Les jardins d'Hélène

Le monde entier - François Bugeon

5 Juillet 2016, 15:04pm

Publié par Laure

Le monde entier - François BugeonChevalier est un taiseux, un brin bourru dans ses relations, qui se limitent aux voisins et quelques proches dans son village. Ouvrier à l’usine (il y est très apprécié), copain de pêche au bord de l’étang, célibataire taciturne, il n’en a pas moins un grand cœur, qu’il révélera lors de l’incident et des jours qui suivront.

Une voiture accidentée sur le bord de la route : de crainte qu’elle ne prenne feu il en sort les corps qu’il pose sur le bas-côté. Le lendemain, hospitalisé avec quelques blessures, il comprend que le corps d’une jeune femme n’a pas été signalé parmi les secourus. Qu’est-elle devenue ? Ou a-t-elle disparu ?

Salomé ne manquera pas de réapparaitre très vite dans sa vie et de bouleverser son quotidien bien rôdé. Et si Chevalier s’écoutait enfin un peu ?

 

Le monde entier est un premier roman tout en délicatesse, qui décrit les gens simples avec une grande tendresse, les sentiments pudiquement gardés, leur bienveillance discrète, leur attention à l’autre sans tape-à-l’œil. D’emblée le lecteur se sent bien avec ce Chevalier sans prénom, dans cette atmosphère feutrée où les gestes sont anodins, mais emplis de sens.

 

Un roman où l’on se sent bien, de ceux qu’on aimerait qu’ils ne finissent jamais pour que le plaisir dure encore.

 

 

Une lecture qui s'inscrit dans le projet des 68 premières fois, lancé par l'insatiable Charlotte.

 

68 premières fois

 

 

Rouergue, coll. L’estive, mars 2016, 176 pages, prix : 17,80 €, ISBN 978-2-8126-1031-8

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Patrick Tourneboeuf / Tendance floue et éd. du Rouergue

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Juin 2016 en couvertures ...

1 Juillet 2016, 15:15pm

Publié par Laure

 

En juin, j'ai lu :

 

Une famille normale - Garance Meillonles gens heureux n'ont pas d'histoire - Eloïse Lièvre Trashed - Derf Backderf

 

Le reste de leur vie - Jean-Paul DidierlaurentLa promesse - Jean-Guy SoumySilver spoon tome 12

 

Silver spoon tome 13

 

 

 

 

En juin, j'ai vu :

 

Hector, un film de Jake Gavin (2015)Miséricorde - Les enquêtes du département V - tome 1 Profanation - Les enquêtes du département V tome 2

 

Délivrance - Les enquêtes du département V tome 3 Le monde de Dory - Disney Pixar

 

 

En juin, j'ai écouté :

 

Mammifères - Miossec Mona - Emily LoizeauPalermo Hollywood - Benjamin Biolay

 

 

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Le reste de leur vie – Jean-Paul Didierlaurent

12 Juin 2016, 14:13pm

Publié par Laure

Le reste de leur vie - Jean-Paul DidierlaurentManelle est aide à domicile auprès de personnes âgées, lesquelles peuvent être sympathiques ou acariâtres, avec parfois de drôles de lubies. De son côté, Ambroise, fâché avec son père, célèbre médecin lauréat du Nobel, est thanatopracteur. Il délivre les derniers soins aux défunts avant les funérailles. Il aime son métier et l'exerce avec talent et dévouement.

 

Solitaires tous les deux, Manelle et Ambroise vont être amenés à se rencontrer par le hasard des dernières volontés de Samuel...

 

Le deuxième roman de Jean-Paul Didierlaurent, après Le liseur du 6h27, est un roman doudou, ou « feel-good », qui réussit le pari de mêler tendresse et sourires sur le thème douloureux de la maladie et de la fin de vie. D'emblée les personnages sont attachants, touchants dans leurs forces et leurs faiblesses.

 

L'intrigue aborde aussi avec pudeur le thème du suicide assisté. J'ai passé un excellent moment avec ce roman, qui rappelle ceux de Pierre Béguin, vous ne connaîtrez ni le jour ni l'heure (éd. Philippe Rey, 2013) et surtout d'Edouard Moradpour, Nous parlions d'amour de peur de nous parler d'autre chose (Michalon, 2015).

 

Il aurait pu être un coup de cœur si la fin avait été différente. Le twist choisi, totalement improbable offre un dénouement trop beau, trop guimauve, une fin qui réjouira les lecteurs au petit cœur tout mou qui veulent une belle histoire d'amour et des romans qui font du bien, mais qui pour ma part, m'a déçue.

Le reste de leur vie plaira, de toute évidence, aux lecteurs qui par exemple aiment les romans d'Agnès Ledig, car c'est à ses romans que m'ont fait penser les cinquante dernières pages.

 

 

 

Au diable Vauvert, mai 2016, 288 pages, prix : 17 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Gettyimages et éd. Au diable Vauvert

 

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Les gens heureux n'ont pas d'histoire - Eloïse Lièvre

7 Juin 2016, 17:54pm

Publié par Laure

Les gens heureux n'ont pas d'histoireLe procédé choisi pour ce roman est original : l'auteur a écrit chaque jour, du 2 décembre 2013 au 10 janvier 2014, à la veille de ses 40 ans, un texte à partir d'une photo d'elle (reproduite en tête de chapitre), de zéro à trente-neuf ans. Un chapitre par photo, une photo par année de vie, et par jour d'écriture. Voilà qui apporte de la singularité à l'histoire d'une vie somme toute banale.

 

J'ai beaucoup aimé les passages relatifs aux réflexions sur la maternité, le désir de grossesse ou non, les relations amoureuses, j'ai trouvé certains autres abords de ses textes ennuyeux. L'auteur joue également sur le temps : malgré un procédé clairement défini, chaque photo entraîne un récit ou une pensée non chronologique. Pour une même photo de son enfance, le texte grappille de-ci de-là dans le temps, et c'est ce qui rend la reconstruction de sa vie intéressante.

 

Séduisant, mais malgré tout très personnel, ce roman plaira surtout à ceux qui aiment l'analyse de l'intime.

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

JC Lattès, avril 2016, 200 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès

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Une famille normale - Garance Meillon

7 Juin 2016, 15:07pm

Publié par Laure

Une famille normale - Garance MeillonUne famille normale tout ce qu’il y a de plus standard en France : papa, maman, deux enfants, le choix du roi, même si ici c’est une fille qui est l’aînée. Maman Cassiopée, Papa Damien, Lucie (16 ans) et Benjamin (13 ans).

 

J’ai aimé le ton enjoué et caustique du début (les personnages prennent la parole à tour de rôle et n’y vont pas par quatre chemins pour évoquer la réalité de leur vie), mais ce n’est qu’un appât qui s’affadit très vite. Dès lors, il reste une famille « normale » dans son mal-être quotidien : l’usure du couple, les névroses de madame, qui est tout particulièrement chamboulée par le décès de sa mère, et les relations parents-ados qui se délitent. Tout n’est finalement que solitude ensemble, jusqu’à ce que les faux-semblants explosent.

 

Réflexion sur le couple, sur la transmission, sur les non-dits familiaux avec lesquels on grandit, l’idée est banale mais aurait pu être plaisante si le ton sarcastique avait été maintenu plus longtemps. A défaut, on sombre vite dans l’ennui et une certaine vacuité. Si les gens heureux n’ont pas d’histoire, cette famille normale aussi bancale soit-elle n’en a guère plus.

 

Un premier roman qui s’inscrit dans mon parcours des 68 premières fois de Charlotte.

 

68 premières fois 2016

 

 

Fayard, janvier 2016, 237 pages, prix : 17 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hokus Pokus et éd. Fayard.

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Mai 2016 en couvertures ...

1 Juin 2016, 08:39am

Publié par Laure

En mai, j'ai lu :

 

Le retour d'Antoinette - Olivia ViewegBoule à zéro tome 5 - Ernst et ZidrouNotre château - Emmanuel Régniez

 

Ce que j'ai fait de pire - Ursula Hegi  Vivez mieux et plus longtemps - Michel CymesLe caillou - Sigolène Vinson

 

Maestra - LS Hilton Les carnets de Cerise tome 4 - Chamblain / Neyret Le monde sensible - Nathalie Gendrot

 

Jupe et pantalon - Julie Moulin Mourir et puis sauter sur son cheval - David Bosc S'enfuir - Martyn Bedford

 

(et aucun franc coup de coeur côté romans)

 

 

En mai, j'ai vu :

 

L'homme irrationnel - Woody Allen Le fils de Saul

 

 

 

En mai, j'ai écouté :

 

Mona - Emily Loizeau Mammifères - Miossec

 

(mais découverts tout juste ces deux derniers jours, ils reviendront sans aucun doute en juin !)

 

 

 

 

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S'enfuir - Martyn Bedford

31 Mai 2016, 08:34am

Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Julie Lopez

 

S'enfuir - Martyn BedfordGloria, collégienne de 15 ans, est interrogée par une inspectrice de police, après une fugue de quinze jours qui a affolé ses parents et qui a fait la une de tous les médias. Partie avec Uman, un élève tout récemment arrivé dans sa classe, elle est retrouvée seule. Qu'est devenu le garçon ? Est-il encore vivant ? Que s'est-il passé pendant ces quinze jours de fuite ?

 

J'ai beaucoup aimé ce roman, à la construction intelligente et aux propos subtils. Uman a un humour très particulier, assez sarcastique, que lui autorisent sans doute le drame qu'il a vécu dans sa famille et son intelligence évidente. Gloria sera sous le charme, en proie au mal-être de l'adolescence sans savoir vraiment ce qui ne va pas, la liberté et la transgression que lui propose alors Uman sont fort tentantes

Alternant des passages d'interrogatoire policier et des passages de narration plus classiques par Gloria, le lecteur découvre petit à petit ce qui a occupé ces quinze jours de fugue. Une interrogation permanente (que s'est-il passé à la fin, où est Uman?) maintient le lecteur en haleine, et l'histoire d'amour en fond reste discrète, sans envahir le récit ni basculer dans la mièvrerie.

 

L'adolescence, les relations aux parents, à la famille, sont abordées de manière transversale par ce qu'a vécu Gloria. Une mise en page claire et aérée qui permet de plus une lecture rapide et facile, ce thème pourtant classique de la fugue à l'adolescence est ici traité de manière fort plaisante.

 

À dévorer dès 12/13 ans.

 

Nathan, mai 2016, 411 pages, prix : 16,95 € (12,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Galyna Andrushko, Shutterstock/© Elizabeth Gadd / Arcangel / et éd. Nathan

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Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # mai 2016)

31 Mai 2016, 01:00am

Publié par Laure

Je rachète ou pas ? (Les cosmétiques du mois # mai 2016)

15 produits terminés ce mois-ci !

 

Pour commencer, 3 gels douche : non pas que je me sois lavée davantage ce mois-ci, mais c'est juste qu'il y en a toujours plusieurs d'entamés en même temps dans la douche !

(Toutes les images sont cliquables)

 

 

Gels douche mai 2016

 

 

Dans la gamme Hydrate 24h de Sanex Advanced, la crème-douche peaux très sèches, déshydratées : un excellent basique, parfum neutre « de propre », oui je rachèterai sans hésiter !

 

Dans la marque Aveo, marque propre à la chaîne de magasins Müller en Allemagne, un gel douche rafraichissant à la mangue et à la noix de coco. Bon point : ça coûte trois fois rien, genre 50 ct. Pas de remarque particulière, ça fait le job, pas de dégâts type déshydratation majeure, mais pas emballée par le parfum indéfinissable où l'on percevait plus un fond de coco que de mangue. Comme je ne vis pas en Allemagne, je ne pense pas racheter !

 

Dans la gamme Jardins du Monde d'Yves Rocher, un de mes préférés que je rachète régulièrement : Amande de Californie. Pour l'odeur, pour la texture, un best of de mes placards.

 

 

 

déo physiologique 24h La Roche Posay

Continuons dans l'hygiène avec le déo physiologique 24H de la Roche-Posay, que je rachète de temps à autre aussi, car il est sans alcool, sans sels d'aluminium, sans paraben, et c'est un des rares sans sels d'alu efficace avec les Natur Protect de Sanex. Donc oui, je rachèterai sans doute un jour ou l'autre.

 

 

 

 

Le gel nettoyant fraîcheur à l'extrait de lotus, marque Auchan : un gel visage parfait le matin sous la douche et qui ne coûte pas cher du tout. Je rachète !

 

 

 

Toujours dans les classiques qui reviennent sans cesse dans cette rubrique : le gel démaquillant yeux au bleuet d'Yves Rocher, sans doute celui que j'utilise le plus ! Donc oui, je rachète !

 

 

 

 

 

eau micellaire fraicheur niveaEt un petit nouveau reçu en test : l'eau micellaire démaquillante fraîcheur Nivea pour peaux normales à mixtes, 200 ml : J'ai bien aimé son côté frais, sensation d'eau sur la peau, plus fraîche peut-être qu'une autre eau micellaire. Efficace et un flacon de 200 ml dont je ne me suis pas lassée, contrairement à ceux de 400 ml qui sont pratiques et d'un bon rapport qualité-prix mais dont a l'impression de ne jamais voir le bout. Encore un flacon en stock mais pas dans mes priorités de rachat, je préfère d'autres marques pour ce type de démaquillant.

 

 

 

Idem dans le flacon 400 ml interminable;-) : lait démaquillant aux 3 roses de Nuxe, acheté lors des ventes privées du site, mais il n'existe plus tel quel, et je crois que les 400 ml, j'en ai marre ! J'aimais moyen la texture, trop riche à mon goût. Et malgré le flacon-pompe, impossible de récupérer les 2 derniers centimètres de produit au fond du bidon.

 

 

 

Un soin minceur reçu pour test : slim design, d'Elancyl, flacon de 200 ml. Produit facile à appliquer, une seule fois par jour le matin après la douche, couleur marron pas terrible, mais qui disparaît heureusement sur la peau, parfum d'agrumes qui se développe au massage, et micro nacres plein les mains après : bien se laver les mains ! Pas d'effet particulier pour un produit « cellulite rebelle », lisse peut-être un peu la peau, c'est sans doute mieux avec que sans, mais vu le prix, je ne rachèterai pas. Bon point tout de même : la fluidité du produit, et le flacon qu'on peut mettre à l'envers, sur son large bouchon plat à la fin.

 

 

 

Lift fermeté lait clarinsLe Lift-fermeté, lait fondant régénérant « jeunesse du corps », de Clarins : 60,95 € le tube de 200 ml sur le site de Sephora. Euh, j'ai vraiment acheté ça moi ???!! Oui, mais en coffret en ventes privées, du coup à 35 euros et quelques avec deux formats voyage d'autres produits offerts. Si ce n'était le prix, je rachèterais volontiers, car il n'y a pas à dire, Clarins sait vraiment y faire dans la texture des produits agréables à l'application, et celui-ci m'a semblé plutôt efficace, pour un léger effet fermeté. Et à la fin on découpe le tube pour utiliser le produit vraiment jusqu'au bout.

 

 

 

Supra serum ClarinsLe supra sérum Lift-remodelant, multi intensif de Clarins : redensifie, lifte les traits, réduit les taches, en flacon-pompe à double paroi plastique, 127,50 euros les 30 ml. Choisi en produit cadeau avec ma carte fidélité Clarins, j'avoue que je n'avais pas regardé le prix, je voulais un sérum de chez eux, et maintenant que je vois le prix, eh bien ce n'est clairement pas dans le budget que je suis prête à mettre pour ce type de produit, mais il faut bien reconnaître là encore que c'est un produit vraiment top et très agréable à utiliser.

 

 

Le super sérum anti-âge yeux de la gamme n°110 de Diadermine, un produit assez surprenant au départ car il a une texture un peu huileuse et plus riche qu'un sérum, mais je l'ai beaucoup aimé. Bien hydratant en tout cas. Et pour un petit prix, je suis susceptible de racheter !

 

 

 

 

Baume CarmexUn baume à lèvres Carmex au parfum « cherry » en format tube, avec un FPS de 15. Un produit très gras et très mentholé, qui rappelle un peu la texture de la crème de huit heures d'Elizabeth Arden. Effet glacial sur les lèvres avec le menthol, on sent moins la cerise d'ailleurs, à mettre de préférence le soir (très épais et brillant) et attention, très mauvaise idée : ne surtout pas le porter au soleil : les rayons solaires sur le menthol, ça donne une sensation de brûlure insupportable ! Le SPF est sans doute à considérer en raison de l'épaisseur de la texture, mais ne semble pas contenir de filtres solaires, et vraiment, il vaut mieux éviter de le porter au soleil !

 

 

Un mascara ricils volum'express de Gemey-Maybelline que j'aimais beaucoup, bon effet volumateur, type de brosse que j'aime, mais surtout couleur noire bronze qui n'existe plus et qui était très sympa, tirant bien sur le bronze. Dommage, j'aurais racheté sinon.

 

 

 

Les classiques papiers matifiants que j'utilise au quotidien pour une retouche à mi journée : ici ceux de la marque Adopt' (by réserve naturelle) : ils sont très peu chers (moins de 2 euros la boite de 50) mais pas pratiques à sortir du carton. Mais vu le petit prix, j'ai fait un stock lorsque j'ai trouvé une boutique Adopt' sur ma route.

 

 

 

 

Fini pour cette fois, rdv le mois prochain :-)

 

 

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Jupe et pantalon - Julie Moulin

30 Mai 2016, 14:21pm

Publié par Laure

Jupe et pantalon - Julie MoulinUn parti pris très original pour ce premier roman, qui passe … ou qui casse. Le récit de la première moitié est mené par les membres du corps d'Agathe, ses jambes essentiellement, prénommées Marguerite et Mirabelle pour l'occasion, mais aussi Babette, son postérieur, ou encore Camille, son cerveau, qui nous narrent la vie de leur propriétaire de sa naissance à son burn-out la trentaine venue.

La seconde partie redonne un prénom à l'être dans son entier (Agathe) et se fait plus classique pour analyser et décrire les suites de cette crise tant physique que psychologique.

 

Premier roman paru à la rentrée de janvier 2016, il fait donc partie de la sélection lue par le groupe des 75 doux dingues auquel j'appartiens, et les lecteurs sont divisés : ce livre, je crois qu'on l'aime ou qu'on le déteste. J'avais bien noté que la première partie tombait des mains de beaucoup, mais qu'il fallait persévérer, que la seconde rachetait largement l'ensemble, au point de basculer vers le ravissement.

 

Effectivement, j'ai détesté la première partie, que j'ai trouvée ennuyeuse et sans intérêt malgré son originalité de point de vue. Mais j'étais décidée à poursuivre, tout en m'interrogeant : quand bien même la situation basculerait, peut-on vraiment aimer un roman dont on a détesté les 150 premières pages ? La suite justifierait-elle à ce point de changer d'avis et d'apprécier alors d'un œil neuf le début ? J'y ai cru un instant, mais lorsque le fond du roman en est venu à aborder le thème archi rebattu de peut-on être une femme accomplie si l'on n'est pas mère, comment concilier travail, performance, vie de famille, maternité et féminité.. Crise de couple et amant de passage pour faire passer le tout, n'en jetez plus, tout cela pour ça ... Je l'ai fini très agacée.

 

Pourtant il y avait quelque chose de novateur dans l'idée, mais le risque pris n'a pas su me séduire.

Ce roman m'a déplu autant qu'il en a réjoui beaucoup : à vous de jouer pour vous faire votre propre opinion ?

 

 

68 premières fois 2016

 

 

éd. Alma, février 2016, 297 pages, prix : 18 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Alma

 

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Le monde sensible – Nathalie Gendrot

26 Mai 2016, 09:11am

Publié par Laure

Le monde sensible - Nathalie Gendrot

Delphine, la narratrice, dans un récit à la première personne, raconte sa rencontre amoureuse et l’hospitalisation qui a suivi après un accident en traversant un carrefour pour aller rejoindre son amant.

 

La partie la plus importante du roman est celle de l’hospitalisation, où Morphée et morphine se côtoient dans le déroulement des jours et des nuits de Delphine, qui tient des propos parfois décousus, en proie à l’hallucination opiacée.

 

Mesurer sa douleur sur une échelle de 1 à 10 est un fait qui rythme ses journées et qui trouve un drôle d’écho dans l’émission « Des chiffres et des lettres » que sa voisine de chambre écoute à la télé. S’y mêlent aussi des formules chimiques, celles des substances qu’on lui instille et notamment la morphine.

 

Le propos est parfois déroutant mais également fascinant tant il semble bien retranscrire une possible réaction sous antidouleurs de ce type. De la salle de réveil en soins intensifs au retour à la maison chez ses parents (elle a besoin d’une longue convalescence), c’est le parcours du corps et de l’esprit qui est décrit, tout comme le monde hospitalier avec ses protocoles et ses agacements.

 

Intéressant, bien écrit, souvent surprenant (je trouve qu’il n’est pas si facile de comprendre l’accident immédiatement si l’on n’a pas lu la quatrième de couverture ou d’autres critiques avant), ce premier roman est original et fascine par son exploration de l’hallucination qui se traduit par une écriture parfois déconstruite et fantasmagorique.

 

p. 49/50 : « Les infirmières m’avaient demandé où se situaient ma douleur, sur une échelle de 0 à 10. « 0 ça veut dire pas mal du tout et 10 c’est la douleur la plus intense possible. » J’avais le choix entre dix chiffres, onze en comptant le zéro. Zéro est l’ailleurs du corps, celui qui ne sent pas. La non-douleur, la paralysie, la tétanie, l’insensation : tout un monde s’ouvre derrière ce zéro. C’est le monde insensible. A partir de 1, on passe de l’autre côté, celui qui perçoit, qui sent. De 1 à 10, on fait le tour du monde sensible. »

 

p. 73 : « Morphine ne fait pas mourir la Douleur, elle oblige à regarder ailleurs. »

 

 

Pour les Sarthois, Nathalie Gendrot sera samedi 28 mai 2016 à la Librairie L'Ancre des Mots à Sablé sur Sarthe, à partir de 15h.

 

Ed. de l’Olivier, janvier 2016, 183 pages, prix : 16 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © cedric©scandella.fr / et éd. de L’Olivier

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