Les jardins d'Hélène

Retour sur l’année 2017 en lectures…

1 Janvier 2018, 08:24am

Publié par Laure

Voici venue l’heure du rituel : le bilan annuel de lecture, qui au fond, n’a jamais vraiment de sens, sinon de servir de repères qui rassurent ou rallient au groupe des boulimiques de lecture autoproclamés. Attention à l’indigestion 😉

 

Il me permet de réaliser que je n’ai pas retenu grand-chose de ce que j’ai lu cette année, comme tous les ans d’ailleurs (ne vaudrait-il pas mieux lire moins mais que ce soit plus essentiel ?), qu’aucun roman de littérature générale n’a obtenu les sacro-saintes 5 étoiles, je deviens donc de plus en plus difficile, et si je n’ai pas toujours boudé mon plaisir, les vraies découvertes et les « waouh » le furent davantage en essais, en BD et en ados/jeunesse. Est-ce à dire que ce sont des domaines plus audacieux que le vaste jeu romanesque du divertissement toujours plus commercial ?

 

Allez, des chiffres ….

 

J’ai lu cette année 119 livres (contre 106 en 2016), je ne compte pas bien évidemment les albums enfants et les courts romans jeunesse type premières lectures, tout ce qui prend globalement moins de 30 minutes de lecture.

 

Je n’en ai chroniqué que 65, 54 sont donc restés pour moi seule. Souvent par paresse pure. Je lis avant tout pour mon plaisir, pas pour rédiger des devoirs que je m’infligerais toute seule ! Ceci dit il y a plus de 65 chroniques sur le blog cette année puisque je ne m’interdis pas d’y commenter des albums jeunesse que je ne comptabilise pas mais que j’ai aimés (vous suivez ?)

 

119 livres, qui représentent 23 romans français, 13 romans étrangers, 10 romans ados, 8 romans jeunesse plus conséquents que la petite demi-heure de lecture, 10 polars / thrillers, 20 essais / docs (année concours oblige peut-être), 29 BD adultes, 5 BD jeunesse, 1 doc ados.

 

Ces 119 titres ont représenté 25451 pages, et si je les avais achetés, il m’en aurait coûté 1947,72 €. Mais je n’ai déboursé que 135,80 €, tout le reste provient d’emprunts en bibliothèques publiques, de (quelques) services de presse, de jurys littéraires et d’amis, cadeaux ou voyages.

 

 

 

Seuls 4 livres sur 119 ont eu droit au coup de cœur (5 étoiles) : 2 BD, 1 roman ados, 1 essai

 

Par ordre chronologique de lecture parce que je ne veux pas choisir :

 

  • Riad Sattouf, L’Arabe du futur vol. 3, Allary éd. (publié en 2016), non commenté (et j’avais beaucoup moins aimé le tome 2)
  • Jean-Philippe Blondel, Le groupe, éd. Actes Sud junior (publié en mars 2017), parce qu’il est très abouti à tous points de vue.

 

 

 

Parmi les lectures qui valent vraiment le détour, je retiens :

 

En romans français :

  • Les cerfs-volants, de Romain Gary, (première publication en 1980) finalement, la littérature y a que ça de vrai, je souris en voyant mon fils trimballer Dostoïevski dans tous ses bagages

 

En romans étrangers :

  • Dans la forêt, de Jean Hegland, éd. Gallmeister (publié en janvier 2017)

 

En romans ados :

  • Des poings dans le ventre, de Benjamin Desmares, aux éd. du Rourgue (publié en janvier 2017, lu en mars 2017, Pépite roman à Montreuil depuis)

 

En essais :

  • L’urgence culturelle, de Jérôme Clément, éd. Grasset (publié en avril 2016)
  • Des hommes qui lisent, d’Édouard Philippe (en dehors de toute considération politique, je n’y ai même pas songé en l’ouvrant), éd. JC Lattès (publié en juillet 2017)
  • Comment faire lire les hommes de votre vie, de Vincent Monadé,  éd. Payot (publié en mai 2017)
  • Immunisés ? de Lise Barnéoud, éd. Premier parallèle, publié en août 2017

 

Et quelques bonnes BD du côté de Lupano / Itoïz / Cauuet, Lou Lubie, Radice / Turconi ….

 

 

 

Croire qu’il y aura du très bon en 2018, qu’il soit à venir ou d’un siècle passé, c’est la découverte qui réjouit et enchante, et je vous en souhaite beaucoup, des enchantements.

 

 

Je vous souhaite à tous une bonne et heureuse nouvelle année, les pieds sur terre et la tête dans les livres que vous choisirez, vous.

 

 

 

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Décembre 2017 en couvertures ...

31 Décembre 2017, 21:25pm

Publié par Laure

En décembre, j'ai lu :

 

(une semaine de vacances a bien aidé...)

 

Les couvertures sont cliquables quand elles renvoient à un billet. Pour rappel, je ne reprends pas les albums et très courtes lectures jeunesse que vous pourrez retrouver dans les index adéquats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                       

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                            

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En décembre, j'ai vu :

 

 

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Cet autre amour - Dominique Dyens

30 Décembre 2017, 20:53pm

Publié par Laure

En février 2013, le mari de la narratrice fait un malaise, pour lequel elle le croit mort. Même s’il s’en sort sans séquelles, plus rien n’est comme avant pour elle ; sur son conseil, elle entame alors une psychanalyse. Elle sera très vite troublée par « cet autre amour » qu’elle éprouve de manière viscérale et incontrôlable pour son thérapeute.

Dominique Dyens décrit ici le phénomène du transfert en psychanalyse et en quoi il est nécessaire à la cure.

 

J’avoue avoir été gênée assez vite dans le texte, tant celui-ci paraît autobiographique. J’étais habituée aux romans plus fictionnels de l’auteure, je ne voulais pas de cette intimité bien trop personnelle qui me plaçait en voyeuse, mais l’élégance de l’écriture et l’analyse du processus, la brièveté sans doute aussi du texte, lui donnent davantage valeur d’étude, assez fascinante et intéressante, quand bien même on ne se sent pas d’atomes crochus avec la psychanalyse. Elle s’en explique d’ailleurs à la fin de l’ouvrage, s’interroge sur ce positionnement et décrit bien son rapport à l’écriture à ce moment-là.

 

L’analyse des sentiments, les interrogations tout au long du cheminement, la pudeur malgré tout, la construction et l’écriture ne peuvent que laisser place à l’admiration. Cet autre amour est un roman d’introspection, peu importe à vrai dire que ce soit l’histoire de son auteure ou non, ce pourrait être celle de tout un chacun, c’est bien ici la forme et son message qui l’emportent.

 

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

Les romans de Dominique Dyens sur ce blog :

- Éloge de la cellulite et autres disgrâces (2006)

- Délit de fuite (2009)

- Intuitions (2011)

- Lundi noir (2013)

 

 

 

Robert Laffont, août 2017, 234 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-221-19745-5

 

 

 

 

Crédit photo couverture : © la petite robe noire 2, huile sur MDF, by Edward B. Gordon / et éd. Robert Laffont

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Chacune de ses peurs – Peter Swanson

29 Décembre 2017, 17:44pm

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie-France de Paloméra

 

 

Kate Priddy échange son appartement de Londres pour six mois avec celui de son cousin Corbin Dell à Boston, cousin qu’elle n’a jamais rencontré. Victime d’un ex petit ami psychopathe, elle souffre d’attaques de panique et cela lui fera du bien de changer d’air et de quitter un peu le domicile de ses parents où elle s’est réfugiée.

 

Alors qu’elle arrive dans l’immeuble, elle apprend le décès d’Audrey Marshall, sa voisine de palier, qui vient d’être assassinée. Son cousin Corbin serait-il soupçonné ? Et que cache ce curieux voisin d’en face, Alan Cherney, voyeur obsessionnel ?

 

Si le début se veut assez lent et pose les bases psychologiques des personnages calmement, une réalité plus sordide va vite prendre le dessus. De facture assez classique – fausse piste qui sème le doute et le suspens, retournement de situation – le dénouement se construit assez aisément toutefois, les pièces du puzzle s’agencent les unes après les autres de manière assez transparente.

 

Si ce polar n’a rien d’exceptionnel, il est propre et fonctionne bien : il maintient la tension le temps d’arriver à une conclusion évidente : les gentils s’en sortent plus forts et les méchants meurent. (On doit pouvoir dire cela d’à peu près n’importe quel thriller des beaux quartiers)

 

 

Un bon moment de détente pour le genre, une fois de temps en temps c’est divertissant.

 

 

J’ai aimé les allusions aux lectures des personnages, souvent mainstream mais qui posent le cadre, avec Gone Girl notamment (Les apparences, de Gillian Flynn), même si l’élève n’égale pas le maître.

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018, catégorie Policier

 

 

 

 

 

Calmann-Levy, septembre 2017, 374 pages, prix : 21,90 €, ISBN : 978-2-7021-6027-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Hayden Verry / Arcangel Images / et éd. Calmann-Levy

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Et si l’amour c’était aimer ? – Fabcaro

28 Décembre 2017, 15:03pm

Publié par Laure

Sandrine est heureuse en ménage avec Henri, mais elle tombe sous le charme du livreur de Speed Macédoine, Michel, musicien dans un groupe de rock par ailleurs.

 

« Tout à coup, Sandrine sentit tous ses sens s’enflammer tel un incendie se propageant dans la forêt de son corps… Le regard de cet homme, noir comme une nuit sans lune, la magnétisait tel un aimant dont elle ne pouvait se détacher… »

 

Alors Sandrine trompe Henri avec Michel, après des soirées ininterrompues de macédoine au dîner (« la macédoine est un symbole phallique », sic), ce dernier finit par l’apprendre, ah la bienveillance des potes !  « Mais oui, c’est vrai, vous avez raison, mes amis de l’amitié ».

 

 

J’avais découvert Fabcaro avec Zaï zaï zaï zaï que j’avais adoré, et je suis un peu moins emballée cette fois, même si l’on retrouve bien le côté complètement barré de l’auteur, un grand n’importe quoi qui part dans tous les sens, au énième degré de l’absurde.

 

On notera le travail graphique et stylistique qui parodie avec succès les romans photo et les romances Harlequin des années 1980.

 

100 % décalé.

 

 

 

Éditions 6 pieds sous terre, octobre 2017, prix : 12 €, ISBN : 978-2-35212-135-0

 

 

 

Crédit photo couverture : © Fabcaro et éd. 6 pieds sous terre

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Jusqu’à la bête – Timothée Demeillers

27 Décembre 2017, 15:05pm

Publié par Laure

Erwan travaille au ressuage dans un abattoir industriel de la périphérie d’Angers, une étape qui consiste à refroidir la température d’une bête fraichement abattue pour que sa viande atteigne une qualité propice à une bonne consommation. Sa vie entière est rythmée par la cadence des carcasses qui arrivent sur le rail, et qu’il pousse l’une après l’autre. L’odeur du sang, le froid permanent font de son métier une horreur. Sa seule lueur d’espoir est dans sa relation avec Lætitia, la jeune intérimaire d’un été….

 

Quand s’ouvre le roman, raconté à la première personne, Erwan est en prison depuis deux ans, il lui reste encore seize ans à tirer. Le tic de la pendule a remplacé le clac de la chaine de l’abattoir, la vacuité des propos des émissions de télé celle des blagues sexistes de l’usine. C’est donc qu’il y a eu drame, puisqu’Erwan en est là, mais lequel, et pourquoi ?

 

C’est tout l’objet du récit qui y conduira. Dans une langue rythmée, scandée par les clacs de la chaine, qui parfois se déstructure, s’accélère, s’étire alors que les premières phrases étaient très courtes, c’est le travail comme moteur destructeur d’une vie qui est dénoncé. Il y est question d’abattage industriel, dans des conditions difficiles, mais le contexte pourrait être autre, c’est la cadence, la déshumanisation du travail qui font œuvre ici. L’administration froide et inhumaine qui détruit au motif d’une production toujours plus rapide, l’origine sociale qui détermine, l’ambition qui éloigne quand les cœurs se rapprochent, le monde du travail qui broie l’humain jusqu’à ce qu’il redevienne une bête et se comporte comme telle.

 

Dérangeant mais si réel…

 

 

 

Asphalte éditions, août 2017, 149 pages, prix : 16 €, ISBN : 978-2-918767-71-8

 

 

 

Crédit photo couverture : © Dan Chung / Arcangel Images / et Asphalte éditions

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Edelweiss – Cédric Mayen (scénario) et Lucy Mazel (ill.)

26 Décembre 2017, 15:05pm

Publié par Laure

Edmond et Olympe se rencontrent après-guerre. Olympe est une femme indépendante, qui travaille et vit seule, ce pour quoi elle a dû demander l’autorisation de son père, car c’était audacieux pour l’époque.

 

Edmond est ouvrier chez Renault, ce qui est loin d’être un parti suffisant pour le père d’Olympe.

 

Mais Olympe est tenace ; tout comme elle est passionnée par la montagne, et comme sa tante Henriette l’a fait avant elle, elle rêve d’escalader le Mont Blanc.

 

En mars 1950, Edmond fait son service militaire chez les chasseurs alpins, l’école militaire de haute montagne, le père d’Olympe n’y est pas étranger, c’est sans doute mieux que l’Indochine dont son cousin Honoré reviendra amoché.

 

En signe d’amour, Edmond cueille un edelweiss qu’il envoie à sa bienaimée Olympe, geste sacrilège, mais quand on aime ….

 

 

Je n’en dirai guère plus sous peine de trop dévoiler de l’intrigue, mais les épreuves n’épargneront pas le jeune couple ni leur famille et amis.

 

Le personnage d’Olympe est fort, toujours avant-gardiste, elle se débat avec les conventions sociales prônées par son père, elle est libre et déterminée, audacieuse, courageuse, têtue. Edmond tente souvent de la raisonner mais par amour se surpassera bien au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

 

Une très belle histoire d’amour et d’affranchissement des conventions sociales, qui donne tout pouvoir à l’affirmation de soi et à la poursuite de ses rêves et de ses idéaux.

 

Si l’on se laisse porter par le scénario et le dessin, dans de beaux fondus de couleurs et quelques très belles pleines pages qui rythment l’avancée du récit, on a bien du mal à retenir une petite larme à la fin. Touchant et réussi, même quant a priori, on ne s’intéresse pas du tout à l’alpinisme !

 

 

 

Vents d’Ouest, juillet 2017, 89 pages, prix : 17,50 €, ISBN : 978-2-7493-0814-2

 

 

 

Crédit photo couverture : ©Lucy Mazel et éd. Vents d’Ouest

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Tango fantôme – Tove Alsterdal

24 Décembre 2017, 15:54pm

Publié par Laure

Traduit du suédois par Emmanuel Curtil

 

 

La veille de la nuit de Walpurgis, qui marque la fin de l’hiver en Suède, une femme tombe de son balcon du 11ème étage. La police conclut assez vite à un suicide, mais sa sœur, Hélène Bergman, est dubitative, même si elle avait coupé les ponts depuis longtemps.

 

Leur mère, Ing-Marie Sahlin, a disparu en novembre 1977 ; les deux enfants, Camilla (qui se fera appeler Charlie plus tard) et Helene avaient alors 5 et 3 ans. L’enquête d’Helene va la mener en Argentine, car il semblerait que sa sœur y soit allée en quête de leur mère très peu de temps auparavant.

 

Une intrigue policière un peu hors norme, au rythme lent mais au contexte très fouillé, qui fait une large place à la guerre sale et au terrorisme d’Etat dans les années 1980 dans les pays d’Amérique du Sud. C’est aussi un roman sur les relations mère-fille, et sur la place de la mère au cœur d’une famille. Qu’il s’agisse d’Ing-Marie, de Charlie ou d’Helene, leur parcours est complexe.

 

Les faits historiques dénoncés, l’intrigue au long cours qui mêle les temps entre l’Argentine et Jakobsberg, de 1977 à 2014, et qui s’étend au-delà géographiquement, sont riches et intéressants.

 

Un roman vers lequel je ne serais pas allée spontanément mais qui se révèle être une bonne surprise.

 

Sans être un coup de cœur, je ne regrette pas ma lecture, malgré des ramifications qu’il est parfois un peu difficile de suivre. Les personnages secondaires sont nombreux mais ont tous leur importance également.

 

 

L’ampleur du roman est ambitieuse, mais maitrisée.

 

 

p. 109 : « Mais après tout, que savait-elle de Charlie ?

Une pensée : la vie d’une personne ne se trouve pas dans ce qu’elle laisse derrière elle mais dans ce qu’elle choisit de cacher. »

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018

 

 

 

 

Rouergue noir, octobre 2017, 474 pages, prix : 23,50 €, ISBN : 978-2-8126-1447-7

 

 

 

Crédit photo couverture : © Plainpicture / robertharding / Lee Frost / et éd. du Rouergue.

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Le loup en slip se les gèle méchamment – Lupano / Itoïz / Cauuet

20 Décembre 2017, 09:51am

Publié par Laure

Au scénario : Wilfrid Lupano, au dessin et à la couleur : Mayana Itoïz, avec la participation amicale et artistique de Paul Cauuet (sic)

 

 

C’est l’hiver, et en hiver il fait froid. « Dans la forêt, on le sait, quand la neige est là, il fait un froid de ouf ». Le ton est donné.

 

Mais l’hiver, quand on y est préparé, c’est plutôt sympa : on mange des fondues, on met des doudounes, on fait du ski, etc. Les commerces de meules de fromage et de miches de pain tournent à plein régime. Alors pourquoi monsieur loup est-il grincheux, bougonnant à qui l’interroge : « Non ça va pas, on se les gèle ! »

 

Ah... mais on se gèle quoi ? avec son super beau slip, il ne devrait pas avoir froid monsieur le loup. Si c’était les pieds ? demandons à la chouette de lui tricoter des chaussettes, puis un bonnet pour les oreilles. Mais ça ne s’arrange pas, et pire, les petits animaux porteurs des cadeaux disparaissent. La peur du loup revient, il est temps d’alerter la brigade spéciale.

 

De quiproquos en comique de répétition, la question principale demeure : « au nom de la loi, tu te gèles quoi ? » Les meules, les miches, les noisettes, le double sens est perçu par l’adulte sans basculer trop dans le graveleux, et la morale est sauve, [attention spoiler] il n’était question que de solidarité hivernale : pas question de laisser dormir dehors ceux qui n’ont rien !

 

Les pages de fin (avant dernière et 3ème de couv) reprennent la mise en abyme du théâtre du loup en slip dans les vieux fourneaux, et n’oublient pas une petite pique politico-sociétale bienvenue.

 

Humour et solidarité, un album qui plait autant aux parents qu’aux enfants ! (car avouons-le, ce sont les parents fans des vieux fourneaux qui craquent les premiers)

 

 

 

 

 

Dargaud, novembre 2017, 40 pages, prix : 9,99 €, ISBN : 978-2-5050-7040-5

 

 

 

Crédit photo couverture : © Mayana Itoïz et éd. Dargaud

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Même Dieu ne veut pas s’en mêler – Annick Kayitesi-Jozan

20 Décembre 2017, 09:46am

Publié par Laure

Annick Kayitesi-Jozan a survécu au massacre des Tutsis par les Hutus au Rwanda en 1994. Par une alternance entre passé et présent, elle fait le récit difficile de la barbarie subie, et sa difficulté à vivre aujourd’hui avec ce lourd passé, et comment l’expliquer à ses enfants.

 

Auparavant elle avait déjà perdu son père et sa sœur âgée de 6 ans en 1988 à Bruxelles. En 1994, elle a 14 ans lorsque sa mère est atrocement tuée sous ses yeux et ceux de sa sœur Aline.

 

En 2014 elle a 34 ans, lorsque le Rwanda commémore pendant cent jours les 20 ans du génocide, car celui-ci a duré cent jours.

 

L’alternance des époques rend parfois confuse la lecture.

 

Malgré l’intérêt historique de l’ouvrage, il demeure un témoignage personnel qui a peut-être valeur de thérapie pour son auteure et de mémoire à laisser aux siens, mais qui peine à toucher vraiment son lecteur, du fait de son côté trop personnel (individuel) peut-être.

 

 

 

 

Lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices de ELLE 2018, catégorie Documents.

 

 

 

 

 

Seuil, septembre 2017, 226 pages, prix : 18 €, ISBN : 978-2-02-136669-3

 

 

 

Crédit photo couverture : © Jérôme  Panconi pour la photo de l’auteur / éd. du Seuil.

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