Les jardins d'Hélène
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Un piano pour Pavel – Mymi Doinet et Amandine Laprun (ill.)

10 Février 2017, 16:42pm

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Publié par Laure

Un piano pour PavelMymi Doinet est une auteur jeunesse que je suis depuis la découverte de sa série sur « la Tour Eiffel » qui voyage. Elle offre ici un roman pour les jeunes lecteurs (sachant déjà bien lire, à partir de 7 ans), qui relate l’histoire d’un jeune orphelin virtuose au piano.

 

Pavel prend le train tout seul pour rejoindre une nouvelle famille d’accueil. Il profite de son temps d’attente à la gare pour jouer quelques instants sur le piano mis à disposition des voyageurs dans le hall, sous le regard ébahi de personnages inattendus. Car l’originalité du roman, c’est la multiplicité des points de vue, le jeune garçon est brillant, et c’est le piano, l’horloge de la gare, une feuille tombée de son sac, une canette de jus d’orange, etc. qui prennent la parole tour à tour.

 

Je suis entrée dans l’histoire, et mince, c’est déjà fini. Je voulais vraiment connaitre la suite, même si on la devine heureuse. Prise par le récit, je n’ai pas vu que c’était le parcours et le temps du voyage qui étaient finalement plus importants que le quotidien de Pavel que l’on imaginera ensuite.

 

La musique (ou tout autre passion) peut aider à surmonter un quotidien douloureux, relier à une famille perdue, adoucir la vie. Et quand cette passion est partagée, elle relie les hommes.

 

Un très beau roman jeunesse, qui prend pour décor un phénomène récent : la mise en place de pianos dans les halls de gare, et qui sort de la tristesse un petit garçon orphelin, source inépuisable de la littérature jeunesse !

 

J’aime beaucoup les illustrations d’Amandine Laprun (voir son site) et ses choix de couleurs.

 

Nathan, coll. Premiers romans, février 2017, 42 pages, prix : 5,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Amandine Laprun et éd. Nathan

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Troisième Personne - Valérie Mréjen

5 Février 2017, 15:56pm

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Publié par Laure

Troisième personne - Valérie MréjenUne femme s'apprête à sortir de la maternité avec son nouveau-né. Elle porte un regard neuf sur la ville qui l'entoure, et voit désormais le monde à travers les yeux de son enfant. Elle décrit aussi les premières fois de l'enfance, jusqu'à ce que sa petite fille marche et gagne en autonomie.

 

J'avais lu des critiques enthousiastes sur le web, et j'ai été très très déçue par ce texte, je n'ai pas du tout adhéré à l'écriture, qui m'a dérangée et empêché d'éprouver la moindre émotion. Un texte froid, distant, détaché, trop détaché.

 

Troisième Personne, c'est l'enfant qui transforme le couple en famille, mais c'est aussi (et j'y ai surtout vu cela), le choix de la troisième personne de la narration. Froide, distante, clinique. J'ai entendu dans une émission radio l'auteur dire qu'elle avait voulu « objectiver des souvenirs », pour ma part, j'ai eu du mal à finir ces 140 courtes pages, tant je me suis sentie tenue à distance d'un propos à la fois individuel et générique mais froidement descriptif, impersonnel. La maternité sans émotions.

 

C'est du moins ainsi que je l'ai « ressenti », et pourquoi je l'ai pris en grippe malgré moi.

 

 

éd. P.O.L, janvier 2017, 140 pages, prix : 10 €

Étoiles :

crédit photo couverture : © éditions P.O.L

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Janvier 2017 en couvertures ...

1 Février 2017, 07:01am

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Publié par Laure

En janvier, j'ai lu :

 

(les couvertures sont cliquables quand elles renvoient à un billet)

 

Une bouche sans personne - Gilles Marchand

    

 


           

 

 

    

 

 

 

En janvier, j'ai vu :

 

Glacé - série TV d'après le roman de B. Minier    The good wife saison 5

 

 

(Glacé, série TV d'après le roman de Minier) / (The good wife saison 5)

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Goupil ou face - Lou Lubie

28 Janvier 2017, 18:31pm

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Publié par Laure

Goupil ou face - Lou LubieUn bijou que cette BD autobiographique qui présente de manière didactique et avec beaucoup d'humour la cyclothymie, un trouble bipolaire différent de ceux que l'on connaît habituellement.

 

L'auteur vit avec cette maladie depuis l'âge de seize ans, et retrace son parcours, pas toujours facile, et qui a nécessité de tâtonner avec plusieurs praticiens. Elle ne cache rien des phases sombres ou difficiles, mais on sourit beaucoup également !.

 

J'ai vraiment beaucoup aimé, le dessin, le trait, le renard qui représente ce trouble de l'humeur, le choix des couleurs (de la bichromie ! Noir et orange, en passant par des nuances de gris et d'orange plus clair), l'humour omniprésent, le sérieux de la vulgarisation scientifique, le choix des cases et du hors cases, bref, j'ai appris plein de choses et j'ai passé un très bon moment de lecture.

Il me tarde désormais de suivre le travail de cette jeune femme, elle a l'art et de la narration et du dessin.

(Regardez moi ce renard tout mignon sur la couverture et son ombre bien moins joyeuse !)

 

Une très belle découverte !

 

 

Vraoum ! éd. , octobre 2016, 138 pages, prix : 15 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Lou Lubie et éd. Vraoum !

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Ce que tient ta main droite t'appartient - Pascal Manoukian

27 Janvier 2017, 10:49am

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Publié par Laure

Ce que tient ta main droite t'appartient - Pascal ManoukianCharlotte et Karim forment un jeune couple ordinaire, ils ont la trentaine et attendent leur premier enfant. Charlotte est d’origine arménienne et Karim est français musulman non pratiquant. Charlotte sort passer la soirée avec des amies quand l’horreur survient.

 

Pour comprendre, se venger, tenter de survivre au drame, Karim va infiltrer Daech, avec une facilité déconcertante.

 

Après les échoués qui m’avait déjà fort impressionnée, ce nouveau roman de Pascal Manoukian est un nouveau coup de cœur, même si attention, il est si percutant qu’il a nécessité que je fasse des pauses dans ma lecture. Mais c’est le monde d’aujourd’hui qu’il nous décrit, dans toute sa violence, dans l’incompréhension que l’on peut en avoir, un récit extrêmement fort et réaliste, auquel l’angle de la fiction donne une liberté et une force supplémentaires. Un roman intelligent qui décrypte le mécanisme de l’embrigadement et dénonce l’horreur imposée au nom d’une religion que les bourreaux détournent et manipulent.

 

Magistral, indispensable et saisissant.

 

p. 203 : « Al-Quaïda vivait à l’âge des cavernes dans les grottes de Tora Bora, Daech vit à celui du buzz et des réseaux. Son cheval de Troie, c’est l’inculture, tous ces cerveaux d’adolescents rendus disponibles à force de les remplir de vide, à force de les abrutir d’hanounaneries, d’« Anges» et de « Ch’tis ».

L’organisation a mis la main sur les codes inventés pour anesthésier une partie de la jeunesse et les détourne en lui faisant prendre des allers sans retour vers Raqqa ou Kobané.

Chaque film de la division médiatique est un formidable teaser pour tous les recalés de la vie. »

 

p. 204 : « La force des barbares est d’utiliser les faiblesses de ceux qu’ils combattent. Il a suffi à Daech d’ouvrir Télé Z pour découvrir les nôtres. »

 

p. 226 : « Daech fait aussi la chasse aux livres, l’autre poison mortel. L’imagination est une arme dangereuse, la littérature, c’est la liberté d’inventer d’autres mondes, or il n’en existe qu’un seul comme il n’existe qu’un seul livre, celui de Dieu. »

 

p. 236 : « Alors pourquoi détruire les bouddhas de Bamiyan, le tombeau de Jonas, les lions assyriens de Raqqa, la bibliothèque de Mossoul et les colonnes du temple antique sur Baalshamin ?

Sur le commandement de quel verset, au nom de quelle sourate ?

Les plus grands conquérants restent ceux qui ont su cultiver les différences.

Mais ceux de Daech ne peuvent pas savoir, ils n’ont jamais ouvert un livre d’histoire, au contraire, ils le brûlent.

L’inculture est le terreau de tous les fanatismes. »

 

 

Don Quichotte éd. , janvier 2017, 285 pages, prix : 18,90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : ©Debra McClinton / Getty Images / et Don Quichotte éditions.

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La veuve - Fiona Barton

17 Janvier 2017, 20:22pm

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Publié par Laure

Traduit de l'anglais par Séverine Quelet

 

La veuve - Fiona BartonJuin 2010. Kate Waters, journaliste au Daily Post, rend visite à Jane Taylor, « la veuve » harcelée par la presse. Son mari, Glen, est décédé trois semaines auparavant, renversé par un bus.

« Je ne pouvais tout de même pas leur avouer que j'étais heureuse qu'il soit mort. C'en était fini de de ses bêtises. »

 

Ses bêtises, comme elle dit, ce sont les faits de pédophilie pour lesquels il a été accusé en 2006. La petite Bella Elliott, 2 ans, a été enlevée alors qu'elle jouait dans son jardin, échappant quelques instants au regard de sa mère. C'est le policier Bob Sparkes qui s'est chargé de l'enquête. Très vite les soupçons se sont portés sur le mari, Glen Taylor.

 

Le roman va donc partir chronologiquement de la fin et alterner temps présent et retours en arrière, donnant tour à tour la parole à la veuve, à la journaliste, au policier, à la mère de la petite Bella, etc. L'enquête sera rouverte à un moment, montrant combien la première avait été bâclée.

 

La veuve est un polar psychologique qui veille à présenter les points de vue de chacun pour démêler le vrai du faux et dévoiler ce que savait en réalité ou non « la veuve ». Peut-on réellement ignorer ce que fait son conjoint ? Ne se voile-t-on pas la face volontairement ?

 

L'idée et la construction sont intéressantes mais manquent hélas un peu de dynamisme par moments, se révélant aussi assez peu crédibles (bâcler une enquête à tel point quand on voit les questions pourtant évidentes présentées lors de la réouverture?)

 

L'écriture est simple, trop peut-être, avec parfois une phrase bancale (maladresse de traduction ? : « c'est à cause du lait entier que Glen insiste pour qu'on achète »), on va au bout,curieux de connaître la vérité de la veuve, mais au final il ne restera pas grand-chose de ce premier roman qui n'échappe pas à quelques faiblesses. Intéressant toutefois de voir le pouvoir de la presse quand c'est plutôt à la police et à la justice qu'on devrait avoir affaire...

 

Fleuve éditions, janvier 2017, 416 pages, prix : 19,90 € (13,99 € en numérique)

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Getty Images et Fleuve éd.

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Les poings sur les îles – Elise Fontenaille, Violeta Lópiz (ill.)

13 Janvier 2017, 10:48am

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Publié par Laure

Ne vous arrêtez pas à la couverture de l’album, qui pourrait paraître austère, osez l’ouvrir car il n’en est rien, au contraire, c’est la luxuriance de la nature qui s’offre à l’intérieur !

 

Le petit narrateur a 6 ans, il apprend à lire et à écrire à l’école. Il aime aussi se réfugier chez son grand-père Luis, qui lui, n’a jamais appris. Il a quitté son Espagne natale fuyant la guerre civile. Il a travaillé très jeune. On dit qu’il a la main verte et le langage des oiseaux. Il aime jardiner, cuisiner, ramasser des herbes sauvages, peindre et dessiner comme le Douanier Rousseau. Il chante et joue de la guitare aussi.

 

Entre ce grand-père et son petit-fils, c’est la beauté de l’amour et de la transmission qui transparaît, le plaisir des choses simples et partagées, et le jeu des mots que ce grand-père n’a pas beaucoup appris : pour lui, il faut mettre les poings sur les îles et il excelle dans ses recettes du tiroir !

 

Les illustrations sont très belles, poétiques, le grand-père n’est jamais loin, parfois juste en transparence, mais reconnaissable à quelques détails et à la silhouette. C’est original et riche comme la nature qui explose à foison dans ces pages.

 

 

Un titre qui n’est pas récent mais dont le titre surprenant et l’auteur que je connaissais par ailleurs (Elise Fontenaille) m’ont arrêtée, et permis de découvrir l’artiste Violeta Lópiz.

 

 

A proposer à partir de 6 ans.

 

Rouergue, octobre 2011, [32 pages], prix : 15,30 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Violeta Lópiz et éd. Du Rouergue.

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Un amour sur mesure – Roland Fuentès, Alexandra Huard (ill.)

12 Janvier 2017, 09:38am

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Publié par Laure

Un amuor sur mesure - Fuentès / HuardGarganton est un géant minuscule (prenez Gargantua, et changez le suffixe « on », comme chaton pour petit chat) ; rejeté par les siens à cause de sa différence, il est très solitaire. De son côté, Mimolette est une naine, mais une naine géante. Même problème !

Ils vont bien essayer l’un l’autre de se faire adopter par le clan voisin, mais ils sont là aussi rejetés. Un géant nain n’est pas un nain à l’origine, mais toujours un géant. Et vice-versa pour Mimolette.

Ils essuient leurs larmes chacun de leur côté, jusqu’au moment où ils se rencontrent, se réconfortent, et vivent ensemble leur différence. Ils quittent leur pays et arrivent dans une ville encore vierge de tout racisme et y vivent heureux. Ils y sont aimés tels qu’ils sont !

 

Une très belle histoire proche du conte, sur le rejet de la différence, son acceptation par l’autre, et le courage de construire quelque chose pour soi, avec l’autre, la possibilité d’être heureux avec quelqu’un de différent. Un beau message de tolérance et d’ouverture d’esprit porté par des dessins très colorés, j’aime beaucoup le trait d’Alexandra Huard.

 

Cet album est la réédition d’un texte (légèrement modifié semble-t-il) paru initialement dans la collection « premiers romans » de l’éditeur (2012, épuisé). Le format album rend hommage aux illustrations, j’aime le détail des feuilles et des fleurs, dans le paysage mais aussi sur la robe de Mimolette, un « imprimé » très coloré qui vient remplir les pages liminaires de l’album, c’est superbe.

 

 

© Alexandra Huard et éd. Nathan

 

 

 

Nathan, janvier 2017, 32 pages, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Alexandra Huard et éd. Nathan

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Une bouche sans personne – Gilles Marchand

4 Janvier 2017, 10:58am

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Publié par Laure

Une bouche sans personne - Gilles MarchandUn comptable de 47 ans mène une vie relativement solitaire, protégé par son univers professionnel codifié et monotone, et les écharpes dont il se pare hiver comme été pour cacher une cicatrice qu’il a depuis son enfance. Sa vie extérieure se résume au bistrot qu’il fréquente tous les soirs, il y retrouve Lisa, la serveuse, Sam, et Thomas. Un soir, il commence à se dévoiler et à raconter son enfance avec son grand-père Pierre-Jean, qui l’a élevé.

 

Par quelques indices semés ici et là, on devine que son secret a trait à la seconde guerre mondiale et que l’action présente se déroule à la fin des années 80 (il y a encore des francs !).

Au fur et à mesure que le protagoniste se dévoile, le décor autour devient de plus en plus loufoque : la concierge de son immeuble est morte et les poubelles s’amoncellent, jusqu’à ce qu’un ancien militaire y creuse un tunnel pour continuer à entrer et sortir, son univers professionnel et sa vision de la boulangère et d’une vieille dame et son chien prennent une tournure de plus en plus étrange, comme les lettres que reçoit Sam, de ses parents décédés.

 

 

J’ai aimé l’humour absurde qui parsème le récit, pour mieux circonscrire le drame de la révélation finale que l’on sent toutefois arriver petit à petit.

 

Une belle surprise que ce premier roman, original, fort, décalé.

 

 

p. 56 « Je sors la monnaie, je paie et je m’en vais. A peine deux ou trois paroles échangées. Une fois n’est pas coutume. Aujourd’hui, pas d’avis sur mes dernières lectures, pas de conseil. Ce que j’aime ici aussi, c’est le respect de l’humeur, le refus des phrases toutes faites et des considérations météorologiques. Ma librairie est une anti-boulangerie. »

 

p. 206 : « Je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre. Je n’ai pas de méthode. Ou plutôt si, je n’ai qu’une méthode : celle qu’a appliquée consciencieusement Pierre-Jean tout au long de sa vie. Ne pas s’encombrer de la réalité, transformer son présent pour oublier son passé. Il m’avait expliqué que si j’estimais que le monde n’était pas assez beau et que je n’étais pas en mesure de le changer, personne ne pourrait jamais m’empêcher de l’imaginer tel que je voudrais qu’il soit. »

 

 

Lu dans le cadre de ma participation aux 68 premières fois proposée par Charlotte.

 

 

 

Aux forges du Vulcain, août 2016, 260 pages, prix : 17 €

Etoiles : 4 étoiles

Crédit photo couverture : © Elena Vieillard et éd. Aux Forges du Vulcain

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Danser au bord de l'abîme – Grégoire Delacourt

2 Janvier 2017, 12:34pm

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Publié par Laure

Danser au bord de l'abîme - Grégoire DelacourtC'est l'histoire d'une femme, Emmanuelle (qu'on appelle Emma le plus souvent), mère de trois enfants (deux filles et un garçon), mariée à Olivier, concessionnaire BMW. C’est l'histoire d'une rencontre dans une brasserie le midi, avec Alexandre, et la naissance d'un désir irrépressible. Et tout ce qui va suivre...

 

Grégoire Delacourt renoue avec l'écriture au féminin, se mettre dans la tête d'une femme lui réussit très bien, comme dans la liste de mes envies. La première partie est construite à rebours, le premier chapitre est numéroté 72, et cela va decrescendo vers zéro, le twist inattendu (et qu'il convient de ne pas révéler pour ne pas gâcher la lecture) qui conduit à une deuxième et troisième partie qu'on n'avait pas vues venir de la sorte.

 

J'ai beaucoup aimé la première partie, cette naissance du désir, cette attirance, ce dilemme à surmonter, faut-il partir ou non, ce n'est pas parce qu'elle n'aime plus qu'elle a besoin d'aimer ailleurs, Emmanuelle, elle a besoin d'aimer davantage. L'amour s'ajoute et ne remplace pas.

Cette première partie décrit les sentiments et les analyse avec justesse et réalisme. Sur un sujet moult fois traité, c'est une réussite. Le parallèle avec la Chèvre de Monsieur Seguin, d'Alphonse Daudet, dont le conte est reproduit in extenso à la fin après avoir parsemé le roman d'extraits, est très bien vu.

 

C'est au cours de la deuxième partie que ça se gâte, un peu longuette, ennuyeuse et répétitive. La troisième partie m'a encore bien plus déçue, basculant dans trop de bons sentiments, si peu crédible dans ses descriptions du traitement de la maladie et des choix faits autour, quant au dernier twist, n'en jetez plus, sortez les mouchoirs ou éclatez de rire, et c'est fort dommage, tant la première partie était prometteuse.

 

C'est un roman qui plaira aux amateurs de belles histoires tristes mais finalement positives, aux histoires d'amour pleines de bons sentiments.

 

L'équilibre sur le fil est fragile, entre la danse joyeuse exprimée par le titre et le danger de l'abîme qui la côtoie. C'est l'équilibre permanent de la vie, dont Grégoire Delacourt sait saisir les instants avec beaucoup de justesse, mais hélas ici, beaucoup d'inégalités et des choix trop romanesques qui m'ont fait finir le livre dans la déception.

 

 

Extraits :

 

p. 23/166 (numérique) : « Le désir ne tient pas toute une vie, m'avait-elle dit.

L'amour non plus, lui avais-je répondu. Moi, je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige. À la foudre.

- Ce à quoi tu crois, ma petite fille, cela aboutit au chagrin. »

 

p. 38/166 (numérique) : « Et j'avais deviné ce jour-là sa peine d'être restée, sa colère jamais éclose et ses appétits jamais comblés. Ma mère s’était sacrifiée, elle avait préféré la prudence de la paix à la fureur des chagrins d'amour.

Elle avait plongé dans les livres plutôt que dans les bras des hommes. »

 

p. 39/166 (numérique) : « (…) et que tous deux se laissent emporter par cette vague, haute et puissante, qui charrie soudain les rancœurs, les silences, toutes les frustrations d'un couple dont la fantaisie s'est gangrenée avec le temps. »

 

 

 

 

JC Lattès, 02 janvier 2017, 320 pages, prix : 19 € (existe en numérique : 13,99 €)

 3 étoiles

Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès et Clifford Coffin / Condé Nast via Getty Images pour le bandeau de couverture.

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