Les jardins d'Hélène

Zizi, Zézette : mode d'emploi - Michaël Escoffier, Séverine Duchesne (ill.)

6 Février 2013, 10:16am

Publié par Laure

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© toutes photos édition Frimousse / Séverine Duchesne

 

Nul besoin de grand discours (petit billet TGV) : tout y est dans cet album !  l'humour (et l'humour, et encore l'humour), de très chouettes illustrations, et derrière l'humour, des infos plus sérieuses sur le zizi mode d'emploi (l'hygiène, pourquoi il change, ce qu'on peut faire avec, ce qu'on ne doit pas faire, qui a le droit de le voir). Méfiez-vous les parents, vous risquez quand même d'être pas mal mis à contribution  d'autant que le second degré ne sera pas forcément toujours perçu selon l'âge de l'enfant.

 

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© toutes photos édition Frimousse / Séverine Duchesne


Et comme toujours dans cette collection maxi Boum chez Frimousse : un grand format, une couverture costaude, un beau papier épais : bon investissement durable, d'autant plus que les enfants aimeront le relire !
Et pour ceux que le sujet concerne : il y a le tout aussi bon Petit frère, Petite Soeur, mode d'emploi, idéal quand arrive un nouveau bébé dans la famille.

 

 

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© toutes photos édition Frimousse / Séverine Duchesne

 

Editions Frimousse, coll. Maxi'Boum, octobre 2012, prix : 15 €

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Crédit photo couverture :   © éditions Frimousse / Séverine Duchesne

 

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Gros dodo - Hélène Vignal (ill. de Claire Franek)

5 Février 2013, 11:21am

Publié par Laure

gros-dodo.jpgLe papa de Louise et Tessa a rapporté à ses deux filles deux magnétophones à cassettes qui allaient être jetés à son travail. Des magnétophones à cassettes, ce n’est plus très moderne, Louise – l’ainée – trouve ça un peu nul comme cadeau, elle aurait préféré un chiot, une console ou un DVD.

Au même moment, un appel téléphonique leur apprend que leur mère a eu un grave accident et qu’elle est dans le coma. Le père file à l’hôpital pendant que les filles enregistrent tous les sons de la maison et du dehors pour leur maman, car qui sait, on dit que les malades dans le coma peuvent entendre. Tessa est trop jeune pour vraiment comprendre la situation, c’est donc pour elle qu’on explique que maman fait un « gros dodo » (le titre du roman), le temps nécessaire pour réparer son corps tout cassé. Louise, elle, aimerait croire que sa mère est en fait un agent secret parti en mission.

Le temps passe et les bruits enregistrés par Louise sont le lien qu’elle maintient avec sa maman.

Les illustrations de Claire Franek représentent beaucoup d’onomatopées écrites, que j’ai parfois trouvées un peu trop nombreuses, envahissantes, mais qui traduisent bien l’importance des sons dans le quotidien qu’on ne perçoit plus sans y être attentif, et qui viennent nourrir le silence de la mère malade.

L’histoire finit bien et peut permettre de dédramatiser le sujet ou d’apporter quelques réponses sur ce que peut avoir de mystérieux le coma pour un enfant. Le langage encore balbutiant de la petite Tessa apporte un peu de légèreté à l’histoire et le père ne faillit pas dans son courage, même dans les moments de découragement de Louise qui troue le temps bien long.

Un petit roman qui n’a rien de sombre, qui peut paraître assez simple mais qui reste avant tout destiné à des enfants de 7 à 10 ans.

 

Rouergue, coll. Zigzag, janvier 2007, 107 pages, prix : 6,60 €

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Crédit photo couverture : © Claire Franek et éd. du Rouergue

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Janvier est passé sans que je le voie (oui avec un e c'est un subjonctif)

2 Février 2013, 21:20pm

Publié par Laure

 

Il y a un blog que j'aime beaucoup, c'est celui de Doc maman (qui parle ici du rhume de Piloui mais vous avez le droit de vous faire l'intégrale d'un coup vous ne le regretterez pas), parce que même si je suis du côté des patients, on est je crois sur la même longueur d'ondes, et l'image que ses articles me renvoient de la médecine générale est celle que me renvoie ma généraliste que je vois peu mais que j'apprécie. Cela fait bien longtemps que je ne consulte plus pour un rhume, la fameuse rhino-pharyngite pour faire plus sérieux (lisez son blog et ses liens vers ses confrères blogueurs), mais parfois, à force de se dire que ce n'est rien ça va passer, on se pourrit le mois de janvier.

ça a donc commencé par un rhume tout bête, le nez qui coule, la gorge qui gratouille et la toux qui s'invite. On se mouche et on se dit qu'on en a vu d'autres. Arrive la fièvre, qui est assez perfide pour monter à 39 la nuit mais se laisser dompter le jour (les shoots au Doliprane ^^). Pas de bol il neige (en moyenne 4 jours par an, fallait que ce soit ceux-là) les routes sont pourries les enfants sont coincés à droite à gauche et pendant 4 jours vous faites des allers-retours à la ville pour les attendre à des trains qui n'arrivent pas, les reconduire à d'autres qui parfois partent, jamais dans le même sens, jamais les trois en même temps, sinon ce serait trop choupi. 4 jours de fièvre à 39 sur la neige à précéder la saleuse (sinon là aussi ce serait trop choupi) à rappeler à vos mômes que bon vous les aimez mais qu'ils pourraient faire comme les autres, rester au lit quand le Conseil Général ne sort pas ses cars et repousser le week-end chez leur père quand même la SNCF déraille. Mais vous êtes une gentille maman dévouée, et cette saleté de fièvre, elle s'incruste le dimanche et le lundi, quand vous ne bossez pas, tant qu'à faire. Histoire de se dire qu'entre deux trajets à cette foutue gare, rester au lit vous guérira (le taupin ne peut pas louper un cours sinon il rate son année et donc son avenir et donc sa vie, vous fait-il comprendre, la miss en 1ère vous dit que ben ouais mais les 35 autres ils sont en cours eux parce qu'ils habitent pas au fin fond de nulle part eux, la Mosquito en 6ème vous rappelle que c'est trop cool les jours de neige on s'amuse au collège y a personne, alors sors de ton lit quoi.) Le mardi, vous reprenez le boulot, un peu chancelante, et sans le courage de faire de toute façon une cinquième fois les 30 km (x 2 avec le retour) qui vous séparent de la ville (là où il y a la fichue gare) et du médecin que vous avez suivie quand elle est partie, parce que les autres du coin, là, ils sont tout sauf médecins, on va pas débattre, c'est pas l'objet du jour.

On est donc à J + 5 et vous revisitez quand même le pharmacien histoire de refaire le stock de Doliprane, lequel vous dit que quand même là « faudrait consulter vous avez peut-être besoin d'antibiotiques pour pas que ça se surinfecte ». Vous lui dites oui oui vous y penserez et vous repartez bosser. A J + 8, vous en avez ras le bol des quintes de toux qui vous empêchent de dormir et vous pourrissent la vie le jour aussi. Les collègues des autres services commencent à vous faire comprendre sournoisement que les médecins, c'est pas fait pour les chiens. Alors vous prenez rendez-vous chez le médecin choupi de la ville à 30 km. Qui vous dit que vous avez eu la grippe. Vous tempérez en disant que quand même la grippe, vous auriez réellement été clouée au lit et que vous n'auriez pas pu agoniser au volant à essayer de mettre des enfants dans des trains ou de les en sortir. Comme elle a à peu près les mêmes mômes que vous mêmes âges mêmes études, elle vous sourit en vous disant que oui ils abusent nos loulous hein, et elle vous concède une grippette si ça peut vous faire plaisir.

Elle me dit que je suis toute pâle et que j'ai des cernes, zut, je pensais faire illusion. J'avoue qu'à cette étape-là, je prendrais bien deux jours d'arrêt, mais je crois que ma généraliste, les jours d'arrêt maladie, si on n'est pas dans le coma à l'hosto, elle connaît pas. Et en plus j'ose pas demander. J'ai donc droit aux pschitt pschitt pour le nez de Docmaman et les quelques trucs non remboursés qui vont avec, et cerise sur le cupcake, 4 jours de cortisone. (Sur ce coup-là je lui en veux car je n'ai vu aucune différence avant / après)

A J + 11 je commence à émerger de mon brouillard, je sors tousser dans le couloir toutes les demi heures, ma voix déraille un peu moins quand je tente de faire visiter la bibli à un nouveau lecteur et tant mieux parce qu'à J + 12, j'ai 2 stagiaires qui débarquent pour la semaine et je m'occupe bien des stagiaires sinon c'est pas la peine de les recevoir. A J + 13, on a un beau dégât des eaux dans la réserve (les sols en ont marre de la pluie et recrachent tout dans la cave), à J + 18, la mairie s'en fout toujours, les pompiers ont des vies à sauver plutôt que des caves à pomper (en réalité ils pompent les caves des mamies du coin mais pas celles du service public) ce sont donc mes bénévoles qui ont mis les bottes, ont descendu l'escalier en colimaçon, barboté dans les 5 cm et avec eux j'ai brassé des tas de livres trempés qui ont déjà commencé à moisir. (oui les cartons de livres de la future braderie étaient au sol, c'est ballot, et les étagères les plus basses de la vraie réserve ont pris l'eau)

Je suppose que mardi je pourrai apporter le masque et le tuba.

Bref tout cela pour dire qu'en janvier (comment cela, je ne vous ai pas perdu?) j'ai peu lu, trop fatiguée pour en plus venir en faire des commentaires ici. Et je suis toujours un peu flapie.

 

En février, je dors et je lis, promis.

 

Le bilan de janvier :

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Je n'en ai donc pas parlé mais :

- Cinquante nuances plus sombres est d'une niaiserie désolante (j'avais été indulgente avec le premier, là faut pas pousser)

- Plan B pour l'été est très bien, vivant, dynamique et baume au cœur

- Le tome 3 des souvenirs de Mamette est toujours aussi bon

- Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est très bien malgré une petite longueur ou lenteur sur le 1er tiers

- L'amour sans le faire est très bien aussi, sensible, délicat, juste, très beau livre sur les solitudes mais je trouve la fin un peu rapide.

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Je rachète ou pas ? (les cosmétiques du mois # 01-2013)

31 Janvier 2013, 18:35pm

Publié par Laure

 

Bilan cosmétique du mois de janvier, sur les produits que j'ai terminés : alors je rachète, ou pas ?

(comment cela je me suis gourée de blog ? Oui, peut-être)

6 produits terminés ce mois-ci, un peu de tout, des démaquillants, des soins visage et corps...

 

produits terminés janvier

 

creme nuit niveaSoin de nuit anti-rides Pure & Natural Nivea visage,  prix indicatif  : 10,95 €.

Sans paraben, sans colorant, sans silicone et sans huile minérale. À l'huile d'argan bio. Produit reçu en cadeau il y a longtemps, en complément du même soin de jour à tester pour un site internet de panel de consommateurs. Mais comme je suis beaucoup plus flemmarde sur la crème de nuit que sur la crème de jour, celle-ci m'a duré loooongtemps !

Est-ce que je rachète ? Non. Je n'aime pas les crèmes de nuit (ou si peu), la plupart sont épaisses et grasses. Celle-ci reste correcte (mais toujours trop épaisse et grasse à mon goût), hydratante, pas trop parfumée, pénètre vite, mais nada sur l'effet anti-rides. Et je n'aime pas spécialement les pots, maniaque que je suis des flacons-pompe.

 

Nivea, Lait corps sous la douche Nourrissant, peaux sèches, prix indicatif : 4,18 €

lait douche niveaAlors là clairement non. Pas sûre d'ailleurs que ce produit vive longtemps en magasins. L'idée pouvait paraître sympa mais le résultat est nul. Il s'agit donc d'un lait hydratant à rincer sous la douche. L'idée est que ce soit facile et rapide : vous vous lavez sous la douche, vous vous rincez, vous appliquez ce lait sur tout le corps vite fait, vous rincez, et votre peau est hydratée comme si vous aviez pris le temps d'appliquer vraiment un lait corporel après la douche.

Il faut penser à laisser le flacon en permanence tête en bas, sinon le produit ne sort pas. La texture est fluide et crémeuse, odeur Nivea caractéristique assez forte, on a une sensation d'huile sur la peau, même après rinçage. Et comme en sortant de la douche on se sèche forcément, j'ai surtout eu l'impression que c'est ma serviette qui profitait du produit. Donc non, je ne suis pas convaincue du tout. Mieux vaut prendre le temps d'appliquer un vrai lait hydratant.

 

lait demaq samparLait démaquillant velours, SAMPAR, rose & géranium, visage & yeux, prix indicatif : 29,50 € le flacon-pompe de 200 ml. (J'avais pour ma part acheté le flacon-pompe de 100 ml sur vente-privée au prix de 4,50 €)

Non, je ne rachèterai pas non plus, surtout au prix de vente ordinaire. Le lait est très épais, moins fluide qu'un lait démaquillant habituel, le parfum de rose est très (trop) présent, il fait le job mais je n'aime ni la texture ni l'intensité du parfum, mauvais rapport qualité / prix. (ça va au prix de déstockage vente-privée, sinon arghhh!)

De plus comme souvent avec ce genre de produit, il en reste plein au fond du flacon que la pompe ne pompe plus …. Il faut ruser pour vraiment le terminer.

 

Eau nettoyante-démaquillante visage & yeux, Mixa bio peaux sensibles, prix indicatif : 4,90 € eau micellaire mixa bio

Non (décidément)

J'aime les eaux micellaires pour me démaquiller les soirs de flemme, c'est facile et rapide, et la Créaline de Bioderma reste l'incontournable. J'ai voulu profiter d'une promo (lot de 2 flacons à prix avantageux) pour tester celle-ci, mal m'en a pris (parce qu'il m'en reste encore un second à utiliser!) : le produit laisse un effet collant sur le visage après utilisation, et le flacon-pompe est une catastrophe : on en met partout, impossible de viser pile le coton, ça sort bien trop loin, etc. Sportif à utiliser, et il faut en utiliser pas mal pour un démaquillage efficace, surtout au niveau des yeux.

Parfum indéfinissable pas trop insupportable, mais packaging et effet collant rédhibitoires.

 

ap sh petit marseillais ch longs  Après-shampooing 1 minute, lin / amande douce (cheveux longs), le petit Marseillais, prix indicatif : 2,90 €

Oui pourquoi pas. Produit familial facile et rapide pour les filles à cheveux longs de la famille, quand on veut démêler sans apporter d'effet soin particulier ni y passer trop de temps. J'ai fini par me rendre compte que j'étais quasi la seule à l'utiliser dans la maison, Mosquito préférant celui pour cheveux blonds et ma grande décrétant n'avoir pas le temps pour des après-shampooings.

Pas de passion particulière pour ce produit, j'apprécie le parfum assez neutre et discret.

 

mousse coiffante volume auchanMousse coiffante spéciale volume, Auchan, prix indicatif : je ne sais plus, c'est un vieux produit, autour de 2 € sans doute.

Le genre de produit qu'on achète en se disant qu'on essaiera de se faire un brushing correctement, etc. et qu'on utilise au final quasi jamais (pas le temps...). Il a donc duré longtemps ! Mais ne colle pas trop ni ne cartonne, pas d'effet spectaculaire mais en même temps je n'utilise pas suffisamment ce genre de produit pour comparer avec d'autres...

 

Voilà, pas de vrai coup de cœur ce mois-ci, rien qui me mènerait sur le chemin de la fidélité et du rachat les yeux fermés, même si je ne l'exclus pas pour l'après-shampooing...

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Les trois lumières - Claire Keegan

23 Janvier 2013, 11:23am

Publié par Laure

Traduit de l’anglais (Irlande) par Jacqueline Odin

 

les-trois-lumieres.jpgDans le Wexford, au fin fond de l’Irlande, une petite fille est confiée par ses parents à un autre couple sans enfants, le temps que sa mère accouche d’un nouvel enfant qui vient accroître une famille déjà nombreuse. D’abord intimidée, la petite va découvrir peu à peu l’attention qu’on lui porte, l’amour qu’on peut donner, et une vie bien différente de la sienne.

L’économie de moyens ne fait pas l’aridité du texte : que de choses suggérées en si peu de pages ! Le récit laisse entendre bien plus qu’il ne dit, en laissant planer des zones d’ombre, y compris dans la famille d’accueil, si bien que le lecteur ne peut jamais relâcher son attention : un nouveau drame couve-t-il, quand cela va-t-il basculer ? ou l’apaisement heureux est-il un bonheur simple à savourer tant qu’il est présent ? Le lecteur chemine sur une route inconnue au même rythme que la réflexion de l’enfant. p. 20 : « Pourquoi est-il parti sans même me dire au revoir, sans jamais préciser qu’il reviendrait me chercher ? »

p. 52 « Alors que nous marchons sur la route, il y a dans l’air le goût d’une chose plus sombre, d’une chose qui pourrait arriver et s’abattre et changer la situation »

Jusque dans la fin qui offre tous les possibles, le lecteur ne saura jamais vraiment. A lui de choisir sans doute…

Si j’ai aimé tout particulièrement l’atmosphère de cette nouvelle, la force de ses personnages, la concision des propos qui révèle tant de non-dits, j’en demeure toutefois un peu « frustrée », il en manque trop encore, l’auteur n’en dit vraiment pas assez pour que l’histoire me satisfasse pleinement, mais c’était bien le but sans doute, laisser le lecteur troublé, séduit, mais entre deux eaux. Un très beau texte en tout cas.

  

(Première parution en français chez Sabine Wespieser en 2011)

 

Éd. 10-18, août 2012, 87 pages, prix : 6,10 €

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Crédit photo couverture : © Mélanie Wintersdorff- Photo Ricardo Demurez / Trevillion Images / et éd. 10-18.

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Mouche' – Marie Lebey

21 Janvier 2013, 20:51pm

Publié par Laure

 

mouche.jpgEn commençant ce roman, je voyais déjà la longue liste de clichés qu'on peut y aligner : une fille qui raconte sa mère alors que cette dernière est très âgée, le récit est autobiographique (l'auteur n'hésite pas à se nommer dans le texte) bien que roman soit écrit sur la couverture, le livre est dédicacé à Nathalie Rheims qui publiait le même genre de récit chez le même éditeur il y a moins de six mois, toutes les filles ont quelque chose à régler avec leur mère, alors si toutes les filles doivent sortir un bouquin, on n'est pas rendu, et si en plus celui-ci s'ouvre sur la plongée en fosse de piscine, rappel du liquide amniotique, tout cela, n'en jetez plus ! Ajoutez-y une pincée de culture classique, l'apologie de Proust et la visite guidée du Grand Hôtel déjà mainte fois lue, et la ville de Cabourg a trouvé son nouveau faire-valoir.

 

Et puis, et puis.. C'est vrai qu'il y a quelque chose dans l'écriture, le sens de la formule, un côté vachard et tendre à la fois, Mouche' avec son apostrophe finale en clin d’œil est un personnage haut en couleurs, avec un petit côté burlesque.

p. 25 : « Mes trois garçons s'étaient attachés à cette grand-mère belge un peu braque, qui refusait d'être appelée mamie pour prendre le nom plus énigmatique de mouchka, qui signifie bonne-maman en russe, mais que ses petits-enfants derrière son dos surnommaient « Mouche' ».

 

Plus personnel : 

p. 65 : « A la mort de ma sœur, je perdis ma mère. Je devins cette adolescente qui passait inaperçue aux yeux de tous. Et comme c'est toujours les meilleurs qui partent en premier, j'en avais pris pour un bail sur cette terre. »

 

p. 89 : « Je n'ai pas le souvenir que Mouche' ait jamais posé sur moi un regard de mère. Je veux parler de cette tendresse qui irradie un enfant, comme un soleil aveuglant. Son regard blessant me donnait des coups. Mes défauts ressortaient comme des bleus. Sous couvert de faire de l'humour, elle se moquait de moi. Si elle m'aimait ? Oui, sûrement, ce qui la rendait plus dangereuse encore. Les rares fois où elle avait eu pour moi un geste affectueux, sa main était glacée. »

 

Rien de très novateur me direz-vous. Il y a quelques passages plus fantasques, un brin cocasses, mais là aussi, j'imagine qu'on a tous quelques originaux dans nos familles. Finalement, ce que j'ai le plus aimé, c'est le regard de l'auteur sur ses trois enfants, sa relation avec eux (ils sont adultes à présent), ses trois mecs qui ont baigné dans le foot, père footballeur célèbre, et le verdict de la mère sur cette ambiance :

p. 103/104 : « Trois fils de footballeur, c'est trois garçons qui pensent sincèrement que taper dans un ballon, c'est un vrai métier, et que l'histoire ou la géographie ne servent à rien. Le foot aura été ma croix. Je l'ai portée sous la pluie deux fois par semaine lors des entraînements et les dimanches à l'heure de la sieste […] Remplir le frigidaire tous les deux jours. Continuer à acheter des livres qu'ils n'ouvrent jamais. Partir faire valider avant 18 heures le bulletin de Cote et Match, en sachant pertinemment que s'ils gagnent au loto, ils ne me paieront pas la piscine de mes rêves, mais un séjour dans la maison de retraite la plus proche. »

 

Conclusion ? Et bien même l'auteur vous la donne : (p. 124) « Avec l'âge, Mouche' rétrécit, se lyophilise un peu plus chaque jour, mais son esprit reste intact. Elle trouve que mes livres n'ont pas grand intérêt, mais que j'ai un petit quelque chose. »

 

CQFD.

 

 L'avis de Livrogne

 

 

Ed. Léo Scheer, janvier 2013, 124 pages, prix : 18 €

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Crédit photo couverture : éd. Léo Scheer.


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Les mille et une nuits - Gudule et François Roca (ill.)

18 Janvier 2013, 16:07pm

Publié par Laure

mille-et-une-nuits.jpgLe temps d’un bel album grand format, revenir en enfance, par la magie des contes, de l’Orient lointain, des coffres volants, des vizirs et des califes. Ce recueil comprend neuf contes, dont le premier, Shéhérazade, est celui qui sert de cadre à tous les autres. Le sultan Schahriar, découvrant avec horreur que sa femme le trompe, décide de tuer chaque matin la nouvelle femme qu’il aura épousée la veille. C’est la panique dans le royaume endeuillé. Shéhérazade, fille du grand vizir, supplie son père de lui laisser épouser le sultan, car elle envisage un subterfuge pour que cessent ces assassinats.  Chaque soir, elle commence à lui conter une histoire dont elle livrera la fin le lendemain si elle survit, et ces contes enchâssés dureront ainsi mille et une nuits, au bout desquelles le sultan lui laissera la vie sauve.

 

Gudule – connue surtout pour ses romans jeunesse – adapte ici quelques contes sans les dénaturer, certains sont drôles (l’encombrant cadavre, l’homme qui mit sa femme dans un bocal), d’autres plus sombres, tragiques, ou émouvants. Tous offrent évasion et dépaysement, et laissent rêveurs devant les somptueuses illustrations pleine page de François Roca. De même chaque conte est introduit au centre d’une arcade illustrée, avec un fronton reprenant toujours Shéhérazade contant au sultan, et de chaque côté, un personnage ou un animal du conte dont il est question.

Un bel album pour un retour aux contes traditionnels, à faire découvrir aux enfants à partir de 9/10 ans.

 

Nathan, coll. Contes et Légendes, octobre 2012, 57 pages, prix : 17,50 €

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Crédit photo couverture : © François Roca et éd. Nathan

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Vous ne connaîtrez ni le jour ni l’heure – Pierre Béguin

12 Janvier 2013, 07:21am

Publié par Laure

PierreBeguin-Vousneconnatreznilejournilheure-HD.jpgDepuis trois semaines, un homme, marié et père de famille, connaît le jour et l’heure de la mort de ses parents. « Ce sera le 28 avril à 14 heures ». Le propos va à l’encontre du verset de l’évangile selon St Matthieu (25:1) qui donne son titre au livre. La veille de ce jour fatidique, il s’installe dans son ancienne chambre d’enfant, et écrit ce qu’il ressent à l’approche de ce suicide annoncé.

Réflexion générale et particulièrement pertinente sur le suicide assisté en fin de vie (thème plus que jamais d’actualité et dans la législation et dans la littérature, j’ai lu en décembre, sans le commenter mais je l’ai beaucoup aimé, le roman de Martin Winckler, en souvenir d’André, (chez P.O.L) qui aborde – différemment et de manière plus romanesque le même thème, en janvier sort également je crois le récit d’Emmanuelle Bernheim, Tout s’est bien passé (Gallimard)), ce roman de l’écrivain suisse Pierre Béguin frappe par la justesse de ses propos, et montre combien ce n’est pas simple, même lorsque l’on a déjà une idée bien arrêtée sur la question. S’il voit son père convaincu, il sent le doute et la fragilité de sa mère. N’accepterait-elle pas cet acte que comme une dernière preuve d’amour à son mari ?

Le narrateur revient également sur son enfance, avec l’éclairage sociologique que lui apporte désormais sa maturité, la personnalité de ses parents et comment il s’est forgé la sienne propre, jusqu’au récit du déroulement de l’acte (la démarche passe par une association, la présence de deux médecins, l’absorption d’une potion létale), mais le récit ne s’achève pas à ce moment venu, il va bien plus loin, et gagne encore – s’il était besoin – en force et pertinence.

Une telle analyse, que je trouve bien plus proche de l’essai et du récit très introspectif plus que du roman ( ?), ne peut laisser indifférent. J’ai noté beaucoup de passages qui venaient bousculer ou confirmer ma propre réflexion, mais j’ai fini par arrêté la prise de notes tant chaque phrase pourrait être retenue.

 

En fin d’ouvrage, on trouvera des précisions sur l’état actuel de la législation en France et en Suisse.

Un roman (puisque c’est ainsi qu’il est noté sur sa page de titre) qui interpelle, invite à réfléchir, se révèle particulièrement brillant, séduit sans jamais sombrer dans une émotion douteuse, et qui confirme qu’une écriture classique, rigoureuse, simple et travaillée à la fois, ajoute à la valeur du texte.  

 

p. 14 : « Au bout de leurs forces, le visage chaviré de fatigue, le regard épuisé, ils semblaient soudain implorer mon aide. Pouvais-je m’ériger en juge de leur état ? Au nom de quelle valeur aurais-je pu contester cette conception radicale qu’ils s’étaient forgée de leur dignité ? Comment savoir si cette décision sans appel soulignait la défaillance de leur nature ou la vigueur de leur âme ? De quel droit me serais-je opposé à leur liberté essentielle ? »

 

p. 35 « Il est tellement plus simple de se soumettre à la fatalité. C’est la liberté qui est insupportable, invalidante, tragique… »

 

p. 62 : « Écrire m’est davantage une réparation qu’une création, un devoir qu’un plaisir, une souffrance qu’une jubilation. Il en a toujours été ainsi. Et je crois comprendre les raisons pour lesquelles je n’ai jamais ressenti que très parcimonieusement cette jouissance de l’écriture que revendiquent certains écrivains. La jouissance est dans la création, la réparation est dans la culpabilité… »

 

p. 137 : « Jamais je n’avais remis en cause le droit légitime de chacun à disposer de son existence. Jamais je n’avais testé la résistance de cette conviction. Le recours à l’ « autodélivrance » s’imposait à moi comme un principe intangible. Tant que je n’y étais pas impliqué… Cet axiome se fissure maintenant aux secousses du deuil. Je ne sais plus à quel raisonnement me raccrocher. »

 

p. 138 : « Pratiquer l’euthanasie, n’est-ce pas abdiquer, renoncer à toute quête d’amélioration, accepter un état de fait comme définitif, ouvrir la porte aux impératifs économiques douteux ? Ne vaudrait-il pas mieux convoquer toute notre énergie contre cette tentation à la démission ? Une société qui ne pratique pas l’euthanasie reste une société en recherche de solutions meilleures. » 

 

Philippe Rey, janvier 2013, 192 pages, prix : 17 €

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Crédit photo couverture : éd. Philippe Rey

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La chanson de Richard Strauss - Marcus Malte et Alexandra Huard (ill.)

11 Janvier 2013, 11:06am

Publié par Laure

chanson-de-richard-strauss.jpgDeux petits garçons habitent le même immeuble et sont amis. Ils partagent tout, jeux et bleus aux genoux. Le jeune Richard Strauss (qui n’est pas le musicien, même si l’on pourra y voir des liens antinomiques) est juif, ce n’est pas dit, mais l’illustration et l’histoire le font entendre tout en drame et finesse. La peur s’insinue, enfle et prend de l’ampleur, la voix à la radio, le bruit des bottes, les drapeaux qui remplacent les fleurs sur les balcons, et dans l’illustration, une étoile de David peinte sur un volet, une croix gammée accrochée en étendard : c’est bien de la guerre, des arrestations et de la déportation dont il s’agit.

Un jour Richard disparaît, il ne reste plus que son chien, « moitié blanc / moitié noir / et court sur pattes / C’était un corniaud / un bâtard », et son ami solitaire, avec son violon dont il n’a plus envie de jouer, et cette chanson, la sienne, texte de l’album mais aussi celle de la vieille femme à son volet qui déjà annonçait « Comment faire ? Comment faire ? / On y croit, on espère. / Comme enfer, comme enfer / On ne peut pas mieux faire ».

Le texte, poétique et en chanson est somptueux. Spontanément je l’ai lu à voix haute. L’illustration, à travers des couleurs vives et des détails qui s’inscrivent discrètement, complète parfaitement le texte.

Si l’adulte comprend de suite le contexte, l’enfant lui aura sans doute besoin d’accompagnement, mais c’est cette distance et cette poésie qui font justement la qualité de cet ouvrage, qui n’est pas un « énième » livre sur le sujet, mais une œuvre d’art à part entière, littéraire et artistique.

 

(à partir de 9 ans)

 

Une analyse très juste et quelques images en plus chez Sophie et Fantasia.

 

Sarbacane / Amnesty International, avril 2012, 34 pages, prix : 15,50 €

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Crédit photo couverture : © Alexandra Huard et Sarbacane éd.

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06h41 - Jean-Philippe Blondel

7 Janvier 2013, 11:53am

Publié par Laure

 

06h41.jpgAu lendemain d'un week-end éprouvant passé à Troyes chez ses parents, Cécile Duffaut reprend le train pour Paris, où elle vit et travaille, le premier train du matin, le 06h41. A côté d'elle s'asseoit Philippe Leduc, qui « monte » à la capitale voir un ami en fin de vie. Ils feignent d'abord l'indifférence mais tous deux se connaissent, ils se sont aimés vingt-sept ans auparavant, le temps d'une aventure houleuse qui s'est très mal finie. Renoueront-ils le dialogue ?

Le voyage en train est l'occasion pour chacun de revivre son passé, son parcours et son présent. Comment cette liaison de jeunesse les a profondément changés, a infléchi leur vie sans qu'ils en mesurent peut-être toute l'importance sur le moment. Un renversement s'est opéré dans leur caractère, leur ambition, leur superbe ou leur effacement. N'est plus aussi fort celui qu'on croit.

 

Jean-Philippe Blondel confirme une fois encore qu'il est l'écrivain du sentiment intérieur, du cheminement intime qui s'égrène à travers des faits en apparence anodins. Fin observateur de la vie, de nos vies. Pour autant, 06h41 ne m'a pas emportée comme ses précédents romans ont pu le faire. J'ai trouvé le voyage presque long et terne, même si l'arrivée a finalement gagné mon adhésion. J'en suis encore imprégnée, de cette histoire, de cette fin, de ces possibles, alors que j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages. Trop loin de moi sans doute, l'effet miroir n'a pas opéré. Ambivalence toutefois puisque l'ensemble fonctionne, bien construit, justement pensé, une parenthèse séduisante le temps d'un voyage, une parenthèse qui n'a pas – pour moi - la portée de ses autres romans.

 

Ce n'est pas l'avis de Clara, qui a été profondément touchée.

 

 

p. 12 : « Vient un âge où on est coincés entre des enfants indifférents et des parents récalcitrants. Voilà. J'ai quarante-sept ans. Je suis en plein dedans. »

 

Buchet-Chastel, janvier 2013, 231 pages, prix : 15 €

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Crédit photo couverture : ©2009 Tony Kearney / Getty Images / et éd. Buchet-Chastel.

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