Les jardins d'Hélène

La vie - Régis de Sa Moreira

12 Décembre 2012, 10:32am

Publié par Laure

la-vie-moreira.jpgJ’ai abordé ce livre sans rien en savoir, ni du contenu (il y a belle lurette que je ne lis plus les 4ème de couv.) ni de la particularité de sa forme, car je l’ai acheté en numérique, sans feuilleter d’éventuels extraits. Je l’ai acheté parce que j’avais déjà lu d’autres romans de cet auteur, et parce que cet éditeur a une politique de prix en numérique incitative, qui facilite l’achat impulsif. Parfois, c’est aussi bête que cela.

J’ai donc été surprise et un peu déroutée au premier abord quand j’ai découvert la forme de ce roman : une succession de paragraphes qui sont autant de personnages qui prennent la parole pour quelques lignes, une pensée, une anecdote, un fragment de vie.

J’ai trouvé l’idée audacieuse et intéressante. J’ai cru un temps qu’il fallait absolument que je ne perde pas le fil, le personnage suivant étant celui abordé par le paragraphe précédent, à la manière de nos jeux d’enfants, marabout-bout de ficelle- selle de cheval- cheval de course, etc. Et puis j’ai commencé à me demander si la boucle allait réellement se boucler, combien de temps ça allait durer (en fait ça pourrait ne jamais finir), et j’ai réalisé que c’était sympa, mais que je ne retenais strictement rien de ce que je lisais. Un beau soufflé qui s’effrondre aussi vite, ou presque. Je suis allée au bout par curiosité, j’ai aimé la fin (mais je n’en attendais pas moins, peut-être qu’une autre fin aurait été décevante, il se trouve là que la pirouette est bien trouvée), mais je me demande au final si le livre ne tient pas plus de l’exercice de style que du roman qui me semble un peu vain.

Intéressant pour l’effet de surprise, l’originalité de la forme, un peu décevant sur le contenu, qui tourne trop en rond.

 

Tiens, c’est amusant, en relisant mon commentaire de Mari et Femme en 2008, je réalise que je disais à peu de choses près … la même chose. Et en retrouvant un billet plus ancien encore, Le Libraire, daté de 2007, je me dis que finalement, cet auteur n’est peut-être pas pour moi !

 

Au diable vauvert, août 2012, 119 pages, prix : 15 € (4,99 € en numérique)

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Crédit photo couverture : éd. au diable vauvert

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Choisis quelque chose, mais dépêche-toi ! - Nadia Budde

5 Décembre 2012, 11:24am

Publié par Laure

(souvenirs d’enfance de Berlin Est en dix chapitres)

 

choisis-qqch.jpgCe roman graphique surprenant vient d’obtenir la Pépite du salon jeunesse de Montreuil, dans la catégorie BD/manga, après avoir déjà reçu d’autres récompenses.

Intriguée par l’âge auquel il pouvait s’adresser (enfants ? ados ?) je m’y suis penchée, et j’y ai retrouvé une foultitude de références qui m’ont parlé, à moi qui étais enfant dans les années 80 également. Certes je n’habitais pas l’ancienne Allemagne de l’Est, mais j’étais frontalière de l’Allemagne, ce n’était pas si loin et on en parlait beaucoup …

Ce qui étonne, c’est la diversité des genres et des émotions (chaque chapitre aborde un thème différent tout en bouclant une boucle logique), l’auteur y évoque la vie de ses grands-parents à la campagne, se pose beaucoup de questions sur la mort et ses différences entre la ville et la campagne, s’installe dans un immeuble fait de cubes à l’identique, où chaque visiteur venant de l’Ouest doit être répertorié dans le grand livre des visiteurs, l’enfant évoque régulièrement les super héros de l’époque (les enfants d’aujourd’hui savent-ils qui sont Kermit et les autres marionnettes du Muppet show ?)

C’est original, surprenant, touchant, parfois un brin macabre (tous ces personnages dessinés avec un crâne émacié qui évoque la mort, c’est parfois presque flippant), émouvant, drôle aussi, souvent, ça ne ressemble à rien d’autre et c’est un pari audacieux pour les enfants d’aujourd’hui, car nul doute que l’adulte curieux, lui, sera séduit.

À découvrir, pour la créativité et l’imaginaire hors des sentiers battus.

 

En savoir plus sur la page de l’éditeur : ici 

 

L’agrume, septembre 2012, 200 pages, prix : 20 €

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Crédit photo couverture : © Nadia Budde et éd. L’agrume

 

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(Juste une image)

4 Décembre 2012, 14:34pm

Publié par Laure

dans la suite logique d'hier, et toujours au retour de Montreuil :

 

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edit : grâce au commentaire laissé par Laurence et qui a fait les recherches, voici le lien vers la société qui commercialise ces sacs, et on peut y découvrir d'autres modèles !

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(Juste une citation)

3 Décembre 2012, 20:36pm

Publié par Laure

extraite du très bon roman de Louise Erdrich, la Chorale des maîtres bouchers, Albin Michel, janvier 2005, 467 pages, traduction d'Isabelle Reinharez. Un monument, d'une richesse et d'une qualité rares sur la longueur.

 

chorale des maitres bouchers« p. 366 : "Elle avait toujours beaucoup lu, surtout depuis qu'elle avait perdu Clarisse. Mais désormais c'était une obsession. Depuis sa découverte de la réserve de livres à l'étage du dessous, sur son lieu de travail, elle avait été mêlée à une foule invraisemblable de gens et à leurs faits et gestes. Elle lisait Edith Wharton, Hemingway, Dos Passos, George Eliot, et pour le réconfort, Jane Austen. Le plaisir de ce genre de vie - livresque, pouvait-on dire à son avis, une vie passée à lire - avait donné à son isolement un caractère riche et même subversif. Elle habitait un personnage réconfortant ou terrifiant après l'autre. Elle lisait E.M. Forster, les sœurs Brontë, John Steinbeck. Qu'elle garde son père drogué à côté de la cuisinière, qu'elle soit sans enfant, sans mari et pauvre, comptait moins dès lors qu'elle prenait un volume en main. Ses erreurs y disparaissaient. Elle vivait avec une énergie inventée." »

 

(retour de Montreuil, que de monde même en journée professionnelle, tables rondes - intéressantes - sur la lecture en mutation, le numérique, tout ça toussa)

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Le problème avec Noël - Agnès de Lestrade

1 Décembre 2012, 07:27am

Publié par Laure

Illustrations de Clémence Pollet

 

pb-avec-noel.jpgDepuis que Cerise a perdu sa maman dans un accident, les fêtes de Noël, ce n’est plus pareil. Malgré toute la bonne volonté de sa tante Nina, sœur jumelle de sa mère, c’est encore plus douloureux, tant la ressemblance physique est flagrante.

p. 25 : « Nos cœurs étaient aussi lourds que la voiture chargée de cadeaux. Quand quelqu’un qu’on aime est mort, chaque fête se transforme en couteau tranchant. »

Et « le problème avec Noël, c’est qu’il a lieu chaque année » (p. 31)

Alors quand la météo s’en mêle et qu’un paquet d’automobilistes se retrouve coincés la nuit du réveillon, hébergés dans une salle des fêtes au milieu de nulle part, la donne n’est plus la même. Les râleurs obnubilés par leur petite personne râlent, les vieux résignés à leur solitude trouvent un échange inattendu, et la magie de Noël finit par opérer entre solidarité et fraternité. Un peu de bon sens détaché du clinquant et de la surconsommation, de vraies valeurs humaines remettent un peu de joie au cœur de Cerise, qui n’en oublie pas pour autant sa peine, mais l’accepte mieux.

Un petit roman sympathique, aux illustrations qui prennent bien le relais du texte et s’y mêlent (principe de la collection ZigZag qui joue aussi sur les couleurs d’impression, blanc sur noir et noir sur blanc), sans que ce soit un coup de cœur, car peut-être trop évident et attendu, du moins pour un lectorat adulte, mais n’oublions pas qu’il est avant tout destiné aux 8-12 ans. Rafraichissant, donc.

 

Rouergue, coll. Zigzag, octobre 2012, prix : 7 €

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Crédit photo couverture : © Clémence Pollet et éd. du Rouergue

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Mais qui veut la peau des ours nains ? - Emile Bravo

29 Novembre 2012, 09:55am

Publié par Laure

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Au texte et au dessin, l’excellentissime Emile Bravo. Mi BD mi album, c’est reparti pour une nouvelle aventure avec nos sept ours nains, que nous avions laissés, dans le dernier album, devant la télé, cette boîte magique qui hypnotise. Ils sont en train de regarder Barbe-Bleue quand pouf, Blanche-Neige excédée par leur fainéantise, rend son tablier : plus question de faire le ménage et la cuisine chez cette bande de paresseux qui ne veulent même plus sortir chercher à manger. Elle les abandonne seuls et effrayés, et part en quête de son prince charmant. Bigoudis sur la tête et mules roses à oreilles de lapin aux pieds, c’est pas gagné, quand soudain dans la forêt, elle croise une autre princesse tout aussi étrange : peau d’âne, qui fuit son père qui veut l’épouser…

Échange de bons procédés, Peau d’Âne se présente comme nouvelle femme de ménage chez les ours nains… et l’aventure ne fait que commencer, on va en croiser du beau monde sorti des contes ! (large place aux musiciens de Brême entre autres)

Que dire sinon que ce livre est un indispensable, un incontournable, un régal avec un éclat de rire garanti à chaque page ?

Emile Bravo manie avec talent l’humour, un vocabulaire décalé tantôt classique tantôt familier qui donne un savoureux gloubi boulga. C’est bourré de références, de détails rigolos dans l’illustration, de répliques qui pourraient devenir culte, c’est intelligent, ça se dévore – et surtout ça plait - à tout âge !

 

 

Seuil jeunesse, septembre 2012, 48 pages, prix : 12 €

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Crédit photo couverture : © Emile Bravo et éd. du Seuil

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La balade de Yaya (tomes 1 à 5) - Jean-Marie Omont et Golo Zhao

16 Novembre 2012, 10:14am

Publié par Laure

Scénario : Jean-Marie Omont, dessins : Golo Zhao

(Le 6ème tome vient de paraître mais je ne suis pas encore allée chez le libraire !)

 

balade-de-yaya.jpg

La balade de Yaya est l’histoire de deux enfants que tout oppose et qui se lient l’un à l’autre par la force des choses : les bombardements de Shangaï par les Japonais en 1937 qui imposent à la plupart des populations de fuir.

Le tome 1 est une introduction aux aventures des deux jeunes personnages. Tuduo, le petit garçon, est un enfant des rues, exploité par un abominable bonhomme nommé Zhu, qui violente et utilise une bande de gamins pour gagner sa vie. Tuduo lui rapporte un peu d’argent avec ses talents d’accrobate. Yaya, elle, est la fille d’un riche diamantaire, elle mène une vie paisible avec ses parents dans une somptueuse maison. Elle est toujours accompagnée de l’oiseau Pipo, avec qui elle a le don de communiquer. Mais toute la famille doit fuir la guerre, d’autant plus que la mère de Yaya est sur le point d’accoucher. Refusant de manquer le concours de piano qui lui ouvrirait sans doute de nouveaux horizons dans la musique, Yaya s’enfuit et se trouve prisonnière des bombardements… Secourue par Tuduo, ils sont rattrapés par le méchant Zhu.

 

Les tomes suivants sont à chaque fois un épisode des aventures des deux enfants, en proie à la guerre, à l’avidité et la violence des adultes qui les poursuivent, dans le cheminement semé d’embuches vers Hong Kong où ils espèrent retrouver les parents de Yaya, comme Tuduo lui en a fait la promesse. De même s’il arrivait quelque chose à Tuduo, Yaya lui a promis de faire tout son possible pour retrouver son petit frère Xiao, qu’il a confié aux religieuses en partant.

 

Les couleurs sont très expressives, bleu nuit, couleurs sombres pour la ville dévastée ou la peur, couleurs plus lumineuses pour le beau quartier ou l’innocence de Yaya, les décors sont riches de détails (scènes de rues, bâtiments, nature), la guerre est une toile de fond qui prend juste la bonne place, ni trop ni trop peu, qui sait se rappeler quand il le faut, et la construction du récit (arrêt d’un tome sur un cliffhanger) agit comme une véritable addiction sur le lecteur. On ne peut faire autrement que lire la suite des aventures (un peu à la Dickens) de ces enfants, qui sur leur chemin réussissent néanmoins à trouver quelques adultes chaleureux et attentionnés, pas toujours, mais qui restituent un peu de justice dans leur monde.

Prévue sur 9 tomes, cette série s’adresse aux enfants à partir de 8 ans. Mosquito, 11 ans ½ , qui l’a commencée comme cela sans être convaincue, juste parce que je rapporte régulièrement des piles de livres à la maison, est vite devenue accro, a enchaîné les 5 tomes dans la foulée, séduite et enthousiaste, elle attend, impatiente, la suite.

Une première intégrale des 3 premiers volumes est sortie également.

 

En savoir plus sur la page de l’éditeur : clic  

 

Éd. Fei, 2011-2012, 95 pages chaque, prix : 8,50 € chaque

Etoiles : stars-4-0. V192553758 sur l’ensemble

Crédit photos couvertures : © Golo Zhao et les éd. Fei

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Cinquante nuances de Grey - E.L. James

11 Novembre 2012, 15:39pm

Publié par Laure

 

(tome 1 de la trilogie Fifty shades)

Traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu

 

cinquante-nuances-de-Grey.jpgNous y voilà... que puis-je bien penser du dernier best-seller à la mode ? (si tant est que quelqu'un en ait quelque chose à faire de ce que j'en pense )

A moins de vivre sur la planète Mars, vous avez déjà dû lire des cinquantaines d'articles sur le sujet, je ne vais donc pas vous faire l'affront de vous le re-résumer, de la genèse fanfiction de Twilight à la mise en place marketing que l'on sait. Je l'ai lu. Jusqu'au bout. Et très franchement, je m'attendais à pire.

C'est une gentille romance avec tous les codes du genre, qui séduira les lectrices habituelles des collections Harlequin et autres romans sentimentaux.

 

On dit que c'est très mal écrit : alors on devrait avoir l'honnêteté de dire aussi que 80% de la production littéraire actuelle est très mal écrite. C'est écrit dans une langue correcte (si vous voulez du très mal écrit, allez voir ), certes avec des phrases très simples, très courtes, au vocabulaire restreint, et les phrases avec subordonnées relatives ou autres tournures complexes sont sans doute à chercher à la loupe. Comme du Marc Levy ou n'importe quel roman grand public aujourd'hui, il ne faut pas fatiguer le lecteur à réfléchir (j'en sais quelque chose, je passe mon temps à répondre à la demande : vous n'auriez pas un roman facile à lire qui ne prend pas la tête? - et dont on a entendu parler sinon je ne suis pas crédible dans mon conseil). Les éditeurs d'aujourd'hui produisent donc ce que (la plupart des) gens attendent. Certes l'auteur a des tics de langage fort agaçants parce que trop récurrents : merde alors, à plus bébé, ou devenus désuets dans notre culture comme doux jésus ! et dont on pourrait se passer mais rien de pire que la plupart de ce qui se vend.

 

L'intrigue et ses ressorts sont prévisibles. Comme dans les romans de Marc Levy. Ce n'est donc pas pire, et ce serait peut-être même meilleur, si on s'en tient au registre donné.

Ce n'est donc pas du Jérôme Ferrari, on est bien d'accord, mais ce n'est pas plus mauvais que tout ce qui se vend en masse actuellement. Je pourrai donc me permettre de ricaner doucettement quand je lirai dans les mêmes colonnes qui le flinguent sur ce point-là des billets élogieux sur du roman de masse qui s'éloigne un peu trop de Proust stylistiquement parlant. Et comme ils sont légion, ce sera enfantin.

 

On dit que c'est du porno, ou au contraire, que c'est tout ce qu'il y a de plus soft. Je suis du deuxième clan : si l'on écarte les quelques accessoires et orientations SM (et encore même là ça reste très soft), les scènes de sexe sont tout ce qu'il y a de plus banal, dans une histoire d'amour normale. Le côté domination-soumission est là pour faire monter la sauce (euh, mauvais choix d'expression) et tenir en haleine sur la personnalité torturée du mâle - pourquoi il en est venu là, et pour le savoir, il faudra lire le tome 2, voire même le 3, c'est malin hein. Ceux qui s'offusquent des galipettes décrites n'ont jamais dû ouvrir un roman de littérature érotique de leur vie (y a pas de honte à cela non plus, mais avant de crier au loup...) Pas de quoi fouetter un chat. Un écart de culture entre le mummy porn et la littérature érotique française ?

 

Bref, beaucoup de bruit pour rien. Ou pas grand-chose.

 

Ce qui me semble réellement critiquable avec ce roman, c'est la mise en place, et le buzz marketing qui en a été fait (et la preuve que ça marche, tout le monde a un avis dessus) Je n'en reviens d'ailleurs toujours pas que l'auteur soit passée chez Busnel. Mince, à la grande librairie quoi ! Mais il faut bien que Busnel fasse de l'audimat s'il veut que son émission continue à exister, alors la noblesse de la littérature, hein, elle tient à quoi ? Quelques best-sellers bien vendus qui font survivre d'autres choix plus engagés et audacieux. Laissez les midinettes rêver au Prince Charmant, elles ne font de mal à personne, et replongez-vous dans Joyce, vous je ne sais pas, mais moi Ulysse, je n'en suis toujours pas venue à bout. Au fond, on en revient toujours au même, la légitimité du populaire, le jugement de valeur élitiste, etc. etc.

En ce qui me concerne, les Pléiade de Joyce (James) et Cohen (Albert) côtoient ma table de nuit comme EL James, les premiers sont justes plus durables, dans tous les sens du terme... et autrement marquants.

 

 

JC Lattès, octobre 2012, 560 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : © éd. JC Lattès

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Le vrac du dimanche (10)

11 Novembre 2012, 14:25pm

Publié par Laure

Parce qu'en quelques jours de congés je n'ai pas fait grand-chose d'autre que lire et dormir, je n'ai pas rédigé de commentaires sur des lectures pourtant fort bonnes, et je suis trop fainéante pour m'y coller autrement qu'à chaud. Pas envie de faire un billet en bonne et due forme donc, pas envie non plus de les laisser dans l'oubli. Et parce que le blog ne doit jamais être une corvée... bref je les ai lus et aimés, et je les conseille :

 

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Les affligés, de Chris Womersley

Traduit de l'anglais (Australie) par Valérie Malfoy,

Albin Michel, mai 2012, 319 pages, prix : 20 €

 

 

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Un repas en hiver, Hubert Mingarelli

Stock, août 2012, 144 p. prix : 17 €

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Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre – Ruta Sepetys

4 Novembre 2012, 18:22pm

Publié par Laure

 

traduit de l'anglais (américain) par Bee Formentelli

 

ce-qu-ils-n-ont-pas-pu-nous-prendre.jpgLina, 15 ans, a un avenir prometteur dans le dessin, art pour lequel elle excelle, quand elle est arrêtée avec sa mère et son jeune frère un jour de juin 1941, dans leur ville de Lituanie. Son père, doyen d'université, a disparu depuis la veille. Comme beaucoup d'autres habitants des pays baltes, ils sont déportés par le NKVD, la police secrète soviétique.

Le roman est l'histoire aussi forte que dramatique de leur déportation en Sibérie, de leur lutte pour survivre dans le kolkhoze où ils sont exploités, puis de leur déplacement dans un autre camp de travaux forcés au Pôle Nord. Les parallèles avec les camps nazis sont évidents, les déportations inhumaines en wagon à bestiaux surchargés, sans nourriture et sans hygiène aussi. On ne peut parfois s'empêcher de penser (et c'est terrible) que l'on sait déjà tout cela, la littérature ne manque pas sur ce sujet. L'angle est différent, peut-être a-t-on un peu moins de témoignages sur les purges staliniennes effectuées sur les Lituaniens, et il en ressort néanmoins que le roman est très bien construit, laissant apparaître même au plus sombre de l'horreur, une lueur d'humanité.

Publié dans une collection destinée à des adolescents, on ne peut qu'approuver l'intelligence historique d'un tel roman, fictif mais largement documenté, et il va sans dire qu'il peut être lu bien au-delà de l'adolescence. Toutefois, je ne partage pas le « coup de coeur » souvent rencontré sur les blogs et le net pour ce roman, peut-être pour son côté « déjà vu », ce qui pose aussi la question délicate de la part romanesque que l'on peut créer sur un tel sujet. Document ou fiction, histoire ou Histoire ?

 

 

Gallimard, coll. Scripto, octobre 2011, 423 pages, prix : 14,20 €

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Crédit photo couverture : © « photo de la pousse » iStockphoto.com /Smit / et éd. Gallimard.

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