Les jardins d'Hélène

Monsieur Blaireau et Madame Renarde, 3 tomes parus - Brigitte Luciani et Eve Tharlet

13 Juin 2009, 14:48pm

Publié par Laure

Tome 1 : La rencontre.

Papa blaireau est veuf et élève seul ses 3 enfants blaireaux : Carcajou, Glouton, et Cassis. Madame Renarde est séparée de son mari, et a la garde de sa petite Renarde Roussette, petite fille unique un peu peste et égoïste. Leur terrier a été détruit par des chasseurs. Madame Renarde vient trouver refuge auprès de Monsieur Blaireau, qui l’invite à partager leur terrier.

Ça ne plaît pas beaucoup aux enfants, en particulier à Roussette, qui est jalouse de l’attention que sa maman porte aux petits blaireaux, et qui ne veut pas d’un nouveau « papa » qui lui donne des ordres. Quant aux petits blaireaux, ils aimeraient bien que Roussette soit un peu plus gentille avec eux…

Jolie histoire d’animaux pour parler des familles recomposées d’aujourd’hui ! Même si c’est très simplifié, on y retrouve bien les conflits et jalousies possibles, quand un nouveau couple se forme et que les enfants doivent cohabiter. C’est une BD très agréable, aux sublimes illustrations pastel d’Eve Tharlet, avec très peu de texte, facile à lire pour les plus jeunes. Mosquito, 8 ans, a tellement adoré qu’elle m’a obligée à les lire ! J

Les couvertures sont rembourrées, ce qui en fait un album doudou tout tendre et câlin, de par la douceur des illustrations et des couleurs.

Le tome 1 est sur la liste de référence des ouvrages de littérature du Ministère de l’Education Nationale pour le cycle 2 (GS-CP-CE1), et la série a été primée par les lecteurs du Journal des Instituteurs.

 

Tome 2 : Remue-Ménage

La vie s’organise dans le terrier commun de la nouvelle famille de Monsieur Blaireau et Madame Renarde. Papa Renard apparaît aussi, en venant rendre visite à sa fille Roussette et en passant des journées avec elle, comme beaucoup de papas divorcés. Les enfants continuent de se chamailler, désobéissent, mais prennent soin les uns des autres et sont prêts à défendre leur « demi fratrie » si nécessaire. Une suite toujours aussi jolie à la Rencontre (1er tome), dans les mêmes tons pastels, première BD proche de l’album, grandes cases illustrées et grandes bulles à l’intérieur desquelles le texte est facile à lire et imprimé assez gros.

 

Tome 3 : quelle équipe !

Troisième tome de la série, qui je trouve, peine un peu ici à se renouveler. Il se lit davantage comme une aventure des enfants entre eux. Il est toujours question des rivalités et querelles entre les enfants Blaireau et la petite Renarde, qui se lancent dans la construction d’un bateau. Mais comme ils ne parviennent pas à s’entendre, certains voulant toujours être les chefs, ce sera chacun pour soi. Sauf les plus jeunes, qui eux font équipe avec la loutre et la martre, sans jalousie. Devinez qui gagnera la course ? Mais puisqu’au final tous ont de bonnes idées, s’ils faisaient un effort pour les mettre en commun ?

Ah ce n’est pas facile d’être amis et de jouer ensemble quand on vit dans une famille recomposée, mais si au moins on essayait de ne pas provoquer les autres volontairement ?

A apprécier toujours pour sa qualité graphique, à mi-chemin entre la BD et l’album jeunesse, dans une édition certes un peu chère mais très soignée.

 

(4ème de couverture)


Un tome 4 est à paraître !

 

Vous pouvez télécharger de très beaux fonds d’écran de la série sur le site de l’éditeur :

 

Dargaud, 32 pages chacun, 2006, 2007 et 2009, 15 euros 50 ct chaque volume.

Ma note :

Crédit photos couvertures : © Eve Tharlet et éditions Dargaud.

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Oh, un tag, y avait longtemps … ! ;-)

12 Juin 2009, 10:48am

Publié par Laure

Comme je ne peux rien refuser à Dame Cuné, voici les règles :

 

  1. Ecrire 8 souhaits
  2. Dire à quoi font penser les 10 mots donnés
  3. Dire un mot sur sa tagueuse
  4. Taguer 8 personnes et les prévenir

 

  1. Ecrire 8 souhaits :

-         que mes enfants soient heureux, quelle que soit leur voie (que voulez-vous, on est en pleine orientation, ça déteint…)

-         savoir parler un jour anglais fluently comme une vache pas espagnole

-         perdre 25 kg mais surtout sans rien faire et en mangeant des gâteaux (comment ça je rêve ? / tout commentaire interdit / je suis gourmande et le revendique)

-         avoir plus de 25 jours de congés par an (ou des journées de plus de 24 heures ?)

-         garder précieusement les amies qui me sont chères

-         ranger le bazar incommensurable de la maison

-         partir en Italie

-         qu’il fasse beau en Bretagne la dernière semaine d’août !

 

  1. Dire à quoi font penser les 10 mots donnés :

-         Message : la synthétique voix féminine d’AOL à ses débuts, avec le petit bonhomme jaune qui courait le temps que s’établisse la connexion : vous avez un nouveau message, remplacé quelques années plus tard par vous avez des emails, toujours la même en 2009. Et sursauter quand avant moi les enfants ont mis le son de l’ordi trop fort alors que d’ordinaire je le coupe, et que du coup la douce voix synthétique, ouch.

-         Blog : tout et n’importe quoi

-         Prix : littéraire ?

-         Croix : en avoir trop à porter pour préférer s’en passer

-         Scrap : mot très moche pour jolies choses, (ou truc à la mode pour collages du dimanche ?)

-         Création : écriture

-         Bonheur : dans le pré

-         Vie : on réalise toujours trop tard qu’elle est éphémère

-         Enfant : le sel de la vie ?

-         Passion : en toutes choses, savoir la conserver

 

  1. Dire un mot sur sa tagueuse :

 

Qui ne connaît pas Cuné ? Mon contraire en littérature mais mon double sur bien d’autres points.

 

  1. Taguer 8 autres personnes :

 

8, ça fait beaucoup non ? Et ça tourne beaucoup en ce moment, qui est passé entre les mailles de la Toile ? Respirez, vous êtes dispensés !

(Mais pour ceux qui veulent, vous pouvez jouer hein !)

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Jeu de mains - Adeline Yzac

12 Juin 2009, 05:48am

Publié par Laure

Valantin (oui, avec 2 a) est en classe de seconde et a à peine 15 ans, non qu’il ait une année d’avance, mais il est de la fin de l’année, 14 ans et 10 mois, quoi… Valantin est comme tous les garçons de son âge : curieux et angoissé face à sa sexualité naissante, et pour tout dire obsédé. Mater les filles et se masturber, voilà qui occupe la quasi-totalité de son temps, du moins de ses pensées ! Mais cet après-midi-là, dans une papeterie près de la place du Capitole à Toulouse, Valantin achète une paire de ciseaux, des ciseaux rouges, pointus, qu’il choisit longuement, méticuleusement.

Adeline Yzac réussit là un double exploit : celui de parler ouvertement et clairement de la masturbation masculine adolescente pendant 110 pages, sans jamais être vulgaire ou graveleuse, et celui de faire mine de nous mener quelque part pour nous conduire finalement tout à fait ailleurs. Car au fil des pages, la tension monte, à force de nous parler du tranchant de ses lames et du courage qu’il va lui falloir, Valantin nous stresse un peu quand même, sur l’utilisation qu’il compte faire de ses nouveaux ciseaux ! Or la chute est surprenante, vraiment bien conduite !

J’ai aimé également le regard porté par l’adolescent sur ses parents, c’est tout à fait ça !

 

A conseiller dès 14 ans.

 

J’avoue tout de même que la médiation de ce livre n’est pas évidente. J’ai un fils de 14 ans et 10 mois et quelques (comme dans le livre quoi) et je ne me vois pas le lui offrir. Parce que les garçons de 14 ans ne lisent pas, ou pas de romans (parce que ce n’est pas vrai qu’ils ne lisent pas !), et que c’est un sujet qu’une mère ne sent pas d’aborder si facilement. N’y aurait-il pas dans le coin une mamie moderne qui dirait nonchalamment : tiens, je ne l’ai pas lu, mais mon libraire me l’a vivement conseillé pour les jeunes de ton âge, ou un parrain bienveillant, je ne sais pas moi, parce que même si je le laisse traîner sur le canapé, j’ai plus de chances qu’il  soit lu par mes filles ou qu’il serve de coussin au chat que de se retrouver entre les mains de l’adolescent en question. Adolescent qui ne nous plaignons pas, après avoir lu Schopenhauer ( !), m’a demandé les Misérables, a failli le regretter quand je lui ai ramené les 1800 pages imprimées en caractère taille fourmi des deux tomes en Folio, mais qui s’est remis à lire après 2 ou 3 ans de désert sidéral (informatique, surtout), des trucs qu’il pioche je ne sais où mais en tous les cas pas au collège (parce qu’à chaque fois que je lui demande quel prof a parlé de ce livre, il me répond que non, c’est sur Internet avec les copains). Parce qu’il n’y a que lui pour lire le laboratoire des poisons sous un cocotier à la Réunion (quand sa mère lit Gala ou Voici quoi, n'est-ce pas Véro ?) et Kesey, Vol au-dessus d’un nid de coucou dans les TGV pour aller chez son père. Finalement, je suis comme la mère du livre : il est bien mon fils !

 

L’avis de Laurence, du Biblioblog  et celui de Clarabel.

 

Ed. du Rouergue, coll. DoAdo, 110 pages, janvier 2009, prix : 7 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Marion Bataille et Le Rouergue

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Be safe - Xavier-Laurent Petit

11 Juin 2009, 09:58am

Publié par Laure

Oskar, 16 ans, est un ado comme les autres, au sein d’une famille américaine, passionné de rock, il joue d’ailleurs de la basse et espère monter un groupe avec son frère aîné, Jeremy, 18 ans. Mais Jeremy, en quête d’un emploi, s’engage dans l’armée où il espère devenir constructeur de ponts. Le père semble peu enthousiaste face à ce départ mais ne dit mot.

Très vite, Jeremy se trouve confronté à une réalité qu’il n’avait pas pressentie : repéré comme excellent tireur, il ne construira jamais ses fameux ponts, mais se retrouvera sur le front et l’horreur de la guerre d’Irak.

Le roman est intelligemment construit : face à l’histoire légère d’Oskar qui vit sa vie d’ado et une histoire d’amour timide avec Marka (ils créeront d’ailleurs leur groupe de rock tous les deux) se trouve le contrepoint violent des emails de Jeremy à son frère. Si aux parents Jeremy envoie des lettres rassurantes, à son frère il ne cache pas la réalité de la guerre. Il termine chaque mail par la même phrase, leitmotiv des soldats : « be safe », qui signifie « reste en vie ».

Les personnages secondaires sont également intéressants, particulièrement le père, qui cache un secret vite découvert par ses fils : il a connu les horreurs de la guerre du Vietnam. Leur relation est vraiment bien vue, entre volonté de protéger et besoin d’expliquer quand même ce que fut sa réalité. La grand-mère, qui débarque de temps en temps avec ses romans d’amour à l’eau de rose, apporte une touche d’humour au roman, alors qu’elle y tiendra un rôle important plus grave. Et sans parler des amis et jeunes voisins qui ne reviendront pas forcément, de l’angoisse de leurs familles.

Roman engagé, qui allie à la fois simplicité de l’histoire occidentale d’Oskar (qu’on peut d’ailleurs trouver un peu édulcorée, idéaliste, peu crédible) et profondeur et gravité de la réalité irakienne de Jeremy. A noter que tout au long du roman, aucun lieu n’est cité, on pourrait très bien ne pas savoir où ça se passe, mais les éléments de l’histoire sont suffisamment limpides pour qu’on identifie très bien de quoi il est question.

 

Ce roman ado faisait partie de la sélection (avec 9 autres titres) du Prix des Lecteurs 13-16 ans de la Ville du Mans et du département de la Sarthe pour l’année scolaire 2008-2009. Près de 1800 collégiens ont lu  les 10 ouvrages et voté, et le résultat a été proclamé hier au Palais des Congrès et de la Culture du Mans, en présence des principaux organisateurs : la médiathèque Louis Aragon (ville du Mans), l’association des 24 heures du livre, la Bibliothèque Départementale de la Sarthe, et pardon si j’en oublie… Relayé par les bibliothécaires, les documentalistes, les enseignants, nombreux étaient présents hier. Vous aurez bien évidemment compris que le prix de cette 12ème édition des Lecteurs 13-16 ans du département est allé à Be safe, de Xavier-Laurent Petit.

La 11ème édition avait couronné l’an dernier le combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat. Une chose est sûre : nos collégiens ont un goût sûr et sont réceptifs à la grande qualité littéraire des ouvrages proposés !

Après l’ouverture de quelques cadeaux et quelques échanges avec les collégiens qui l’ont interrogé sur son roman, Xavier-Laurent Petit a expliqué que ce prix était désormais le 14ème qu’il recevait pour be safe. (Et ce n’est sans doute pas terminé !). D’ailleurs, les collégiens d’à côté lui ont aussi attribué leur prix il y a quelques semaines à Sablé-sur-Sarthe. Preuve en est, si besoin était, que ce roman est excellent et a su toucher ses lecteurs.

 

Chaque année, la remise du Prix s’ouvre d’abord sur un spectacle (avant le suspens final !), et les tranches de vie proposées hier par le conteur Olivier Hedin et le musicien Jean-Baptiste Feuillet étaient particulièrement vivantes, drôles, et réussies. Même si elles vont à présent s’appeler Enfin tranquille ! (Cherchez pas, quel que soit le titre, on adore !) On serait bien restés plus longtemps en leur compagnie ! Plein d’infos sur son myspace : notamment si vous êtes du côté d’Aurillac cet été, ou dans l’ouest à l’automne.

 

Voilà, on attend à présent la sélection 2009-2010, qui ne devrait pas tarder… J

 

 

Ecole des Loisirs, coll. Medium, juin 2008, 259 pages, prix : 10,50 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Franck Juery et éd. L’école des loisirs

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La Reine des lectrices - Alan Bennett

9 Juin 2009, 14:45pm

Publié par Laure

Roman traduit de l’anglais par Pierre Ménard

 

Quand la Reine d’Angleterre découvre (par hasard !) le goût et le plaisir de la lecture, le protocole en prend un sacré coup ! Ses tâches habituelles l’ennuient, car elles la détournent de l’essentiel : cette nouvelle soif de littérature découverte sur le tard. Sa ponctualité légendaire va dès lors se transformer en retards non moins légendaires pour cause de récits trop prenants …

C’est une farce bien sûr, mais c’est assez amusant ! Peut-on passer son temps à lire quand on est Altesse Royale ? Petit roman distrayant que je trouve néanmoins vite éventé : la substance de l’intrigue est dite en quelques lignes dans les premières pages, et les 170 qui suivent ne me semblent être qu’un délayage citant au passage quelques titres de référence et quelques idées éculées sur « le pouvoir » de la lecture. Le joyeux soufflé retombe un peu vite.

Sympathique donc, mais sans plus…

 

Denoël & d’Ailleurs, janvier 2009, 173 pages, prix : 12 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Rota / Camera Press / Gamma et éd. Denoël

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Miss Charity - Marie-Aude Murail

8 Juin 2009, 15:19pm

Publié par Laure

Londres, 1875. Charity Tiddler a 5 ans, et c’est une petite fille qui se sent bien seule. Elle se réfugie dans son petit monde animalier, où elle apprivoise souris, lapins, canards, et autres corbeaux. Ce n’est pas du goût de ses parents, surtout de sa mère qui n’a guère de paroles aimables pour elle, mais Charity s’épanouit ainsi, tout en dessinant ses animaux.

Hommage évident à Beatrix Potter et à son lapin Peter, hommage au roman victorien, à Dickens, Austen, Brontë, Shakespeare … ce bon et gros roman de Marie-Aude Murail est un chef-d’œuvre : délicatement illustré par les aquarelles de Philippe Dumas, il bouleverse les publications de l’Ecole de Loisirs puisqu’il n’exige pas moins qu’un grand format exceptionnel ! Plus de 560 pages où tout est de qualité : l’objet, le papier, l’illustration, le récit… On suit avec plaisir la petite Charity jusqu’à l’âge adulte, côtoyant Oscar Wilde et Bernard Shaw, la société victorienne de la fin du XIXème siècle où toute jeune fille non mariée est suspecte. Indépendance de la femme, liberté de création, monde de l’édition, et déjà… fortune des produits dérivés, voilà quelques uns des thèmes abordés dans ce livre. Histoires d’amour aussi, bien sûr, en plus des nombreuses références aux personnages cités plus hauts.

Ce qui m’a toujours soufflée dans ce genre de romans, c’est le talent à plonger et à rendre vraisemblable une époque, alors que la période d’écriture est pourtant tout ce qu’il y a de plus contemporain, ce livre ayant été publié en 2008.

Bourré de références, il n’en reste pas moins aisé à lire, et très plaisant.

A conseiller dès 12 ans et sans limite d’âge, même s’il entre dans la catégorie 12-16 ans sur le catalogue de l’école des Loisirs.

 

Déjà lu par une bonne partie enthousiaste de la blogosphère (suis un peu fainéante pour chercher tous les liens)

 

La critique de Catherine Gentile sur Ricochet

 

L’école des Loisirs, septembre 2008, 562 pages, prix : 24,80 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Philippe Dumas et éd. Ecole des Loisirs

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Treize alligators – Gaetaño Bolán

3 Juin 2009, 13:20pm

Publié par Laure

Surprenant roman que ces  treize alligators ! A force de tremper dans les combines, Manuel a besoin d’un dentiste pour faire refaire sa dentition perdue sur un ring, mais faute d’argent, il va devenir son assistant et replonger en parallèle dans les trafics faciles. Mais tout finit toujours par mal tourner, et Manuel est obligé de prendre la fuite avec sa mère et son petit frère, et Lucia, sa copine qui n’a pas froid aux yeux. Mais pour gagner sa vie dans cette nouvelle ville du Chili, il ne trouve pas mieux que de travailler pour un escroc, Esteban, qui règne en maître sur la règle des 3C : « caïmans, cocaïne, cœurs ». Trafics d’organes, de drogue, et d’espèces rares et protégées, Manuel s’est encore mis dans de beaux draps !

Comment dire… ce roman est une petite pépite explosive : plus on rit et plus on sombre dans l’horreur humaine la plus atroce. C’est loufoque, cocasse, déjanté, et terrible à la fois. Gaetaño Bolán a l’art de dénoncer avec humour et sous des airs de farce les grands trafics de ce monde et les pratiques des « parrains » envers leurs petites mains mafieuses.

Très différent de son premier roman, la boucherie des amants, (qui était déjà très bon), j’applaudis à nouveau pour ce deuxième opus, même si le sourire est souvent chassé par un frisson dans le dos, on garde à l’idée le talent burlesque de la fiction, qui dénonce toute l’horreur du monde. Drôlement romanesque, sacrément tragique, mordant comme les alligators nés sous la plume d’un grand auteur !

 

A noter : Gaetaño Bolán est né et vit au Chili, mais écrit en français (du moins je le présume, pas de mention de traduction), chapeau bas !

 

Le site de l’éditeur : éditions La Dragonne

 

La Dragonne, fév. 2009, 104 pages, prix : 16 euros

Ma note :

Crédit photo couverture : © Stéphane Mourgue et éd. La Dragonne.

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Quelque chose à te dire, un film de Cécile Telerman (2009)

1 Juin 2009, 14:04pm

Publié par Laure

Avec Charlotte Rampling, Mathilde Seigner, Pascal Elbé, Olivier Marchal, Patrick Chesnais, Sophie Cattani, ...

Le synopsis d'Allociné :

La famille Celliers est une famille ordinaire : tous les membres qui la composent sont complètement timbrés.
Mady, mère au foyer, la soixantaine éclatante, passe la majeure partie de son temps à dire des horreurs de ses deux filles et de son mari, Henry, ancien grand patron, être étrange qui régresse bizarrement depuis son départ à la retraite. Antoine, le frère aîné, chef d'entreprise incapable de gérer une société, enchaîne faillite sur faillite tandis qu'Alice, sa soeur, peint compulsivement, entre deux avortements, des madones dépressives et toxicomanes. Quant à Annabelle, infirmière dans une unité de soins intensifs, elle tente désespérément de sauver ses proches en leur prédisant l'avenir dans les cartes.
Tout irait dans le meilleur des mondes chez les Celliers si Alice ne croisait pas "par hasard", un soir de déprime, Jacques, flic solitaire et désabusé, grain de sable qui viendra gripper les rouages parfaitement huilés de leurs névroses familiales. Tout éclatera... pour le meilleur ou pour le pire.

Mon avis :
toutes les familles ont leurs névroses, leurs secrets, et des relations compliquées. Cécile Telerman traduit tout ceci à merveille dans ce film, qui n'est certes pas un "grand" film inoubliable, mais où tous les acteurs jouent leur rôle à la perfection, dans l'image déjà qu'on pouvait avoir d'eux par d'autres films, autrement dit le bon rôle pour le bon acteur. 
Je ne sais pas non plus si c'est un "bon" film mais en en tout cas c'est un film comme je les aime, j'ai même vraiment adoré, du début à la fin. Certes on s'attend un peu à ce qui va venir, mais il y a de bonnes trouvailles et quelques piques d'humour. Peut-être aussi qu'en tant que fan de Charlotte Rampling, Mathilde Seigner et Olivier Marchal, c'était gagné d'avance. Mais même Chesnais et Elbé ont su me séduire dans leur rôle. Du tout bon donc, du genre qui n'en a jamais fini de décortiquer la nature humaine. C'est donc un monde sans fin mais il est ici bien vu, et bien interprété.

Ma note :

désolée pour le caractère "gras", je n'arrive pas à l'enlever, c'est capricieux parfois, l'informatique...

Charlotte Rampling et Mathilde Seigner
© StudioCanal Galerie complète sur AlloCiné

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Au bon roman - Laurence Cossé

31 Mai 2009, 05:26am

Publié par Laure

Quel lecteur gourmand n'a jamais rêvé d'une librairie où il ne trouverait que d'excellents romans, que des bouquins si réussis que son plaisir en serait toujours garanti ?

"Au bon roman" est une librairie qui remplit ce pari fou, gérée par deux passionnés que sont Ivan et Francesca. Mais si vous avez une quelconque idée du monde actuel de l'édition, vous pouvez bien imaginer que cette librairie ne plaît pas à tout le monde...

ça commence comme un roman policier et c'est un foisonnant hommage à la littérature, une folle histoire passionnelle, entre des êtres et des livres aussi, un pavé que vous retrouvez chaque soir avec bonheur en soupirant : ah si ce Bon Roman existait vraiment !

J’ai aimé particulièrement tous les passages argumentés, qu’ils soient favorables ou opposés à ce projet de défense de la littérature, véhiculés par des articles de journaux, on s’y croirait et chacun y est respecté !

Au bon roman est un grand livre, audacieux, un pur moment de bonheur comme on aimerait en trouver plus souvent en littérature !

 

Mon billet est court parce que beaucoup en ont déjà si bien parlé ! Parmi eux : Amanda, Cuné, Clarabel, …

 

Je ne résiste pas néanmoins au plaisir d’en tracer ici un seul passage (il y en aurait tant à relever !), extrait qui parlera aux blogueuses un peu folles que nous sommes :

p. 486 : « Avoir des livres en quantité est merveilleux : encore faut-il les lire. J’imagine assez bien que les amis du Bon Roman ont beaucoup acheté ces derniers mois, dans l’enthousiasme de la découverte et la joie de l’engagement, qu’ils ont un peu de mal à se frayer jusqu’à leur lit, entre les livres, et qu’ils font une pause, histoire de rassurer leur conjoint. »

 

Gallimard, janvier 2009, 496 pages, prix : 22 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. Gallimard.

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Magic retouches - Françoise Dorner

30 Mai 2009, 05:53am

Publié par Laure

Justine a 12 ans, elle est orpheline de mère et vit seule avec son père, qui tient une boutique de retouches de couture. Ils communiquent peu, ne se comprennent pas. Justine n’aime pas les femmes qui passent dans la cabine d’essayage se faire tripoter sous prétexte de retouches à faire. Justine a une passion : Géronimo, et une grand-mère un peu fantasque, Margot, qui du haut de ses 80 ans a entretenu une curieuse légende : Justine serait la petite fille du soldat inconnu, qu’on célèbre sous l’Arc de Triomphe.

Mais quand Justine croit savoir qui est le serial killer qui tue des jeunes filles dans Paris en laissant chaque fois une écharpe blanche, elle oublie ses soucis pour se jeter à corps perdu dans une enquête pas vraiment de son âge.

Magic retouches est un roman simple qui dit beaucoup, dont la narration vive et rapide vous emporte pour découvrir quasiment d’un souffle secrets familiaux enfouis et sentiments à fleur de peau d’une ado qui se veut justicière au mépris du danger.

De Françoise Dorner j’avais bien aimé la douceur assassine paru en 2006, et j’ai apprécié avec le même plaisir ces Magic Retouches.

 

L’avis de Clarabel que je remercie pour le prêt !

 

Albin Michel, janvier 2009, 151 pages, prix : 14 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Meyer / Tendance Floue © Yo Oura / Taxi Japan / Getty Images  et éd. Albin Michel.

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