Les jardins d'Hélène

Le livre qui te dit enfin tout sur l’amour – Françoize Boucher

10 Mai 2016, 14:42pm

Publié par Laure

Le livre qui te dit enfin tout sur l'amour - Françoize BoucherLa collection « le livre qui… » de Françoize Boucher chez Nathan ne cesse de grandir, avec cette fois un nouveau titre sur l’amour. Si j’ai parfois trouvé la série inégale, mes préférés restant les deux premiers : Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n’aiment pas lire et Le livre qui t’explique enfin tout sur les parents, celui-ci est plutôt sympa, fidèle au graphisme et à l’humour des précédents.

 

Rose et rouge à profusion (jouons du cliché ?) et touches de noir sont les trois seules couleurs utilisées

 

Une première partie qui occupe les deux tiers du livre est consacrée à l’amour amoureux (et donc la deuxième partie du tiers restant aux amours de toutes formes : les parents, les frères et sœurs, les amis, les animaux de compagnie, les gâteaux, etc.

 

Ça balaye large (on peut tomber amoureux à tout âge, on ne peut jamais savoir combien de temps ça durera, l’amour ne s’achète pas, ce que l’on peut accepter ou pas, etc.) et ça joue agréablement des proverbes à travers le dessin notamment : l’amour donne des ailes, le vertige, peut-on vivre d’amour et d’eau fraiche ?...

 

Humour absurde et déjanté, dessins et mise en page farfelus (en tout cas pas banals), les enfants fidèles de la collection s’y retrouveront, les autres découvriront un genre nouveau et décoiffant.

 

(Pour les 8-11 ans environ)

 

 

Nathan, avril 2016, 112 pages, prix : 10.90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Françoize Boucher et éd. Nathan

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Notre château - Emmanuel Régniez

6 Mai 2016, 08:27am

Publié par Laure

Notre château - Emmanuel RégniezLe début s’ouvre sur un récit à la première personne dont seul l’accord des participes passés permet de comprendre au bout d’un moment qu’il s’agit d’un sujet masculin.

Octave sera nommé plus loin par sa sœur, Véra.

Depuis le décès accidentel de leurs parents (écrasés dans leur véhicule par un bus), Véra et Octave vivent seuls dans la maison familiale, celle dont le père avait hérité d’un ami, avec pour obligation de ne surtout pas l’habiter. Frère et sœur vivent reclus, sans jamais sortir ni voir personne, à l’exception du jeudi pour Octave, qui se rend en librairie pour se ravitailler en lectures pour sa sœur et lui. Leur bibliothèque occupe d’ailleurs une place prépondérante dans le récit.

 

 

Construit de manière très répétitive dans la structure des phrases, avec parfois un changement minime de l’une à l’autre (mais qui fait toute la différence), le texte paraît étrange et lancinant. Tout comme l’atmosphère, et le mystère dramatique qui semble en découler.

 

Si la fin semble donner une explication, le lecteur n’en reste pas moins sur sa faim, si le texte se veut un hommage à la littérature gothique et fantastique (l’auteur cite même ses auteurs de référence à la fin), réussi par l’atmosphère qu’il développe et la scansion des phrases itératives, il y a quelque chose de frustrant je trouve, à ne pas dépasser cette atmosphère (j’aime les réponses et avoir toutes les clés !)

 

Un premier roman qui a le mérite de l’originalité, se rapprochant du roman de genre et sortant de l’ordinaire, qui mérite la découverte mais qui pour autant n’est pas pour moi un coup de cœur.

 

(et si au départ je trouvais la couverture d'une laideur absolue, je dois bien reconnaître après lecture qu'elle fait sens et qu'elle est tout à fait appropriée ! mais vue sur une table de libraire, je ne m'y serais jamais arrêtée. Lu dans le cadre du projet de l'insatiable Charlotte, qui consiste à lire les premiers romans français de l'année 2016)

 

 

68 premières fois

 

 

Le tripode, janvier 2016, 140 pages, prix : 15 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © éd. Le Tripode

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Vivre ensemble – Sylvie Baussier (ill. de Jean-Emmanuel Vermot-Desroches)

5 Mai 2016, 09:28am

Publié par Laure

Vivre ensemble

 

« Le vivre ensemble » est une thématique souvent demandée par les enseignants en bibliothèque : harcèlement, insultes, bagarres, respect du règlement, acceptation des règles et des différences….les livres peuvent aider à accompagner le message.

 

Ce titre-là, qui s’adresse aux plus de 7 ans, a le mérite de balayer une large palette de questions, avec des réponses courtes et simples, mais qui apprennent beaucoup de choses, au niveau des institutions françaises notamment.

 

L’illustration choisie sur la page de titre montre un jeune homme qui laisse sa place assise à une femme enceinte dans l’espace attente d’un hall de gare : vivre ensemble commence déjà par la politesse et le respect de l’autre.

 

Le nombre d’habitants sur Terre (qui ne cessera d’augmenter), le fonctionnement d’un pays, la citoyenneté, la devise française « liberté, égalité, fraternité » sont expliqués.  Qu’a-t-on le droit de faire ou d’accepter, le racisme, le handicap, être connecté au monde sont autant de notions abordées simplement.

 

Les images et la mise en page sont claires et agréables, et même adulte, c’est sympa à (re)lire. Une bonne base pour aller plus loin en discutant ensuite avec les enfants.

 

 

Vivre ensemble : page de titre

 

Nathan, Collection Questions réponses ! 7+, avril 2016, 32 pages, prix : 6.95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © J-E Vermot-Desroches

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Bianca - Loulou Robert

1 Mai 2016, 11:55am

Publié par Laure

Bianca - Loulou RobertBianca a 17 ans lorsqu'elle est hospitalisée en unité psychiatrique pour adolescents, après une tentative de suicide et une anorexie sévère. Elle y restera dix mois, le temps de se reconstruire.

 

L'auteur offre ici un récit vif et moderne d'un mal-être adolescent qui n'a pas forcément de cause connue. Si les autres malades sont là pour des actes de violence ou de maltraitance subis dans l'enfance, qu'est-ce qui conduit à l'anorexie ?

 

Un texte plein de rage et de vie, des rencontres, amoureuses et amicales, un homme figure de père et passeur de vie (le vieil homme atteint d'un cancer avec qui Bianca a sympathisé), un franc parler, on se laisse porter par ce texte facile à lire, qui n'est pas sans rappeler par certains moments Le pavillon des enfants fous de Valérie Valère (1978).

 

Le sujet n'a donc rien de neuf mais il a l'énergie fougueuse du premier roman d'une jeune femme de 23 ans, qui probablement a vécu peu ou prou ce qu'elle écrit.

 

Nul doute qu'être mannequin et fille d'un journaliste lui-même éditeur facilite la mise en lumière d'un roman qui s'il n'est pas mauvais, n'a rien non plus d'extraordinaire. Sans l'aventure des 68 premiers romans saison 2016 initiée par Charlotte, je ne m'y serais sans doute jamais intéressée.

 

 

68 premières fois 2016

 

 

Est-ce que je le conseille ? Aux lecteurs qui me demandent des histoires vraies à la bibliothèque, oui. Peu importe qu'elle en soit une ou non, elle en a le goût, et il n'est pas mauvais. Aux adolescents qui aiment les histoires de vie, pourquoi pas.

 

 

Julliard, février 2016, 306 pages, prix : 19 € (12,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Maxime Cormier et éd. Julliard

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Avril 2016 en couvertures ...

1 Mai 2016, 07:15am

Publié par Laure

En avril j'ai lu :

 

Surtensions - Olivier Norek La tristesse de l'éléphant - Antona / JacqminLa duoleur porte un costume de plumes - Max Porter

 

Un souffle, une ombre - Christian CarayonMarguerite n'aime pas ses fesses - Erwan LarherJukebox Motel - Tom Graffin

 

Paranoïa - Melissa BellevigneSilver spoon tome 11 Bianca - Loulou Robert

 

 

 

 

En avril j'ai vu :

 

Par accident - Camille Fontaine Médecin de campagne - Thomas LiltiLa nouvelle de la classe

 

Love - Gaspar Noé

 

 

En avril j'ai écouté :

 

Loin - Alex BeaupainYou're gonna get love - Keren AnnRenaud

 

 

 

 

 

 

 

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L’inconnu – Luca Tortolini et Daniela Iride Murgia (ill.)

27 Avril 2016, 09:51am

Publié par Laure

L’inconnu – Luca Tortolini et Daniela Iride Murgia (ill.)Dans une nature riche et luxuriante, des animaux sont soudain effrayés par des « hurlements sauvages ». Qu’est-il donc arrivé ?

 

Sur un fond ivoire, entre collages et dessins, les animaux témoignent avec quelque chose de presque humain dans le détail (les yeux, le blush sur les joues) mais de la fantaisie dans l’habillement fait de tissus imprimés variés.

 

Quelle est donc cette chose inconnue qui attise leur peur et leur curiosité tout à la fois ? La chute est adorable, même si on la devine assez vite, on se prend au jeu. On est toujours le sauvage de quelqu’un d’autre, n’est-ce pas.

 

Le travail graphique est remarquable (et la qualité de l’ouvrage papier toujours impeccable chez cet éditeur), fantaisie et douceur dans les couleurs, beauté et richesse du détail dans les personnages, alliance parfaite du texte et de l’image, j’aime beaucoup !

 

feuilleter l'ouvrage : clic

 

Ed. Notari, coll. L’oiseau sur le rhino, avril 2016, 34 pages, prix : 19 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Daniela Iride Murgia et éd. Notari.

 

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Paranoïa - Melissa Bellevigne

25 Avril 2016, 16:30pm

Publié par Laure

Paranoïa - Melissa BellevigneLisa Hernest, psychiatre renommée, est appelée au chevet de Judy Desforêt, une jeune femme souffrant de troubles paranoïaques et d'hallucinations, enceinte de 5 mois, et qui se laisse dépérir.

La psychiatre, atteinte dans sa vie affective par son incapacité à tomber enceinte, est profondément touchée par ce cas.

 

Si l'histoire est bien menée et se lit facilement, j'ai été gênée par plusieurs points.

 

De Lisa on ne saura jamais rien de son métier sinon qu'elle excelle dans les cas complexes et qu'elle est la meilleure de France. C'est un peu simpliste. Sur un sujet aussi fascinant et intéressant, on aurait aimé davantage de précisions : quelques exemples de cas traités par elle, une analyse de la maladie de Judy, hélas sur ce point tout reste très superficiel, comme si l'auteur ne connaissait pas du tout son sujet, ce qui est dommage et frustrant à la lecture.

 

Ses préoccupations de couple et son désir de maternité sont très passe-partout, là encore, ça fonctionne mais c'est un peu facile.

 

L'histoire de Judy m'a paru très enfantine, sans doute du fait de l'ami imaginaire (de fait parvenue à l'âge adulte on attend que l'auteur aille plus loin), et de l'enquête en Angleterre qui pour moi se rapproche de ce que je lisais enfant. Un certain décalage donc entre des personnages adultes, un secret de famille qui mêle enfance, enquête et désir de femme adulte néanmoins, et ce personnage de Lisa qui par le dossier qu'elle rend, donne une réponse à l'affaire, sans jamais l'expliciter. Fantastique ou maladie, le lecteur choisira son camp, ou acceptera la possibilité des deux.

 

La fin ne donne pas de réponse sur le devenir des personnages (pour ma part, je n'aime pas les fins ouvertes). L'auteur se laisse peut-être la possibilité d'une suite ? Encore que, à part l'histoire de couple, je ne vois pas bien ce qu'il pourrait y avoir comme suite.

 

Au final, ce premier roman m'a semblé manquer de maturité, simpliste et superficiel sur les aspects liés à la psychiatrie, enfantin et gentillet sur les aspects « mystérieux ». Mais c'est encore sur la résolution du mystère que cela fonctionne le mieux et donne un roman d'aventures au ton fantastique assez sympathique. Le choix de publier en black moon me paraît un peu ambigu, mais difficile également de le faire rentrer dans un genre en particulier.

 

Prometteur toutefois, la plume ne demande qu'à s’affirmer, et les sujets à être davantage creusés.

 

 

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Hachette, coll. Black Moon, mars 2016, 320 pages, prix : 17 € (11,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : éd. Hachette / Black Moon

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Jukebox Motel - Tom Graffin

19 Avril 2016, 20:36pm

Publié par Laure

Jukebox Motel - Tom GraffinThomas James Shaper a 24 ans quand il décide de quitter le Québec en 1965 pour partir aux États-Unis. Ses parents, producteurs de fraises, sont réticents, surtout son père : « Demande toi pour quel rêve tu nous quittes ». « Dans l'histoire de la famille, je devenais une anomalie : un paysan qui voulait se dépayser ».

 

A New-York, Thomas se concentre sur les collages, qu'il nomme le stick-painting, et sa vie va changer quand il va vendre un prix démesuré quelques toiles, puis rencontrer Johnny Cash dans un bar à Los Angeles. Le chanteur lui demande alors de créer un lieu tranquille pour accueillir les artistes qui ont besoin de se ressourcer. Ce sera le Jukebox Motel, autrement nommé aussi « le diable d'endroit », qu'il construira et tiendra Ted, le propriétaire qui lui cédera les terres et deviendra son ami.

 

Ce qui frappe d'emblée dans ce premier roman, c'est la maîtrise des mots, du jeu qui en est fait, et de la fantaisie omniprésente, tant dans le caractère des personnages que dans la formalisation écrite du pacte amoureux du héros et de sa compagne : le code de l'indamour à lui seul vaut le détour. Nouvelles règles auxquelles on aspire à croire, même si elles ne facilitent pas toujours les choses.

 

Thomas, le sarthamérincois (sarthois – américain – québécois) est peut-être un peu à l'image de Tom, l'auteur, sarthois d'origine : s'ils sont tous un peu frappadingues dans cette histoire, l'auteur lui, maîtrise parfaitement son récit et joue beaucoup avec son matériau : les mots. Il mêle humour, phrases qui font mouche, poésie et chansons, et fait preuve d'une imagination créatrice bluffante pour un premier roman.

 

Sur la route du rêve américain des années 65-70, on en vient même à réécouter du Johnny Cash !

 

Autre originalité de l’œuvre, le roman est proposé avec une bande originale à écouter en ligne (cf le site http://www.jukeboxmotel.fr/), et ma foi, elle est parfaitement appropriée et complète bien l'atmosphère du livre.

 

Un premier roman réjouissant !

 

«  - Du courrier ? Je demande à la réceptionniste

- No, Mister Shaper.

Je m'en vais mourir dans ma Dodge

- Just a telegram

Je lis. Je vis. Je pleure.

Jamie est née le 7 mai 1968. Indamour. Joan. »

 

 

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JC Lattès, mars 2016, 312 pages, prix : 18 € (12,99 € en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Fabrice Petithuguenin et éd. JC Lattès

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Marguerite n'aime pas ses fesses - Erwan Larher

18 Avril 2016, 10:22am

Publié par Laure

Marguerite n'aime pas ses fesses - Erwan LarherMarguerite n'aime pas ses fesses : qui commencerait un roman par une telle phrase, aussi ambiguë d'un point de vue syntaxique ? Ses fesses : lesquelles, les siennes propres ou celles de son mec, ou celles d'une copine, ou celles de n'importe qui ?

 

En plus de ne pas aimer ses propres fesses, Marguerite a un mec pas très fréquentable mais elle n'y voit goutte, une mère complètement libérée qui jouit de la vie (et des hommes), mais Marguerite est aussi en manque de père et en quête d'elle-même. Aussi va-t-elle se découvrir peu à peu au contact d'Aymeric Delaroche de Montjoie (DDM pour faire court), ancien président qu'elle rencontre quotidiennement pour écrire ses Mémoires, et il faut faire vite, car la mémoire, il la perd.

 

J'ai été sceptique sur les 50 premières pages, parce que dérangée sans doute : Jonas, le compagnon de Marguerite est absolument détestable (et les scènes liées à ses obsessions sexuelles sont nombreuses), et cela me semblait bavard et creux, jusqu'à ce que je tombe sur cette phrase : « Tout se mélange en continuum fadasse, chaque journée ressemble à la précédente, la suivante les copie, fainéante. Seuls changent les épiphénomènes, les petites phrases des personnalités médiatiques, les lieux des conflits et la température extérieure. Sinon, c'est le même bout de chemin vers rien, choisir ses vêtements, interviewer le vieux, voir ses copines ou pas, y'a quoi à la télé ce soir ? » (p.63)

 

Ce rien qui occupe les journées de Marguerite, n'est-ce pas ce que l'auteur est en train de me décrire depuis le début ? Et quand quelques pages plus loin je suis tombée sur le salon du Livre du Mans (voir photo cliquable plus bas), « ma » 25ème heure (j'étais peut-être moi-aussi à la table derrière !), et sur une réflexion aussi drôle que juste sur les auteurs, les blogs et la lecture, je suis passée de « à cran » à « accro », en tous les cas loin des écrans.

Et je n'ai plus lâché le roman, que j'ai dévoré d'une traite (voilà à quoi sert le dimanche).

 

J'ai aimé la critique politique (et à quoi tient vraiment le pouvoir), j'ai aimé reconnaître plusieurs présidents en un seul, j'ai aimé le personnage foutraque de la mère, le réalisme des copines, l'évolution de Marguerite (à qui on crève d'envie d'ouvrir les yeux sur son mec), l'intrigue policière légère qui ajoute du piment à l'affaire (et d'intéressants personnages secondaires), bref, j'ai aimé l'ensemble, avec un seul regret sur la fin, mais ça c'est parce que je déteste les fins ouvertes. Je ne veux pas qu'on me laisse imaginer ce qui va se passer, en bien ou en mal, je veux qu'on me le dise. Parce que des hypothèses j'en ai, évidemment, mais rester dans le doute me laisse insatisfaite.

 

Dérangeant, engagé, moderne et décrivant avec réalisme une époque, avec ce qu'il faut de fantaisie et de jubilation pour le lecteur, Marguerite n'aime pas ses fesses tient toutes ses promesses. Foncez si vous aimez être bousculé !

 

Et vous savez ce qu me réjouit ? C'est que je n'ai pas encore tout lu d'Erwan Larher.

 

Sur ce blog également :

- l'Abandon du mâle en milieu hostile

 

 

Quidam éditeur, avril 2016, 252 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Hugues Vollant et Quidam éd.

Marguerite n'aime pas ses fesses - Erwan Larher

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Un souffle, une ombre - Christian Carayon

14 Avril 2016, 19:53pm

Publié par Laure

Un souffle, une ombre - Christian CarayonÉté 1980, dans un village du sud du Massif Central. Quatre amis, deux filles, deux gars, jeunes adolescents, obtiennent la permission de leurs parents d'aller camper sur l’îlot du lac de basse-Misère. Ils seront de retour le lendemain matin à 10h, promis juré. Le lendemain, c'est une vraie boucherie que les parents découvriront, une seule survivante, dans le coma puis atteinte à vie au point de ne pouvoir parler, et les trois autres enfants assassinés et atrocement mutilés.

 

Marc-Edouard Peiresoles, professeur d'histoire à l'université de Toulouse, avait 10 ans à l'époque, et ce drame l'a marqué énormément, une peur insidieuse profondément ancrée en lui pendant de longues années. Même si un homme a été arrêté, certains le pensent innocent, et Marc-Edouard va se replonger dans l'enquête avec notamment l’abondante documentation d'un journaliste de l'époque.

 

Le prologue annonce la fin du roman (ou du moins le pense-t-on à ce moment-là), il s'agit donc d'un whodunit classique, où on va dérouler les éléments pour arriver au résultat : pourquoi et comment ?

 

Le récit est à la première personne quasi tout le long, et s'attache à décrire avec précision les lieux, les personnages, les intrigues secondaires (la vie universitaire et amoureuse du personnage principal). Si c'est intéressant et bien construit, ça n'en est pas moins interminablement long. J'ai failli abandonner ma lecture, et me suis accrochée parce que d'autres lecteurs annonçaient une deuxième moitié plus dynamique. Roman d'atmosphère, qui prend son temps, trop sans doute. On est tenté de survoler, on ne sait plus trop qui est qui, et le ressort tant attendu semble un peu sorti de nulle part. Soudain à la 3ème personne, il vient casser le rythme mais soit j'ai lu trop vite ce qui précédait, soit je n'ai pas compris comment Marc-Edouard en arrivait là, à ce récit extrêmement précis des faits. Comme il rétorque à un professeur qui met en cause ses théories sur la morale des soldats pendant la guerre 14-18, quand on n'a pas de documents l'attestant, on imagine.

Cette fin est-elle satisfaisante pour autant, que remet-elle en cause si ce n'est la paix intérieure retrouvée du narrateur ?

 

Si l'ensemble est bien fait malgré tout, je ne peux que regretter mon ennui à la lecture, mon envie de sauter des pages, de secouer le coco comme dirait … Au moins je ne peux lui reprocher cette surenchère de rebondissements tous plus invraisemblables les uns que les autres que je trouve souvent dans les thrillers contemporains, mais on est ici un peu à l'autre extrême. Dommage.

 

 

Fleuve noir, avril 2016, 552 pages, prix : 20,90 € (14,99 en numérique)

Etoiles :

Crédit photo couverture (fort jolie d'ailleurs) : © éd. Fleuve noir

 

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