pleine réhabilitation, à King's Cross. Il traverse une période difficile avec son épouse, Liv (Robin Wright Penn), qui a déjà une petite fille d'un premier mariage. Petite fille qui ne rend pas leur vie aisée, car si elle est un génie en gymnastique, elle souffre aussi de nombreux TOC et inadaptations à la vie sociale. Will sent son couple battre de l'aile sans trop savoir quoi faire. Mais quand son bureau est cambriolé plusieurs fois par la même bande de jeunes, c'en est trop, il campe dans sa voiture pour surprendre le voleur, qu'il va suivre jusque chez lui. C'est ainsi qu'il fera la connaissance d'Amira, la mère du petit délinquant, une réfugiée bosniaque (jouée par Juliette Binoche), dont il va vite tomber amoureux.


Ne vous arrêtez pas à l'idée classique du triangle amoureux, ce film est bien plus que cela. Il dépeint aussi l'exil et le passé douloureux avec lequel il faut réapprendre à vivre, le changement de culture, le quotidien avec un enfant « pas comme les autres », l'incompréhension et la solitude dans le couple.

Formidable Juliette Binoche, tout en retenue et courage, intéressante Robin Wright Penn qu'on peine parfois à comprendre. (que veut-elle au juste ?!), parfait Jude Law qui colle au rôle. Ce qui me semble le plus réussi dans ce film, c'est l'interrogation permanente sur la relation du couple Will / Liv, son évolution, mais les personnages secondaires méritent l'attention aussi : la prostituée qui nous fait sourire, le collègue de travail amoureux de la femme de ménage, le jeune Miro, manipulé par une bande ... tous ces personnages méritent leur deuxième chance.


 

J'avais noté ce film chez Dame Cuné, (je ne trouve pas de lien, elle a la fâcheuse habitude de faire du ménage dans son blog), et je n'ai pas été déçue du tout de mon achat (à petit prix en plus : 9,99 €), bien au contraire !

 

 


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Un temps fou - Laurence Tardieu

4 Juillet 2009, 14:09pm

Publié par Laure

J’aime depuis toujours les romans de Laurence Tardieu. Je les achète les yeux fermés dès qu’ils sortent. Mais à trop fréquenter la blogosphère, il me semblait qu’il y avait quelques déceptions sur ce dernier opus. Je m’en approche un peu… même si le charme de l’écriture si douce et délicate de Laurence Tardieu opère toujours.

C’est l’histoire de Maud, auteur en panne d’écriture, qui voit rejaillir les souvenirs d’une soirée avec un homme, six ans auparavant, avec qui il ne s’était rien passé de physique, quand celui-ci lui téléphone et lui propose de se revoir pour travailler ensemble. Maud revisite alors toutes les émotions de cette soirée passée, tous les rêves fantasmés depuis, jusqu’à l’obsession, à tel point qu’on se lasse presque, c’est répétitif, ça tourne en rond. Mais par un travail sur le temps ensuite, Laurence Tardieu redonne un souffle à son histoire, et cet amour parallèle (Maud est toujours mariée) se teinte de beauté pure, demeure une ancre solide toujours là face aux aléas de la vie, et la sensibilité et la grande douceur de la plume de l’auteur restent les grands gagnants du récit. Ce temps fou n’est donc pas mon roman préféré de l’auteur, mais il est fidèle à son œuvre par sa délicatesse et ses émotions.

 

 

Les lectures de Clarabel, l’encreuse, leiloona, Ys (qui ne l’a pas achevé), enna (qui a abandonné également), lau, Emeraude, très très touchée...

 

Stock, mars 2009, 235 pages, prix : 17 €

Lu à travers les étoiles :

Crédit photo couverture : © Hubert Michel et éd. Stock

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Misha l'enfant divorcé - Danielle Digne

1 Juillet 2009, 09:09am

Publié par Laure

J’avais noté ce titre dans une bibliographie sur le thème du divorce, au moment… de mon divorce, il y a 2 ans. J’avais sans doute le goût à l’époque de sortir un peu des ouvrages juridiques pour trouver dans le roman d’autres aspects plus humains. Comme souvent, je l’ai laissé mûrir sur une étagère…

 

Misha a une dizaine d’années et vit chez sa mère, puisqu’elle a obtenu sa garde lors de son divorce. Mais le père de Misha ne se fait pas à la décision d’être un père du week-end et du mercredi (le droit de visite est élargi) ni surtout à l’idée que son ex femme côtoie de nouveaux hommes. Ainsi il promet à Misha que sa mère reviendra vivre avec eux et qu’ils reformeront une famille s’il obtient sa garde. Car il n’a jamais oublié les propos de son ex femme : « si le juge confie la garde de Misha à Ivan, je retournerai vivre avec lui pour ne pas être séparée de mon fils ». Mais pour cela, Ivan a besoin d’un maximum de détails pour plomber un dossier, et Misha doit devenir son enquêteur et espion très vite.

Fausses promesses, manipulation honteuse d’un adulte envers son enfant, on perçoit bien là tout ce que la rancœur entre adultes qui cherchent à régler des comptes peut faire de dégâts sur un enfant qui se trouve alors pris dans un conflit de loyauté et qui comme beaucoup, garde toujours espoir que ses parents se remettent ensemble. Misha devra traverser ce parcours douloureux et désenchanté afin de réagir et de dire stop à la manipulation des adultes.  

Reflet probable de bien des situations, ce roman m’est apparu finalement très banal, même s’il porte un regard juste sur les choses. Un roman de société donc, simple mais sans rien d’exceptionnel.

 

Anne Carrière, février 2000, 212 pages, prix : 16,77 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Michèle Sylvander et éd. Anne Carrière

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Et pourtant, le chat n'était pas noir...

26 Juin 2009, 20:29pm

Publié par Laure

(J'ai 37 ans)

Il faut croire que la journée d'hier se devait d'être contrariante dès le matin, puisqu'à l'heure de partir à l'école, la minette, avait décidé de se planter sur le tableau de bord de la voiture et de n'en plus bouger.



tous les 25 juin sont des belles journées d'ordinaire, mais celle d'hier avait quand même un peu commencé dans la contrariété : file minette, on va être en retard et on ne peut pas t'emmener ! (et sans compter que chaque année forcément, je rajoute 1 au compteur)

 


et elle s'est terminée dans la déception et l'incompréhension, concernant des choix scolaires pour mon aîné, donc je ne sais toujours pas dans quel établissement il fera sa 2nde générale l'an prochain, et je ne le saurai peut-être pas avant fin août. Du coup personne n'a songé aux bougies ni gâteau ni verre quelconque, j'ai passé la soirée en réunion et en entretiens ensuite pour trouver une solution.



entre temps, la journée a quand même ressemblé à celle des années précédentes : merci à tous pour vos petits messages, vos SMS, les paquets arrivés dans ma boîte (je sais qu'il y en a encore qui voyagent), j'ai juste été trop gâtée, comme tous les ans :



sur la photo : toi, mon chat, de Kwon Yoonjoo, superbe édition de chez Zulma; Les novices d'Yves Simon en poche, Morne Câpresse, de Gisèle Pineau au Mercure de France, le dernier (sublime !) album d'Anna Ternheim, Leaving on a mayday, un photophore pour les soirs d'été sur la terrasse, et un bougeoir ... (et un mini rosier reçu pour une toute autre raison, mais comme il est arrivé le même jour...)



l'eau de Camille d'Annick Goutal qui sent très très très bon !

 


Edit du 27 juin : ça continue  !



en DVD, Australia, en musique : Thomas Fersen, trois petits tours, en romans : le nouvel amour, de Philippe Forest, La preuve par neuf, de Dorine Bertrand.

Oui je sais, c'est indécent, mais c'est si bon !

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D'autres vies que la mienne - Emmanuel Carrère

23 Juin 2009, 10:31am

Publié par Laure

Des critiques et des lecteurs enthousiastes, un livre déjà plusieurs fois primé, j’hésitais à ouvrir ce dernier Carrère que je savais différent d’un roman russe, parce que justement, ce roman russe, moi je l’avais adoré. Ces autres vies, antérieures dans le temps mais écrites après, lui redonnent sens et place dans la vie de l’écrivain.

La première partie racontant le décès d’une petite fille de 4 ans, Juliette, dans la vague du tsunami au Sri Lanka en décembre 2004, me paraît longue et ennuyeuse, et assez peu en lien avec toute la plus grande partie suivante : la maladie de sa belle-sœur, son second cancer dont elle décèdera à 33 ans, laissant un mari et trois petites filles, et l’histoire du collègue de travail de Juliette, juge d’instruction lui aussi, boiteux comme elle suite à un cancer, et leur lutte commune contre les organismes de crédit qui favorisent le surendettement en France.

Ce sont peut-être « d’autres vies que la sienne », mais n’en déplaise, on y trouve beaucoup la sienne, sa façon de voir les choses et de s’y trouver mêlé, des rappels à son travail d’écriture sur Jean-Claude Romand, des retentissements de ces événements sur sa vie personnelle et familiale, son engagement amoureux. Carrère s’est-il fait plus humble que dans un roman russe (ce qui lui avait été souvent reproché ?) Je ne crois pas, je le vois toujours de la même façon. Non, ici comme ailleurs, Carrère a un talent indéniable d’écrivain, et ce qui me semble le plus proche de la littérature ici, c’est que par le biais de quelques vies, il nous donne à voir une réalité du monde, entre maladie et souffrance, injustices et peines, entre profits et misère. Parce qu’au fond, la vie de sa belle-sœur et de cet autre juge inconnu, soyons honnêtes, tout le monde s’en moque, à moins que vous ne soyiez curieux de sa vie privée et de celle de son entourage, ce qui serait une autre forme de lecture people, ou qualifierait ce roman d’aussi autofictif qu’un autre, or personne ne s’insurge cette fois, c’est donc que ce qui intéresse ici, c’est la portée générale qu’il donne à quelques vies particulières.

 

D’autres lectures : Clochette, Anne, Cuné, ...

L’excellent article de Télérama 

 

P.O.L. , mars 2009, 309 pages, prix : 19,50 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. P.O.L.

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L'abominable Monsieur Schnock - Andy Stanton

19 Juin 2009, 14:13pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais par Vanessa Rubio

 

En bibliothèque, on nous demande souvent des romans pour enfants qui n’aiment pas lire. Parfois, il suffit d’une mise en page aérée, d’un texte écrit gros, d’illustrations sympas et d’une histoire rigolote. Ce livre semblait réunir ces critères, je l’ai acheté comme ça vite fait, pas cher (4.90 €), et débordant de vrais faux témoignages d’enfants l’ayant trouvé délirant et ayant pleuré de rire.

Je reste perplexe … Il y a beau y en avoir une demi douzaine en page liminaire, je suis désolée, mais je n’ai jamais ri à la lecture de ce livre, même pas souri, pourtant des livres loufoques où on rit, il y en a, cf. la série des Kurt d’Erlend Loe par exemple.

Alors qu’en est-il de ce Monsieur Schnock ? Sur presque toutes les pages, des traces noires d’encre qui a débordé, comme quand vous lisez Libé, que vous en avez plein les doigts, et que vous touchez une page blanche après. Sauf que là c’est fait exprès. L’histoire se veut déjantée, genre « n’importe quoi », et c’est vraiment n’importe quoi. Monsieur Schnock vit dans une porcherie (enfin une maison, mais très très très sale), car c’est un gros fainéant. Seul son jardin est bien entretenu, sinon une petite fée furibonde vient lui taper sur la tête avec une poêle à frire. Mais un beau jour le chien Jake, ce « rotoutou bongrochien » vient tout saccager, parce que ce jardin lui plaît bien. Damned, Schnock se fait alors vilipender par la fée. Il faut vite se débarrasser du rotoutou bongrochien en l’empoisonnant avec d’abominables cochonneries, genre cœur de bœuf ayant pris le soleil en vitrine pendant 1 mois et macéré dans toutes sortes de choses. Je ne me souviens pas de tous les détails, sinon que l’histoire part dans tous les sens. J’ai voulu aller jusqu’au bout vraiment pour voir si ça tenait quand même la route. Mouais… Le livre se veut ludique, mais il ne suffit pas d’écrire n’importe quoi, en jouant sur les caractères et en insérant deux-trois petits dessins pour en faire un livre jeunesse ! Et que penser des fautes volontaires et multiples, genre j’écris comme j’te  cause ? Exemple : « champion du monde d’empoisonnage de chien. – ça veut rein dire du tout. C’est vous qu’avez écrivu ça sur votre tishort avec du ketchup, constata Polly. »

Moi j’sais pas, mais à part affligeant, j’trouve pas d’autre mot… Je n’ai pas la prétention de dire que les livres peuvent aider les enfants en grammaire et en orthographe, mais quand je reçois des classes tout au long de l’année et que je me trouve confrontée à leur niveau de lecture, je ne suis pas sûre que ce genre de livre leur fasse grand bien. C’est de l’humour voyons, c’est fait exprès qya 3 fôtes par page, sinon c’est pas drâle (oui oui, il y a vraiment un personnage qui dit drâle au lieu de drôle dans l’histoire). Et ce n’est que si vous êtes bon élève en français que vous saurez qu’il y a une erreur et que c’est pour ça que c’est drôle.

Un autre exemple d’humour ? : « les yeux brillants d’admiration (encore), il mit un genou à terre au beau milieu de la place, puis les deux genoux. Puis carrément trois genoux à terre, ce dont personne d’autre n’est capable sur cette planète ». Il y a un personnage qui s’appelle Vendredi Ousamedi (ah ah ah !) et un qui a toujours pour leitmotiv : la vérité est une meringue au citron vert. Il y a bien ici ou là une tentative d’allusion à des techniques éprouvées de narration, mais vite noyée par cet humour irrésistible : « les taupes surgirent de leurs taupinières, les écureuils surgirent de leur écureuillères, et les chats surgirent de leurs chattières. », si bien que le truc intéressant, on l’a zappé.

La 4ème de couverture dit clairement : « Attention : si vous n’aimez pas rire, ce livre n’est pas pour vous ! ». Je veux bien user de tous les degrés, je ne dois effectivement pas aimer rire.

 

Cet extraformidadrâlissime (ça c’est de moi, à la manière de) petit roman jeunesse bourré de n’importe quoi écrit n’importe comment est le 1er tome d’une série dont le titre générique est : Chroniques de Lipton-Les-Baveux. Le tome 2 est (sérieusement) déjà référencé en ligne, pour septembre 2009 selon certains sites, pour novembre d’après le tome 1 que j’ai entre les mains. Devinez : vais-je y investir les 4,90 € requis ?

 

 

Bayard jeunesse, mai 2009, 186 pages, prix : 4,90 €

Ma note :

Crédit photo couverture : ©David Tazzyman et éd. Bayard.

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La dame de ses pensées - Cécilia Dutter

17 Juin 2009, 10:46am

Publié par Laure

Edouard est avocat, marié et père de famille, son épouse Barbara a une vingtaine d’années de moins que lui. Quand elle lui présente une amie rencontrée à l’école des enfants, Edouard tombe sous le charme de cette belle Alice, bien évidemment mariée elle aussi. N’en déplaise, il lui écrit à son cabinet (elle est psychologue) pour lui proposer de se revoir. Alice refuse net. Mais Edouard persévère et entame une longue correspondance doucement érotique. La belle se cabre, rue dans les brancards, le rejette tout net et se moque de son discours un brin précieux et désuet. Mais à force de la travailler au corps, Alice va se prendre au jeu, dictant elle-même ses règles, elle en redemande, tout en refusant toujours la rencontre qu’il lui propose depuis la première missive.

Lettres érotiques, le sous-titre est donc éloquent, mais c’est d’un érotisme soft et classieux, si élégant et délicat qu’on est bien loin des textes crus et graveleux que l’on peut trouver ailleurs. Ici, tout est raffinement et jeux de l’esprit. La fin, surprenante, inattendue, ajoute à l’intérêt du livre. Sur une trame pourtant classique, l'auteur a réussi une oeuvre originale. Bravo !

 

Merci à Clarabel pour la découverte !

 

Ramsay, collection papillons de nuit,  avril 2008, 149 pages, prix : 15 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. Ramsay

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Un hiver avec Baudelaire - Harold Cobert

16 Juin 2009, 15:52pm

Publié par Laure

Philippe Lafosse, commercial dans une entreprise qui vend des pompes à chaleur, est fichu à la porte de chez lui par sa femme, quelques mois après son divorce. Manquant d’entrain, il perd rapidement son boulot, et d’engrenage en engrenage, va basculer dans le monde de la rue, celui des SDF, de la misère crasseuse à la violence alcoolisée. Par amour pour sa petite fille Claire, il s’efforce de garder un minimum de dignité,  mais sans un centime en poche, la volonté ne suffit pas… La fidélité ne vient pas toujours de là où on l’attend : c’est un chien errant qui va l’adopter ! Un chien nommé Baudelaire, qui fera autant pour son maître que ce dernier en fera pour lui. Et de sympathies en entraides locales, Philippe finira par voir le bout du tunnel.

Avant de commencer ce livre, j’avais en mémoire le billet de Clarabel, qui écrivait qu’elle avait beaucoup pleuré à sa lecture. Je l’abordais fièrement, « naaan moi je ne pleurerai pas ! », trouvant les 50 premières pages convenues, attendues, sans surprise. Et puis... J’ai eu beau vouloir résister, il m’a bien fallu, à partir de la page 96, avouer ma faiblesse et aller chercher la boîte de mouchoirs. Et j’ai eu beau vouloir faire ma forte, j’ai fini le livre dans la nuit, et j’ai pleuré jusqu’au bout ! [Le problème : une très sale tête au réveil !!] Il y a donc quelque chose de particulièrement efficace dans ce roman d’Harold Cobert, quelque chose que je ne sais pas définir, mais qui vous touche au cœur. Car si d’un point de vue romanesque tout est finalement bien huilé et positif (enfin, malgré les crasses de l’ex et des beaux-parents), il y a aussi tout un versant quasi documentaire dans ce livre : la réalité quotidienne des SDF sonne toujours très juste, sans pathos qui cherche à émouvoir, car ce n’est pas là qu’est l’émotion (cette réalité est plutôt factuelle), elle est finement ciselée dans l’alchimie du tout. Et c’est là le talent d’Harold Cobert : avoir réussi un roman qui montre combien n’importe quelle vie ordinaire peut basculer rapidement dans une misère sordide, mais qu’au sein de l’indifférence aveugle et sourde de notre monde moderne, injuste et déglingué, il faut toujours croire en la lumière, qu’elle soit dans le cœur de quelques uns ou dans la caboche d’un vieux chien, surtout quand il s’appelle Baudelaire J

 

Les lectures de Clarabel, Koryfee, ...

 

Editions Héloïse d’Ormesson, mai 2009, 266 pages, prix : 19 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Christine Cobert et éd. EHO       

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