Les jardins d'Hélène
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Les élections – Sylvie Baussier et Maud Riemann (ill.)

9 Mars 2017, 15:50pm

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Publié par Laure

Voici un titre qui tombe à propos, à quelques semaines des élections présidentielles en France.

L’album répond de manière simple à des questions telles que « qu’est-ce qu’une élection ? faut-il réfléchir avant de voter ? Est-on obligé de voter ? (Dans certains pays oui !) Les élus reflètent-ils toute la population ? A quoi sert un maire ? Les élections sont-elles toujours justes ? », et ainsi de suite.

Idéal pour répondre aux questions des enfants qui nous entendent parler politique et élections à la maison !

 

La mise en page est claire et aérée, les illustrations simples mais parlantes (et efficaces pour les infographies notamment). Un lexique reprend l’ensemble du vocabulaire spécifique à la fin.

 

Une seule remarque sur le quinquennat : à la question « est-ce que le Président reste longtemps en poste ? » l’auteur répond : « il est élu pour cinq ans. Il peut être réélu une fois, pas plus. C’est arrivé à François Mitterrand (1981-1995) et à Jacques Chirac (1995-2007) ». J’attends le petit malin qui me dira que deux fois cinq font dix, il manque donc peut-être une ligne pour expliquer le passage du septennat au quinquennat.

A part cela, c’est parfait !

 

Nathan, collection Questions ? Réponses ! 7+ n° 46, mars 2017, 32 pages, prix 6.95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Maud Riemann et éd. Nathan

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Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite – Camille Emmanuelle

4 Mars 2017, 07:30am

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Publié par Laure

Camille Emmanuelle est journaliste et spécialiste des questions de sexualités et des cultures érotiques. Pendant un temps de vaches maigres, elle a écrit des romances, ce genre nouveau qui n’est autre que du roman sentimental érotique. Le « mommy porn », comme l’a lancé le déferlement numérique de Fifty Shades of Grey et l’engouement des lectrices. Les éditeurs, pas idiots et sentant le bon filon commercial, ont suivi.

 

C’est donc sous pseudonyme qu’elle a signé pour des séries de romance, extrêmement codifiées.

 

Dans cet essai, elle détaille avec humour et précision le mécanisme sidérant, contraignant - et qui va à l’encontre de l’émancipation des femmes- du cahier des charges exigé par certaines maisons d’édition.

 

De manière légère mais précise et fine, Camille Emmanuelle s’adresse à une lectrice imaginaire, qu’elle appelle Manon, consommatrice de romances, et lui explique les dessous du genre, et comment on la prend clairement pour une idiote.

 

Difficile de ne pas surligner tous les paragraphes, tant j’ai adoré cet ouvrage.

 

Essayons de rester dans la limite du raisonnable et du court extrait :

p. 13 : « Ces romances, qui remplissent de plus en plus les rayonnages des librairies et des supermarchés, sont nocives. Pas uniquement à cause de leur style, pauvre et formaté. Elles sont surtout nocives dans les messages qu’elles véhiculent sur le couple, l’amour et le sexe. Si la presse féminine, elle, dicte aux femmes comment être belle, mince, naturelle et branchée, les romances, elles, fabriquent des fantasmes prêts à consommer. Des fantasmes qui restent dans les clous et s’inscrivent dans le cadre d’une relation homme-femme ultra-traditionnelle. Lectrice type – toi, Manon -, tu dois mouiller ta petite culotte, mais il ne faudrait pas non plus que tu t’émancipes. »

 

Et là j’entends bien le discours type de la lectrice de romances (j’entends le même au travail tous les jours, de celles qui veulent du léger, facile, qui fait du bien le soir quand elles sont fatiguées) :

p. 14 : « tu vas me dire, Manon, que tu t’en fous, de tous ces propos féministes, que toi, tu veux juste passer un bon moment et t’évader. Il faut rêver, bien sûr. Mais peut-on rêver, s’amuser, s’évader, s’exciter, sans que l’on nous impose un modèle de couples, de femmes, d’hommes, de sexualité rétrograde ? »

 

Chaque personnage a sa fiche Excel, sa blessure secrète, la femme est toujours jeune stagiaire ou étudiante, l’homme est toujours milliardaire, et tout reste toujours propret, surtout le sexe, décrit de manière évanescente. Une sexualité à la Barbie et Ken. Et on n’oublie pas le placement de produit, marques de luxe à gogo tant qu’à faire.

 

Mais l’auteur a de la culture, et ne manque pas de rappeler les classiques de la littérature érotique, et pour les contemporains, tous les titres parus notamment chez La Musardine, avec entre autres la collection « Osez (20 histoires de …) », et des auteurs comme Esparbec ou Octavie Delvaux.

 

p. 123 : « Les romances s’arrêtent là où commence le quotidien, juste après le mariage. » La suite est hilarante et vous ne manquerez pas d’avoir, et ce tout au long du livre, le sourire jusqu’aux oreilles. Enfin un bouquin intelligent, et plein d’humour, ce qui ne gâche rien !

 

Et cerise sur le gâteau, il m’a permis de découvrir à la fois une auteure à la bibliographie attrayante et une collection chez un petit éditeur indépendant qui propose d’autres titres tout aussi attirants sur des sujets très différents. Double réussite, donc.

 

 

Les échappés, février 2017, 144 pages, prix : 13.90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Dessin de Coco – conception graphique : Nicolas Trautmann – éditions Les échappés.

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Samedi – Ian Lendler, ill. de Serge Bloch

3 Mars 2017, 10:14am

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Publié par Laure

Samedi - Ian Lendler et Serge BlochAh ! l’approche du week-end ! Le samedi, c’est super, on reste à la maison, on va réveiller ses parents (qui sont moins ravis) et on passe du temps ensemble, à lire, à jouer, à manger, à faire des bêtises, et à accomplir quelques corvées d’entretien de la maison et du jardin.

 

Essentiellement dans des tons bleu, rouge et saumon, les illustrations montrent bien la fantaisie, la facétie des enfants ou la résignation des parents.

 

Un album drôle sur le temps passé en famille, et sur le décalage entre le point de vue des enfants et celui des parents. Et quand on est triste parce que le samedi s’achève, pas de souci, le lendemain c’est dimanche, et on recommence !

 

Parfait si vous êtes des parents qui travaillent du lundi au vendredi, si comme moi vous travaillez tous les samedis toute la journée, ça tombe un peu à plat, mais vos enfants savent déjà qu’ils n’ont pas forcément le même rythme que les copains. Quel que soit le jour, on a tous connu ces moments partagés et c’est tant mieux :-)

 

 

Nathan, mars 2016, 32 pages, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Serge Bloch et éd. Nathan

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Havre nuit – Astrid Manfredi

2 Mars 2017, 09:17am

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Publié par Laure

Havre nuit - Astrid ManfrediLe soir du 31 décembre, une étudiante rentre au Havre après s’être fâchée avec ses parents. Elle prend un auto-stoppeur sur une aire d’autoroute. Ils s’arrêtent à la fête d’une copine de la conductrice. Puis elle rentre chez elle, seule, complètement ivre. Le lendemain, elle apprend à la télé que la fille de la veille, Estelle, a été assassinée à Deauville. Dans la foule derrière, elle reconnaît son auto-stoppeur.

 

Le roman remonte ensuite le fil des histoires de deux personnages complexes et sombres : Laszlo Kovac, le meurtrier, et Alice Casabelle, la flic.

 

Laszlo n’a été ni désiré ni aimé par sa mère, qui ne s’est jamais remise de la mort de son compagnon, père de Laszlo, qui s’est tué dans un accident de moto, collé à sa maîtresse.

 

Alice, elle, ne s’est jamais remise du suicide de sa mère malade.

 

Les deux se sont rencontrés, auraient pu s’aimer, mais la violence, brute, intérieure et extérieure, en a décidé autrement.

 

Une fois encore, Astrid Manfredi livre un roman noir, dérangeant, qui met en avant ce que la société a de plus sombre. Ses personnages communiquent par meurtres interposés, lesquels sont d’une cruauté rare, esquissée en une ou deux phrases mais lourdes de sens. La folie n’est jamais loin.

 

Dans son premier roman déjà, la petite barbare, c’est son écriture, percutante, qui m’avait accrochée. Ici encore, c’est le style qui attrape, cette deuxième personne qui interpelle, et ce « je » anonyme du départ qui prendra sa place à la fin, ce détachement pour décrire la violence de la société.

 

J’apprends par mon libraire qu’il s’agit en réalité d’une trilogie sur les violences urbaines, dont nous attendons donc le troisième titre. Il en ressort néanmoins ce point commun du travail intéressant sur l’usage de la langue et sur l’analyse pointue de la psychologie des personnages. Si ce deuxième opus m’a moins heurtée que le premier (et au fond j’aime que la littérature dérange), il n’en demeure pas moins qu’Astrid Manfredi a une force rare dans sa façon d’écrire et de mettre en fiction des histoires qui interpellent. Je répondrai donc présente à la sortie de son troisième roman.

 

Ce ne sont pas pour moi des coups de cœur renversants, mais je trouve qu’il y a quelque chose de vraiment intéressant chez cette auteure, qui semble être en train de s’inscrire dans la durée. La construction d’une œuvre qui prendra tout son sens dans son ensemble.

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

Belfond, février 2017, 224 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Anne Bullat-Piscaglia - ©Photo : Thomas J.Peterson / Getty Images – et éd. Belfond.

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Février 2017 en couvertures ...

1 Mars 2017, 10:19am

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Publié par Laure

En février, j'ai lu :

(Les couvertures sont cliquables quand elles renvoient à un article)

 

 

      

 

 

     

 

 

   

 

 

    

 

 

 

 

En février, j'ai vu :

 

   

 

 

   

 

 

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Nous irons tous au paradis – Fannie Flagg

25 Février 2017, 15:10pm

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Publié par Laure

Traduit de l’américain par Jean-Luc Piningre.

 

Elner Shimfissle est une adorable petite vieille, octogénaire, qui vit seule avec son chat Sonny (7ème du nom), mais à qui sa nièce et quelques amis rendent régulièrement visite. Un matin, alors qu’elle cueille des figues pour faire de la confiture, elle est piquée par un essaim d’abeilles et tombe de l’arbre. Elle est emmenée à l’hôpital et malheureusement son décès est prononcé assez rapidement.

 

Sa famille et tous les habitants d’Elmwood Springs sont émus et réfléchissent déjà à l’hommage qu’ils vont lui rendre. Ils prennent soin de ranger sa maison, récupérer son chat, etc. C’est aussi pour eux l’occasion de s’interroger sur la vie qui peut s’arrêter à tout moment, et donc sur leur propre rapport à la mort, à la famille, aux proches, à l’importance de dire aux gens qu’on les aime tant qu’ils sont là.

 

Mais pendant ce temps-là sur son lit d’hôpital, Elner est bien consciente de tout ce qui l’entoure, sans comprendre ce qu’il lui arrive. Elle est en train de vivre ce qu’on appelle une expérience de mort imminente. Elle en sortira bien vivante, à la grande frayeur et surprise du corps médical et de tous ses proches.

 

Mais la suite est plus compliquée qu’il n’y paraît, car bien sûr, lorsqu’elle raconte son aventure, tous la pensent folle et craignent alors qu’elle ne soit internée, et lui demandent de ne pas en parler. Pourtant certains des détails qu’elle narre sont bien réels et impossibles à inventer. L’hôpital de son côté craint des poursuites judiciaires.

 

Nous irons tous au paradis est un roman léger, fantaisiste, et débordant d’humour et d’ironie. Le personnage d’Elner est très attachant. Pourtant au bout d’un moment le roman s’essouffle un peu, l’expérience de mort imminente se révèle un peu longue et plate, et l’après tout autant.

 

L’ensemble reste néanmoins léger et sympathique et fait passer un bon moment.

 

 

Cherche midi, septembre 2016, 390 pages, prix : 20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © tributetoalfred et éd. Du Cherche-Midi.

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Overblog me rappelle que....

17 Février 2017, 19:19pm

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Publié par Laure

Ce blog a 11 ans aujourd'hui. 

 

Voilà c'est dit. 😃🎂🎁📚🎉🌞

(Oui c'est à peu près tout l'effet que ça me fait)

Eh bien entamons ensemble la 12 ème année  ☺💕

(Toujours pas eu le temps de refaire les peintures)

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Votez Splat ! / Splat papa poule - d'après le personnage de Rob Scotton

16 Février 2017, 11:32am

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Publié par Laure

Votez Splat ! / Splat papa poule - d'après le personnage de Rob Scotton

Splat connait un grand succès auprès des enfants (de la maternelle au CP environ), je le constate tous les jours à la bibliothèque.

 

Les Splat petit format sont faits sous licence, c’est-à-dire par d’autres auteurs et illustrateurs que Rob Scotton, et je trouve hélas la qualité très inégale.

 

Votez Splat !

Je ne suis pas sûre que sortir un Splat Président aux couleurs du drapeau français en période préélectorale présidentielle française soit de très bon goût, même si ici, Splat est élu… délégué de classe. Là où ça me gêne encore plus, c’est que l’ouvrage commence ainsi :

« Splat vient d’être élu délégué des élèves ». Deux pages plus loin : « Splat doit présenter son programme ». Splat ne ferait-il pas les choses un peu à l’envers ? Il est d’abord élu et ensuite il présente son programme ? Même lorsque mes enfants ont élu leurs délégués de classe (et pas en maternelle !), les jeunes candidats ont toujours dû dire AVANT ce qu’ils feraient en tant que délégués, faire des affiches, etc.

 

Donc là, non, on nous prend un peu pour des idiots, et ce n’est pas parce qu’on s’adresse à des petits de 3-6 ans qui ne verront qu’un chat tout mignon qu’on doit leur dire n’importe quoi.

 

Après, ça se calme, Splat présente un programme consensuel qui ne remporte pas l’adhésion des foules, il change donc pour de super idées hyper populaires mais totalement irréalistes et irréalisables. La maitresse l’aidera à revenir dans le droit chemin, et tiens, si tu commençais par rénover la bibliothèque de l’école, totalement à l’abandon ?

Ce 21ème titre de la collection des Splat n’y sera pas indispensable.

 

 

 

Splat papa poule :

 

Après mon coup de gueule contre Votez Splat ! voici un Splat plus inoffensif !

 

Dans sa classe, les élèves attendent l’éclosion imminente de douze œufs de poule. Pour savoir qui rapportera le carton à surveiller chez lui ce soir, ils tirent à la courte paille. Splat gagne bien sûr !

 

Il fait bien attention, mais les poussins naissent et courent déjà partout en faisant plein de bêtises. Splat en papa poule est vite débordé par cette tribu remuante. Et puis malheur, il en manque un ! où est donc passé ce douzième fripon ? Ouf, tout est bien qui finit bien !

 

On ne s’inquiètera pas trop du réalisme de l’histoire, elle ne fait pas de mal et les expressions des visages sont rigolotes !

 

 

Nathan, février 2017, 32 pages, prix : 5.95 €

Etoiles : Votez Splat :   Splat papa poule :

Crédit photo couverture : © Rob Scotton et éd. Nathan

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Sexe sans complexe – Bérangère Portalier, ill. de Frédéric Rébéna

15 Février 2017, 10:48am

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Publié par Laure

Sexe sans complexe - Bérangère PortalierCet ouvrage destiné aux adolescents était sélectionné pour les Pépites du Salon de Littérature et Presse Jeunesse de Montreuil en 2016, ce qui en fait déjà un gage de qualité établie par des professionnels.

 

Il aborde sans tabou et sans complexe, avec un vocabulaire adéquat et proche des jeunes, tous les sujets liés à la sexualité, qu’elle soit hétéro ou homosexuelle. Une ou deux double(s) page(s) par sujet abordé (avec des illustrations sympas qui rythment et aèrent l’ensemble) : aimer son corps, les règles, la masturbation, le premier rapport, le désir, le plaisir, la contraception, les sextapes, etc. (il y a 26 chapitres au total)

 

L’ouvrage accorde une large place d’une manière globale au fil des rubriques au respect de soi et de l’autre, et liste en dernière page des sites de référence sérieux.

 

Un livre salutaire et bienveillant, qui ne prend pas les jeunes pour des idiots, qui ne tourne pas autour du pot en matière de vocabulaire, on applaudit et on l’offre autour de soi.

 

Actes Sud junior, juin 2016, 75 pages, prix : 14 euros

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Frédéric Rébéna et éditions Actes Sud junior

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Ne parle pas aux inconnus – Sandra Reinflet

14 Février 2017, 15:01pm

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Publié par Laure

Ne parle pas aux inconnus - Sandra ReinfletCamille, 17 ans, vient de réussir son bac. Elle fait la fête et assiste au concert de son amoureuse polonaise Eva, une jeune femme insoumise et impétueuse, qui s'est fait exclure de leur lycée pour tenues inappropriées. Jalouse des marques de sympathie que ses fans montrent à Eva, Camille finit la soirée ivre et à moitié nue, violée, à moins qu'elle ne fût consentante, elle ne s'en souvient pas et ne s'en émeut pas plus que cela. Le lendemain, Eva et sa famille ont disparu, tandis que Camille avale la pilule du même nom.

 

Ne parle pas aux inconnus, c'est ce que sa mère déprimée et renfermée sur elle-même a passé son temps à leur dire, à Camille et à sa petite sœur Émilie. Si Émilie est effacée et dans le rang, Camille étouffe au sein de cette famille qui ne la comprend pas. Elle met les voiles pour retrouver son amante Eva, dont elle éprouve le manque, et qui ose la laisser sans nouvelles.

 

Commence alors un road trip en stop à travers l'Europe, direction la Pologne où elle espère retrouver Eva. Faire confiance aux inconnus, voilà une nouvelle donne avec laquelle elle est bien obligée de composer, tournant le dos à tous les préceptes familiaux.

 

Construit en 3 parties qui déstructurent le titre (Ne pas / aux inconnus / parle), le roman décrit avec réussite le passage de l'adolescence à l'âge adulte, la découverte de soi, les épreuves pour y parvenir, et pour mieux le garder en mémoire cet acronyme: NPAI, ne parle pas aux inconnus, n'habite pas à l'adresse indiquée, n'oublie jamais tes rêves et ce que tu es au fond de toi.

 

La première partie m'a un peu agacée, une écriture rapide, à vif, nerveuse, qui laisse exploser la rage de l'adolescence. Ça fonctionne, mais ce livre ne s'adresse-t-il alors pas plutôt à des adolescentes ? Puis au fil du voyage, l'écriture s'apaise, mûrit avec son personnage.

 

C'est donc particulièrement réussi et bien construit. Si la troisième partie utilise des ressorts connus (le journal intime, le secret de famille, l'accident qui apparaît simultanément chez Delacourt, au secours) qui la rendent un poil mélo, les qualités de l'ensemble, ainsi que la psychologie fouillée des personnages notamment secondaires (le père, les routiers), font oublier ces points faibles.

 

 

On oubliera donc volontiers le manque de crédibilité de-ci de-là comme par exemple l'absence d'enquête policière pour disparition de mineure (évacuée en une phrase à la fin du roman), la bienveillance sans faille d'un monde glauque de routiers portés sur les magazines pornos mais au cœur tendre et sage, pour ne garder que le côté optimiste qui n'est pas sans rappeler le message du récent « La la land » : n'oublie jamais tes rêves, sois-toi même et ose aller vers l'inconnu, aussi dure soit l'épreuve.

 

 

« Après Pierre, j'avais pourtant juré de ne plus jamais m'attacher. A quoi ça sert d'aimer les gens si après ils disparaissent en te laissant encore plus seule qu'avant ? »

 

 

à grandir.... comme le montre ce roman d'apprentissage à la résonance ultra contemporaine:-)

 

 

Badge Lecteur professionnel

 

 

éd. JC Lattès, janvier 2017, 383 pages, prix : 19 €

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Crédit photo couverture : © Loulou Robert photographiée par Sandra Reinflet / éd. JC Lattès.

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