Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Il y aurait tant à dire sur ce très riche roman de Philippe Claudel que je ne sais par où commencer. Et tout ce qu’on pourrait en dire ne remplacerait pas sa lecture !
Je n’avais jamais lu Claudel jusqu’à présent, malgré les critiques élogieuses sur la plupart de ses titres. [Il y a tant à lire et on ne peut pas tout lire !] Mais voilà que je vais bientôt suivre un stage de deux jours sur la mise en place d’un café littéraire, et que la formatrice nous demandait par avance de lire quelques livres dont celui-ci. Je suis très curieuse de ce que l’on va en faire ! On peut en faire tant de choses tant il y a matière dans ce roman !
Brodeck est donc chargé par les habitants de son village de rédiger un rapport sur le meurtre collectif de l’Anderer, un habitant étranger et solitaire qui s’était installé dans leur village et qu’ils ont fini par tuer. Brodeck lui, n’a rien fait, mais il sait écrire, alors c’est à lui qu’on confie cette mission. On découvrira peu à peu pourquoi les hommes se sont acharnés sur l’Anderer, tout comme l’on découvrira l’histoire de Brodeck.
Claudel a une façon si particulière de dire l’indicible : dans un détachement total, Brodeck raconte l’horreur des camps de déportés dont il est revenu, la délation au village, le drame enduré par sa femme pourtant restée au bourg, la peur, la culpabilité, la médiocrité et la petitesse des âmes. C’est un livre sombre qui dit beaucoup de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus bas, mais aussi de plus beau, dans l’amour et la confiance, l’intelligence et la bêtise, le tout porté par une écriture somptueuse, simple mais parfaitement adéquate.
p. 319 : « Je ne sais pas si l’on peut guérir de certaines choses. Au fond, raconter n’est peut-être pas un remède si sûr que cela. Peut-être qu’au contraire raconter ne sert qu’à entretenir les plaies, comme on entretient les braises d’un feu afin qu’à notre guise, quand nous le souhaiterons, il puisse repartir de plus belle. »
Ce roman a eu le Prix Goncourt des Lycéens en 2007.
Il est sorti en poche en 2009.
Ed. Stock, août 2007, 400 pages, prix : 21,50 €
Etoiles :
Crédit photo couverture : © Hubert Michel et éd. Stock.
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Le
jeune lycéen narrateur de l’histoire vient de subir de plein fouet le divorce de ses parents. Il n’en peut plus de voir sa mère effondrée et son père envolé. Alors c’est décidé, il divorce lui
aussi, de sa mère, de son père, et de lui-même leur enfant. Profitant de l’absence de communication entre ses parents et du déménagement de son père, il cache à sa mère le fait qu’il ne pourra
plus voir son père un week-end sur deux, et profite de ces week-ends libérés pour vivre seul sa vie dans une chambre de bonne familiale, en secret.
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Dans mon esprit, Philippe Forest est l’écrivain de l’enfant perdu (cf
Paris, septembre 1676. Marie-Madeleine vit recluse avec sa chambrière, fuyant la vie et le tumulte de la ville, gardant pour elle son secret : sa mère, la marquise de
Brinvilliers, a été guillotinée en place de Grève, pour ses multiples implications dans l’affaire des Poisons. Sa fille, qui porte le même prénom, ne peut accepter les horreurs et meurtres
perpétrés par sa mère et n’arrive pas à dépasser ce lourd héritage moral, même si elle n’est en rien responsable des actes de sa mère. Elle vit désormais le plus discrètement possible, même
Jeanne sa chambrière ne sait rien de son histoire.

Lampedusa, une petite île de pêcheurs au sud
de la sicile. La chaleur y est écrasante, les enfants y jouent libres et bagarreurs, les femmes travaillent à l’usine de traitement des poissons que leurs hommes pêchent en mer.