Les jardins d'Hélène

L’inconnu – Luca Tortolini et Daniela Iride Murgia (ill.)

27 Avril 2016, 09:51am

Publié par Laure

L’inconnu – Luca Tortolini et Daniela Iride Murgia (ill.)Dans une nature riche et luxuriante, des animaux sont soudain effrayés par des « hurlements sauvages ». Qu’est-il donc arrivé ?

 

Sur un fond ivoire, entre collages et dessins, les animaux témoignent avec quelque chose de presque humain dans le détail (les yeux, le blush sur les joues) mais de la fantaisie dans l’habillement fait de tissus imprimés variés.

 

Quelle est donc cette chose inconnue qui attise leur peur et leur curiosité tout à la fois ? La chute est adorable, même si on la devine assez vite, on se prend au jeu. On est toujours le sauvage de quelqu’un d’autre, n’est-ce pas.

 

Le travail graphique est remarquable (et la qualité de l’ouvrage papier toujours impeccable chez cet éditeur), fantaisie et douceur dans les couleurs, beauté et richesse du détail dans les personnages, alliance parfaite du texte et de l’image, j’aime beaucoup !

 

feuilleter l'ouvrage : clic

 

Ed. Notari, coll. L’oiseau sur le rhino, avril 2016, 34 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Daniela Iride Murgia et éd. Notari.

 

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Paranoïa - Melissa Bellevigne

25 Avril 2016, 16:30pm

Publié par Laure

Paranoïa - Melissa BellevigneLisa Hernest, psychiatre renommée, est appelée au chevet de Judy Desforêt, une jeune femme souffrant de troubles paranoïaques et d'hallucinations, enceinte de 5 mois, et qui se laisse dépérir.

La psychiatre, atteinte dans sa vie affective par son incapacité à tomber enceinte, est profondément touchée par ce cas.

 

Si l'histoire est bien menée et se lit facilement, j'ai été gênée par plusieurs points.

 

De Lisa on ne saura jamais rien de son métier sinon qu'elle excelle dans les cas complexes et qu'elle est la meilleure de France. C'est un peu simpliste. Sur un sujet aussi fascinant et intéressant, on aurait aimé davantage de précisions : quelques exemples de cas traités par elle, une analyse de la maladie de Judy, hélas sur ce point tout reste très superficiel, comme si l'auteur ne connaissait pas du tout son sujet, ce qui est dommage et frustrant à la lecture.

 

Ses préoccupations de couple et son désir de maternité sont très passe-partout, là encore, ça fonctionne mais c'est un peu facile.

 

L'histoire de Judy m'a paru très enfantine, sans doute du fait de l'ami imaginaire (de fait parvenue à l'âge adulte on attend que l'auteur aille plus loin), et de l'enquête en Angleterre qui pour moi se rapproche de ce que je lisais enfant. Un certain décalage donc entre des personnages adultes, un secret de famille qui mêle enfance, enquête et désir de femme adulte néanmoins, et ce personnage de Lisa qui par le dossier qu'elle rend, donne une réponse à l'affaire, sans jamais l'expliciter. Fantastique ou maladie, le lecteur choisira son camp, ou acceptera la possibilité des deux.

 

La fin ne donne pas de réponse sur le devenir des personnages (pour ma part, je n'aime pas les fins ouvertes). L'auteur se laisse peut-être la possibilité d'une suite ? Encore que, à part l'histoire de couple, je ne vois pas bien ce qu'il pourrait y avoir comme suite.

 

Au final, ce premier roman m'a semblé manquer de maturité, simpliste et superficiel sur les aspects liés à la psychiatrie, enfantin et gentillet sur les aspects « mystérieux ». Mais c'est encore sur la résolution du mystère que cela fonctionne le mieux et donne un roman d'aventures au ton fantastique assez sympathique. Le choix de publier en black moon me paraît un peu ambigu, mais difficile également de le faire rentrer dans un genre en particulier.

 

Prometteur toutefois, la plume ne demande qu'à s’affirmer, et les sujets à être davantage creusés.

 

 

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Hachette, coll. Black Moon, mars 2016, 320 pages, prix : 17 € (11,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : éd. Hachette / Black Moon

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Jukebox Motel - Tom Graffin

19 Avril 2016, 20:36pm

Publié par Laure

Jukebox Motel - Tom GraffinThomas James Shaper a 24 ans quand il décide de quitter le Québec en 1965 pour partir aux États-Unis. Ses parents, producteurs de fraises, sont réticents, surtout son père : « Demande toi pour quel rêve tu nous quittes ». « Dans l'histoire de la famille, je devenais une anomalie : un paysan qui voulait se dépayser ».

 

A New-York, Thomas se concentre sur les collages, qu'il nomme le stick-painting, et sa vie va changer quand il va vendre un prix démesuré quelques toiles, puis rencontrer Johnny Cash dans un bar à Los Angeles. Le chanteur lui demande alors de créer un lieu tranquille pour accueillir les artistes qui ont besoin de se ressourcer. Ce sera le Jukebox Motel, autrement nommé aussi « le diable d'endroit », qu'il construira et tiendra Ted, le propriétaire qui lui cédera les terres et deviendra son ami.

 

Ce qui frappe d'emblée dans ce premier roman, c'est la maîtrise des mots, du jeu qui en est fait, et de la fantaisie omniprésente, tant dans le caractère des personnages que dans la formalisation écrite du pacte amoureux du héros et de sa compagne : le code de l'indamour à lui seul vaut le détour. Nouvelles règles auxquelles on aspire à croire, même si elles ne facilitent pas toujours les choses.

 

Thomas, le sarthamérincois (sarthois – américain – québécois) est peut-être un peu à l'image de Tom, l'auteur, sarthois d'origine : s'ils sont tous un peu frappadingues dans cette histoire, l'auteur lui, maîtrise parfaitement son récit et joue beaucoup avec son matériau : les mots. Il mêle humour, phrases qui font mouche, poésie et chansons, et fait preuve d'une imagination créatrice bluffante pour un premier roman.

 

Sur la route du rêve américain des années 65-70, on en vient même à réécouter du Johnny Cash !

 

Autre originalité de l’œuvre, le roman est proposé avec une bande originale à écouter en ligne (cf le site http://www.jukeboxmotel.fr/), et ma foi, elle est parfaitement appropriée et complète bien l'atmosphère du livre.

 

Un premier roman réjouissant !

 

«  - Du courrier ? Je demande à la réceptionniste

- No, Mister Shaper.

Je m'en vais mourir dans ma Dodge

- Just a telegram

Je lis. Je vis. Je pleure.

Jamie est née le 7 mai 1968. Indamour. Joan. »

 

 

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JC Lattès, mars 2016, 312 pages, prix : 18 € (12,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Fabrice Petithuguenin et éd. JC Lattès

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Marguerite n'aime pas ses fesses - Erwan Larher

18 Avril 2016, 10:22am

Publié par Laure

Marguerite n'aime pas ses fesses - Erwan LarherMarguerite n'aime pas ses fesses : qui commencerait un roman par une telle phrase, aussi ambiguë d'un point de vue syntaxique ? Ses fesses : lesquelles, les siennes propres ou celles de son mec, ou celles d'une copine, ou celles de n'importe qui ?

 

En plus de ne pas aimer ses propres fesses, Marguerite a un mec pas très fréquentable mais elle n'y voit goutte, une mère complètement libérée qui jouit de la vie (et des hommes), mais Marguerite est aussi en manque de père et en quête d'elle-même. Aussi va-t-elle se découvrir peu à peu au contact d'Aymeric Delaroche de Montjoie (DDM pour faire court), ancien président qu'elle rencontre quotidiennement pour écrire ses Mémoires, et il faut faire vite, car la mémoire, il la perd.

 

J'ai été sceptique sur les 50 premières pages, parce que dérangée sans doute : Jonas, le compagnon de Marguerite est absolument détestable (et les scènes liées à ses obsessions sexuelles sont nombreuses), et cela me semblait bavard et creux, jusqu'à ce que je tombe sur cette phrase : « Tout se mélange en continuum fadasse, chaque journée ressemble à la précédente, la suivante les copie, fainéante. Seuls changent les épiphénomènes, les petites phrases des personnalités médiatiques, les lieux des conflits et la température extérieure. Sinon, c'est le même bout de chemin vers rien, choisir ses vêtements, interviewer le vieux, voir ses copines ou pas, y'a quoi à la télé ce soir ? » (p.63)

 

Ce rien qui occupe les journées de Marguerite, n'est-ce pas ce que l'auteur est en train de me décrire depuis le début ? Et quand quelques pages plus loin je suis tombée sur le salon du Livre du Mans (voir photo cliquable plus bas), « ma » 25ème heure (j'étais peut-être moi-aussi à la table derrière !), et sur une réflexion aussi drôle que juste sur les auteurs, les blogs et la lecture, je suis passée de « à cran » à « accro », en tous les cas loin des écrans.

Et je n'ai plus lâché le roman, que j'ai dévoré d'une traite (voilà à quoi sert le dimanche).

 

J'ai aimé la critique politique (et à quoi tient vraiment le pouvoir), j'ai aimé reconnaître plusieurs présidents en un seul, j'ai aimé le personnage foutraque de la mère, le réalisme des copines, l'évolution de Marguerite (à qui on crève d'envie d'ouvrir les yeux sur son mec), l'intrigue policière légère qui ajoute du piment à l'affaire (et d'intéressants personnages secondaires), bref, j'ai aimé l'ensemble, avec un seul regret sur la fin, mais ça c'est parce que je déteste les fins ouvertes. Je ne veux pas qu'on me laisse imaginer ce qui va se passer, en bien ou en mal, je veux qu'on me le dise. Parce que des hypothèses j'en ai, évidemment, mais rester dans le doute me laisse insatisfaite.

 

Dérangeant, engagé, moderne et décrivant avec réalisme une époque, avec ce qu'il faut de fantaisie et de jubilation pour le lecteur, Marguerite n'aime pas ses fesses tient toutes ses promesses. Foncez si vous aimez être bousculé !

 

Et vous savez ce qu me réjouit ? C'est que je n'ai pas encore tout lu d'Erwan Larher.

 

Sur ce blog également :

- l'Abandon du mâle en milieu hostile

 

 

Quidam éditeur, avril 2016, 252 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hugues Vollant et Quidam éd.

Marguerite n'aime pas ses fesses - Erwan Larher

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Un souffle, une ombre - Christian Carayon

14 Avril 2016, 19:53pm

Publié par Laure

Un souffle, une ombre - Christian CarayonÉté 1980, dans un village du sud du Massif Central. Quatre amis, deux filles, deux gars, jeunes adolescents, obtiennent la permission de leurs parents d'aller camper sur l’îlot du lac de basse-Misère. Ils seront de retour le lendemain matin à 10h, promis juré. Le lendemain, c'est une vraie boucherie que les parents découvriront, une seule survivante, dans le coma puis atteinte à vie au point de ne pouvoir parler, et les trois autres enfants assassinés et atrocement mutilés.

 

Marc-Edouard Peiresoles, professeur d'histoire à l'université de Toulouse, avait 10 ans à l'époque, et ce drame l'a marqué énormément, une peur insidieuse profondément ancrée en lui pendant de longues années. Même si un homme a été arrêté, certains le pensent innocent, et Marc-Edouard va se replonger dans l'enquête avec notamment l’abondante documentation d'un journaliste de l'époque.

 

Le prologue annonce la fin du roman (ou du moins le pense-t-on à ce moment-là), il s'agit donc d'un whodunit classique, où on va dérouler les éléments pour arriver au résultat : pourquoi et comment ?

 

Le récit est à la première personne quasi tout le long, et s'attache à décrire avec précision les lieux, les personnages, les intrigues secondaires (la vie universitaire et amoureuse du personnage principal). Si c'est intéressant et bien construit, ça n'en est pas moins interminablement long. J'ai failli abandonner ma lecture, et me suis accrochée parce que d'autres lecteurs annonçaient une deuxième moitié plus dynamique. Roman d'atmosphère, qui prend son temps, trop sans doute. On est tenté de survoler, on ne sait plus trop qui est qui, et le ressort tant attendu semble un peu sorti de nulle part. Soudain à la 3ème personne, il vient casser le rythme mais soit j'ai lu trop vite ce qui précédait, soit je n'ai pas compris comment Marc-Edouard en arrivait là, à ce récit extrêmement précis des faits. Comme il rétorque à un professeur qui met en cause ses théories sur la morale des soldats pendant la guerre 14-18, quand on n'a pas de documents l'attestant, on imagine.

Cette fin est-elle satisfaisante pour autant, que remet-elle en cause si ce n'est la paix intérieure retrouvée du narrateur ?

 

Si l'ensemble est bien fait malgré tout, je ne peux que regretter mon ennui à la lecture, mon envie de sauter des pages, de secouer le coco comme dirait … Au moins je ne peux lui reprocher cette surenchère de rebondissements tous plus invraisemblables les uns que les autres que je trouve souvent dans les thrillers contemporains, mais on est ici un peu à l'autre extrême. Dommage.

 

 

Fleuve noir, avril 2016, 552 pages, prix : 20,90 € (14,99 en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture (fort jolie d'ailleurs) : © éd. Fleuve noir

 

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La douleur porte un costume de plumes – Max Porter

8 Avril 2016, 09:05am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Charles Recoursé

 

La douleur porte un costume de plumes - Max PorterUn père en deuil avec ses deux jeunes enfants, dévastés par le chagrin. Comment faire pour continuer à vivre ? La réponse viendra d’un truculent corbeau, chimère ou fable, qui remettra sur pied la famille amputée de sa veine maternelle essentielle.

 

Le texte se présente en trois parties, « une touche de nuit / défense du nid / autorisation de décoller » dont les titres révèlent à eux seuls le chemin du deuil,  et se révèle un ovni littéraire dans sa forme, hybride entre roman, conte, poème, récit à 3 voix clairement identifiées : Papa, Corbeau, les garçons (qui à deux ne forment qu’une voix à l’unisson). Il faut accepter de sortir de sa zone de confort, et d’être un peu dérouté par l’originalité du texte qui ne ressemble à rien de connu. Et un peu d’originalité dans le paysage littéraire ne fait jamais de mal.

 

Ce corbeau a un franc-parler pas toujours académique, mais peut tout aussi bien opérer un revirement total vers la poésie. Échappé d’un poème de Ted Hughes dont le père est spécialiste, il prend une signification forte pour cet homme en souffrance. En effet, Ted Hugues a écrit ce poème (« Crow ») à la mort de sa femme Sylvia Plath, et voilà que ce même corbeau frappe à la porte du père endeuillé. Tour à tour pitre ou empathique, baby-sitter et confident, le corbeau est celui par lequel le retour à la vie s’effectuera, sans occulter le deuil, il permet de le traverser.

 

Un premier roman très original qui mérite qu’on s’y arrête.

 

P. 78 : « « Je vais t’en raconter une autre, c’est cadeau », a dit Corbeau.

« Hmm ». (J’essaie de travailler, j’essaie de moins alimenter le concept de Corbeau depuis que j’ai lu un livre sur les délires psychotiques.) »

 

p. 107 : « Tourner la page, le concept, c’est pour les idiots, toute personne sensée sait que la douleur est un projet à long terme. Je refuse de précipiter les choses. La souffrance qui s’impose à nous empêche quiconque de ralentir ou d’accélérer ou de s’arrêter. »

 

 

Une interview de l’auteur ici

 

 

Seuil, janvier 2016, 121 pages, prix : 14,50 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : Eleonor Crow et éd. du Seuil

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La tristesse de l’éléphant – Nicolas Antona et Nina Jacqmin

6 Avril 2016, 08:57am

Publié par Laure

(Nicolas Antona au scénario, Nina Jacqmin à l’illustration)

 

La tristesse de l'éléphant - Nicolas Antona, Nina JacqminCoup de cœur absolu pour cette BD parue début 2016 !

 

Au premier abord, la couverture fait penser à un album pour enfant. Il n’en est rien, il s’agit bien d’une bande dessinée, qui peut être lue sans souci dès 12/13 ans, et sans aucune limite d’âge, évidemment !

 

Un homme de dos, assis devant un feu, avec à ses côtés un vieil éléphant. De face, les défenses de l’éléphant ressemblent à des larmes. C’est la fin, mais la fin de quoi ?

 

Louis va nous raconter son histoire.  Orphelin placé dans un établissement, enfant en surpoids, affublé de grosses lunettes, souffre-douleur de ses compagnons d’infortune, Louis va trouver son bonheur auprès d’un cirque de passage, et plus précisément auprès d’une petite fille, Clara, qui s’occupe de l’éléphant Pégase. Louis ne vit que dans l’attente du retour annuel du cirque. Avec la complicité du surveillant, il passe ses soirées sous le chapiteau et auprès de Clara. Elle aussi vive et facétieuse qu’il est timide et discret. Mais le temps passe, ils se sont trouvés, s’aiment et se marient. Clara accepte de tout quitter pour rester auprès de lui.

 

Une vie simple et heureuse.

 

Mais comme quelqu’un le lui a dit un jour : « La vie, c’est des étapes… La plus douce, c’est l’amour,  La plus dure, c’est la séparation, La plus pénible, c’est les adieux, la plus belle, c’est les retrouvailles. »

Je n’en dis pas plus, sinon que cette histoire est belle, intemporelle, emplie d’émotions justes, universelle.

 

Le dessin joue sur un choix restreint de couleurs, un jeu de gris et noir parfois un peu sépia, qu’éclairent le rouge et le bleu dans les moments lumineux. Trois couleurs qui à elles seules expriment une large palette d’émotions et de décors, le bonheur est rouge et bleu. Ce choix est original et très réussi. L’image du papillon traduit à la perfection aussi le chemin de la vie.

 

Je peux bien l’avouer, j’ai pleuré comme une madeleine, parce que c’est triste (n’oubliez pas le titre), mais parce que c’est avant tout magnifique, les auteurs ont réussi la prouesse d’une histoire intime qui parle à tous et que tous nous garderons au creux du cœur. Un grand bravo.

 

(et c’est totalement par hasard que je suis arrivée à cette BD, en discutant avec un collègue d’un super album jeunesse chez les Fourmis rouges, un autre collègue cherchait le titre d’une BD qu’il avait adoré, et dit : voilà, c’est ça, c’est aux Fourmis rouges. Je réponds que les Fourmis rouges ne font pas de BD ( ?) et le troisième rebondit sur les Enfants rouges, et voilà ! La tristesse de l’éléphant est un ouvrage précieux qu’on garde au creux de soi, mais qu’on partage aussi, parce qu’il mérite d’être lu par le plus grand nombre).

 

 

Les enfants rouges, janvier 2016, 76 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Nina Jacqmin et éd. Les enfants rouges.

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Bébé T’choupi – Thierry Courtin

6 Avril 2016, 04:37am

Publié par Laure

 

bébé t'choupi

 

Graouh ! les animaux – Miam, mon biberon !

 

2 albums cartonnés tout en rondeur pour rappeler la douceur du personnage de T’choupi : 2 livres à volets à soulever pour jouer à chercher des animaux, ou le biberon de T’choupi.

 

Les petits nommeront les animaux, imiteront leur cri, ou exploreront les pièces de la maison et les objets ou meubles qui s’y trouvent.

 

C’est mignon comme tout, simple et efficace.

 

 

pages intérieures bébé tchoupi

 

 

Nathan, janvier 2016, prix : 9.90 € chacun

Etoiles : 4.5/5

Crédit photo couverture : ©Thierry Courtin et éd. Nathan.

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Surtensions - Olivier Norek

5 Avril 2016, 15:10pm

Publié par Laure

surtensionsJe découvre Olivier Norek avec ce titre (qui est son 3ème polar publié) et c’est une très bonne surprise. Le polar est prenant (normal jusque là !), bien construit, et une fois n’est pas coutume, on n’est pas dans la surenchère du super héros qui s’en sort par un twist sorti de nulle part.

 

L’intrigue est fouillée, imbriquée, et composée de 5 grandes parties qui forment presque chacune un roman indépendant. La première partie s’ouvre sur une description du monde carcéral qui fait froid dans le dos, mais qui est tout à fait proche de ce que l’on peut voir dans un reportage télé. L’affaire du clan corse commence réellement dans la deuxième partie, et prend le temps de développer des sous-intrigues brillamment rattachées à l’ensemble.

 

Le récit est hyperréaliste, on croirait suivre une équipe de flics, jusque dans les rapports hiérarchiques, les relations personnelles compliquées en raison de l’investissement professionnel, etc.

 

Norek est un nouveau grand nom du Polar, à suivre sans hésiter pour les amateurs du genre.

 

Michel Lafon, mars 2016, 511 pages, prix : 19.95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Michel Lafon

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Fonce, Petit Paul ! – Hubert Ben Kemoun, ill. de Charlotte des Ligneris

1 Avril 2016, 16:57pm

Publié par Laure

Fonce, petit Paul !Paul enfourche son vélo rouge pour aller porter un cadeau à son amie Mily Rose : « un foulard de bleu de ses yeux et du rose de son prénom ». Il n’en a pas pour longtemps, dit-il. Mais Mily Rose n’est pas chez elle, alors il attend un peu en faisant des ricochets, il s’entraine à battre son amie championne dans  ce domaine. Quand soudain le foulard s’envole… Paul est prêt à faire le tour du monde pour le récupérer, à attraper un train qui file à toute allure, à grimper au sommet des arbres, à traverser une rivière, bref à abattre des montagnes pour offrir son cadeau. Et quand enfin il revient, et l’offre à Mily Rose, le foulard est un peu abimé. Mais qu’importe, les yeux amoureux n’y voient que la beauté. Et l’aventure recommence.

 

Un bel album, avec un texte assez long, qui emporte le lecteur dans sa fantaisie tout en étant clair dans le pacte de lecture : « il savait bien que ce n’était pas vrai, mais il aima le croire un peu », tel est le refrain qui rythme qui le récit, empreint de poésie. Petit Paul a des ailes quand son cœur bat la chamade pour la petite Mily Rose, par amour ou par amitié, on peut tout surmonter, même les yeux des araignées qu’on imagine dans un tunnel.

 

J’aime la traduction du mouvement dans l’illustration de Charlotte des Ligneris, les chemins, le train, la nage, jusque dans les ricochets et les oiseaux, les écureuils qui grimpent aux arbres, sans oublier le vent,  les couleurs vives de la nature, la force qui s’en dégage alliée au texte quand il s’agit de laisser foncer Petit Paul. Ah ! quand le coeur vous (trans)porte !

 

 

Des illustrations de l’album en plein écran sur le site de Charlotte des Ligneris :

http://www.charlottedeli.fr/Fonce-Petit-Paul

 

Nathan, mars 2016, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Charlotte des Ligneris et éd. Nathan

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