Les jardins d'Hélène

La vie est facile, ne t'inquiète pas – Agnès Martin-Lugand

23 Avril 2015, 11:03am

Publié par Laure

Si j'avais été plutôt bon public avec le tome 1 (Les gens heureux lisent et boivent du café), je suis nettement plus agacée par cette suite. (Il est possible de la lire indépendamment, mais l'intérêt est bel et bien de retrouver les personnages du tome 1!)

 

Au début de ce tome 2, Diane est donc rentrée à Paris, a racheté son café à ses parents et a fait une nouvelle rencontre, un homme tendre et attentionné, Olivier, avec qui elle semble enfin apaisée.

Mais bien évidemment l'Irlande et le bel Edward vont réapparaître dans le décor.

 

Je dis stop, car ce qui était un roman sentimental dans le tome 1 devient ici un sirop collant où le mélo déborde à chaque page, où tout est « trop » : trop beau, trop triste, trop prévisible, trop artificiel, trop facile, trop happy end. Le lecteur a constamment une longueur d'avance sur le texte, une phrase et hop, vous devinez ce qui va se passer (même l'apparition d'un Declan dans le paysage, la trame est transparente et dès lors, vous savez la fin)

 

J'avoue ne pas comprendre le titre : la vie est facile, ne t'inquiète pas ; ah ben oui, c'est sûr que dans un tel roman, la vie est si simple qu'on se demande pourquoi on s'acharne à la vivre autrement. Il suffit d'y croire. Hum.

 

Michel Lafon, avril 2015, 317 pages, prix : 16,95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : éd. Michel Lafon

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Les gens heureux lisent et boivent du café – Agnès Martin-Lugand

18 Avril 2015, 10:44am

Publié par Laure

Depuis la mort accidentelle de son mari Colin et de Clara, sa fille de 5 ans, Diane ne quitte plus son lit, ses larmes et sa douleur. Elle se terre chez elle et ne met plus les pieds dans le café littéraire qu’elle a monté : « les gens heureux lisent et boivent du café ». Son ami et employé  Félix, un gay plus enthousiaste à l’idée de sortir et de flirter que de travailler continue de la secouer, en vain. C’est le 1er anniversaire de leur mort et Diane refuse de se rendre au cimetière.

Elle n’en prendra pas moins la décision de fuir en Irlande, un coin paumé qui devrait lui permettre d’oublier, loin de tous ceux qui restent.

 

À partir de là, je vous laisse imaginer tous les beaux clichés : l’Irlandais ténébreux bâti comme un rugbymen au caractère de chien, à l’amour à la haine, le gentil couple de parents de substitution, la méchante mégère qui débarque, les amours contrariées, les paysages sauvages qui lavent à grandes eaux tous les malheurs…, le tout (devrait être) sponsorisé par les manufactures de tabac et les brûleurs de café, au vu de la consommation gargantuesque qui en est faite.

 

Je situerais cela quelque part entre Anna Gavalda pour les bons sentiments, Marc Levy pour la facilité d’écriture et la trame cousue de fil blanc, et Harlequin pour le roman sentimental qui fait vibrer le petit cœur tout mou de la lectrice.

 

L’avantage, c’est que ça se lit très vite, sans déplaisir, la petite douceur qu’on s’offre le temps d’une soirée sous la couette ou d’un après-midi sous le parasol.

 

La suite parait le 23 avril 2015, sous le titre La vie est facile, ne t’inquiète pas, chez Michel Lafon. A vous de voir, donc.

 

 

Michel Lafon, juin 2013, 256 pages, prix : 14,95 €

En poche chez Pocket, juin 2014, 186 pages, prix : 6,20 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Paolo Puzzimenti et éd. Michel Lafon

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L’immeuble qui avait le vertige – Coline Pierré

17 Avril 2015, 14:17pm

Publié par Laure

Illustration de couverture : Loïc Froissart

 

Hannah emménage avec ses parents et son petit frère dans un nouvel immeuble. Une bien belle construction offrant tous les services : salle de sport, crèche, bibliothèque, ciné-club, salle de jeux et salle de musique, et que le maire a baptisé « Hector », du nom de son chien récemment décédé.

Hannah découvre son nouvel univers et monte jardiner sur le toit (le rêve, vraiment, cet immeuble !) quand soudain l’immeuble se met à trembler, et des objets volent par les fenêtres pour s’écraser au sol. Les spécialistes des séismes et de l’immobilier se succèdent : tout est normal, personne ne comprend les raisons de ces vibrations répétées et de plus en plus violentes.

Hannah, elle-même sujette au vertige, se prend à imaginer qu’Hector souffre lui aussi de vertige du haut de ses vingt étages. Avec une psychologue, Louise, elle va s’attacher à le guérir de ses troubles…

 

Amateurs de récits de vie réalistes, vous risquez d’être déçus, en revanche, si vous acceptez un brin de fantaisie, ce petit roman pour les 9-12 ans est empli de douceur et d’une tendre imagination. Comme un être humain, Hector respire et bruisse, et c’est avec attention et persévérance qu’Hannah et Louise lui redonneront goût à une vie plus sereine et plus stable.

 

Accordons un peu plus d’attention à l’autre, redessinons les villes autrement, regardons nos voisins, dénonçons la mégalomanie des élus avec humour, et écoutons nos cœurs  …

 

Un roman un peu fou parfait pour les enfants rêveurs !

 

p. 43 : « Tous s’inquiétaient pour leur immeuble. Heureusement, les architectes et le maire ne voulaient pas non plus qu’on touche à leur œuvre. Le maire finit par dire :

- Il s’y habituera, c’est un caprice. Le vertige n’est pas une maladie, c’est de la sensiblerie. On n’a jamais vu un immeuble refuser son identité d’immeuble. Regardez la Tour Montparnasse à Paris, l’Empire State Building à New-York, le Burj Khalifa à Dubaï, ils sont bien plus hauts qu’Hector et ne se plaignent pas.

            Mais Hannah savait bien que le vertige n’était pas un caprice. Aucune peur n’était un caprice. Tout le monde connaissait la phobie du maire pour les lapins (ils étaient interdits en ville) et il n’aurait sans doute pas aimé qu’on le dise capricieux. Hannah prit une décision. S’il refusait de chercher une solution, elle le ferait à sa place. »

 

(Je découvre sur la présentation éditeur que l’auteur a grandi en Alsace, vécu à Paris, et habite aujourd’hui à Nantes. Moi tout pareil (sauf pour Nantes, j’en suis à 2 petites heures, mais toujours en Pays de la Loire – et accessoirement j’ai 15 ans de plus, mais chut)).

 

Autre titre de Coline Pierré sur le blog : Apprendre à ronronner

 

Rouergue, Coll. Dacodac, avril 2015, 76 pages, prix : 7 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Loïc Froissart et éd. du Rouergue.

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Mademoiselle Zazie a-t-elle un zizi ? – Thierry Lenain, ill. de Delphine Durand

17 Avril 2015, 13:18pm

Publié par Laure

Il ne s’agit pas d’un nouvel opus, mais d’une réédition du 1er volume des Mademoiselle Zazie. Indémodable et toujours aussi salutaire, sur les différences garçons-filles et les préjugés.

 

J’ignore la motivation réelle de l’éditeur (qui dit simplement sur sa page : « accessible aux plus petits dans une version album ! »), je suis sceptique sur l’argument (le texte étant strictement le même, ça ne change rien au fait d’être plus jeune ou vieux c’est juste une histoire de collection qui n’est pas identifiée « premières lectures » et qui de fait est aussi vendue deux fois plus chère. Moi je dis surtout que pour ceux qui ne connaissaient pas, ou pour ceux qui voudraient faire un chouette cadeau à un goûter d’anniversaire, c’est une très bonne idée, ce grand format qui redonne toute leur place aux belles illustrations de Delphine Durand.

 

Et c’est parce que Mademoiselle Zazie se comporte comme un garçon manqué qu’elle séduit Max, qui n’en est pas moins ému par sa découverte : les « sans-zizi » sont en fait des « avec zézette », et ça change tout ! Un chouette album pour aborder avec humour les premières questions de sexualité, et d’égalité garçon /fille.

 

Cri de joie de ma petite dernière de 14 ans (oui quand même) : Oh, Mademoiselle Zazie ! mais on l’a déjà ! Et de filer chercher le format petit roman pour voir si c’est bien le même. D’ailleurs on les a tous. (Pourtant déjà hérités de ses aînés). Génération Zazie, j’vous dis !

 

Feuilleter l'album : ici

 

D'autres Mademoiselle Zazie dans ces jardins :

Mademoiselle Zazie a des gros nénés

Mademoiselle Zazie déteste la maîtresse

(pour les textes de Thierry Lenain et les illustrations de Delphine Durand)

 

 

Nathan, avril 2015, prix : 10 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Delphine Durand et éd. Nathan

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Sam et Tom, l’incroyable aventure – Mac Barnett et Jon Klassen (ill.)

15 Avril 2015, 08:58am

Publié par Laure

Adaptation française de Jacqueline Odin.

 

Sous le regard bienveillant du chat de la maison, Sam et Tom partent creuser un trou, armés de pelles et accompagnés d’un chien. « Quand arrêterons-nous de creuser ? demanda Sam. – On est en mission, répondit Tom. On creusera tant qu’on n’aura pas trouvé quelque chose de spectaculaire ». Alors ils creusent, ils creusent… Par un plan en coupe, le lecteur voit les énormes pierres précieuses, et nos deux héros passer toujours à côté. Ils ont beau changer de direction, se séparer, la malchance est au rendez-vous. Le lecteur lui, s’amuse, car il assiste impuissant à la fatigue vaine des deux héros, et observe le chien qui lui, a du flair mais ne convainc pas ses maitres. Jusqu’à la chute… spectaculaire. Où tout se ressemble à quelques détails près…

 

Depuis Je veux mon chapeau, je suis fan du travail de Jon Klassen.

Dans Sam et Tom, la surprise, l’humour (absurde) sont au rendez-vous. C’est en tombant sur un os que l’aventure bascule…. (eh oui !) et que le spectaculaire n’est pas forcément où on l’attendait. Faites confiance aux enfants (ici à partir de 4/5 ans) pour être de fins observateurs de ce qui se déroule dans l’illustration, la magie est aussi dans l’interaction livre/lecteur, et ne soyez pas surpris si ensuite ils dessinent des labyrinthes et des trésors cachés ;-)

 

 

Milan, septembre 2014, prix : 13.90 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Jon Klassen et éd. Milan

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Le grand méchant renard – Benjamin Renner

7 Avril 2015, 15:34pm

Publié par Laure

Au dessin et au scénario, un seul homme : Benjamin Renner. Au final : une BD à dévorer le sourire aux lèvres à tous les âges, le bouquin familial par excellence qui passe de main en main et plait à tous.

 

Un grand méchant renard, en réalité naïf et maladroit, tente d’aller chaque jour ou presque manger des poules à la ferme voisine. Il échoue systématiquement, à tel point que le cochon et le lapin l’ont pris en pitié et lui offrent un panier de navets à chaque fois, afin qu’il ne meure pas de faim. Le loup, bien plus malin, lui conseille d’aller voler les œufs, de revenir les couver, pour n’avoir plus qu’à croquer enfin les délicieux poussins (en partageant avec lui bien sûr !). Mais notre « sociopathe roux » va devenir bien malgré lui un papa poule complètement gaga.

 

Un scénario aux petits oignons, des dialogues enlevés et savoureux, éclats de rires garantis, un dessin tout aussi plaisant, fait de petites vignettes sans cases, tout fonctionne à merveille dans cet album. J'ai adoré !

Et les parents d’une fratrie nombreuse ne manqueront pas d’y voir quelques unes de leurs pensées secrètes…

 

Delcourt, coll. Shampooing, janvier 2015, 192 pages, prix : 16,95 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Benjamin Renner et éd. Delcourt

 

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Ne chatouille jamais un tigre ! – Pamela Butchart (ill. de Marc Boutavant)

2 Avril 2015, 09:36am

Publié par Laure

Ne chatouille jamais un tigre ! – Pamela Butchart (ill. de  Marc Boutavant)

Zélie est une petite fille remuante, toujours à sauter et courir partout. Quand arrive la sortie scolaire au zoo, sa maîtresse ne cesse de la reprendre, et lui ordonne de ne surtout jamais chatouiller le tigre. Bien évidemment notre ressort sur pattes n’aura de cesse d’aller vérifier par elle-même : une scène en cascade se déroule sur 2 doubles pages qui s’ouvrent en volets pour offrir un grand panorama : superbe !

 

On apprend de ses erreurs n’est-ce pas ? Et il vaut toujours mieux tester par soi-même… Mais Zélie aura la solution au cataclysme déclenché, … jusqu’à la prochaine bêtise, comme le laisse entendre la chute…

 

A dévorer pour l’impertinence amusante de l’histoire, jouer à se faire peur (les autres enfants de la classe sont si sages et obéissants !), et bien sûr pour les illustrations colorées et expressives de Marc Boutavant.

J’ai aimé le clin d’œil à Chien pourri qui apparaît dans l’illustration, l’agencement du texte dans les dessins, et les pages liminaires très graphiques qui disent beaucoup à elles-seules et qu’on pense rarement à regarder…

 

Une énergie explosive !

 

 

Nathan, mars 2015, 32 pages + 2 grands volets, prix : 14.90 €

Étoiles :

Crédit photo couverture : © Marc Boutavant et éd. Nathan.

Ne chatouille jamais un tigre ! – Pamela Butchart (ill. de  Marc Boutavant)Ne chatouille jamais un tigre ! – Pamela Butchart (ill. de  Marc Boutavant)
Ne chatouille jamais un tigre ! – Pamela Butchart (ill. de  Marc Boutavant)Ne chatouille jamais un tigre ! – Pamela Butchart (ill. de  Marc Boutavant)

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Mars 2015 en couvertures ...

1 Avril 2015, 07:39am

Publié par Laure

En mars j'ai lu :

(l'image est cliquable et renvoie vers mon billet quand il y en a un)

 

 

En mars j'ai écouté :

 

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Nous parlions d’amour de peur de nous parler d’autre chose – Édouard Moradpour

25 Mars 2015, 08:02am

Publié par Laure

Julien Verbais-Mayer est un riche avocat d’affaires parisien, pas vraiment heureux en couple. Éléonore Soleure est une violoniste de talent dans un orchestre symphonique, malheureuse en amour également. Le roman s’ouvre sur l’appel de Julien à une association suisse, Respectus, qui accompagne par le suicide assisté les gens dans leur dernière volonté. Rendez-vous est pris, précédé de 3 jours de réflexion obligatoires.

 

Par un retour en arrière le lecteur découvre le parcours professionnel et surtout amoureux de Julien, son rapport avec sa mère et son propre Alzheimer précoce qui l’a conduit à cette décision. En parallèle évolue Éléonore, qui elle aussi va tomber malade en pleine quarantaine et prendre la même décision irrévocable que Julien.

C’est à l’hôtel, 3 jours avant le rendez-vous, qu’ils vont se rencontrer et tomber amoureux. Changeront-ils d’avis ?

 

J’ai bien aimé la première partie du roman, qui décrit avec justesse le rapport du fils à sa mère malade, les deux personnages principaux en désaccord avec la vie amoureuse qu’ils mènent, leur univers professionnel, et la découverte de leurs maladies respectives est conduite par le suspense du récit chronologique. Jusque-là tout est plutôt bien vu.

 

Malheureusement dès lors que l’on en arrive à l’euthanasie choisie, ça ne fonctionne plus guère. Le sujet est à vrai dire éludé, à peine esquissé, les deux héros sont à nouveau curieusement bien en forme ou presque, pas si souffrants que cela, ou à deux ça n’est plus insurmontable. On discutera donc de la légèreté du postulat premier.

 

Au final c’est avant tout une (belle) histoire d’amour qui, malgré quelques derniers ressorts narratifs ajoutant du piquant, ne laisse aucun doute sur la fin heureuse immédiate. Le sujet de société grave et intéressant qu’est l’euthanasie n’est ici qu’un prétexte, un peu trop détourné du sérieux qu’il nécessiterait. Si l’on peut comprendre l’intention de l’auteur, il est dommage que cette partie-là soit beaucoup trop évasive et peu crédible alors qu’elle aurait mérité tout l’intérêt.

 

A lire surtout si vous aimez les histoires d’amour dramatiques où l’espoir est permis.

 

Pour un roman sur le suicide assisté en fin de vie, choisissez plutôt Pierre Béguin, avec Vous ne connaitrez ni le jour ni l’heure (éd. Philippe Rey)

 

Le titre, quant à lui, est tiré d’Adolphe, de Benjamin Constant, mis en exergue : « Nous parlions d’amour ; mais nous parlions d’amour de peur de nous parler d’autre chose. »

 

Michalon, mars 2015, 269 pages, prix : 18 €

Etoiles :

Crédit photo couverture : © Jacques Palut – Fotolia.com / éd. Michalon

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Mes petites histoires Montessori – éd. Nathan

24 Mars 2015, 13:50pm

Publié par Laure

Mes petites histoires Montessori – éd. Nathan

2 petites histoires dans une nouvelle collection dont il ressort avant toute chose qu’on est dans la pédagogie Montessori. Bien avant les noms de l’auteur et de l’illustratrice, bien avant même le titre du livre, ce que l’on voit, en gros, en gras et en couleurs, c’est Montessori.

Au moins le message est clair (encore faut-il savoir qui est Montessori, si je faisais un sondage comme ça au pied levé parmi les mères de famille qui fréquentent la bibliothèque, je ne suis pas certaine d’avoir une réponse à chaque fois).

 

Cette collection cible donc les parents avant de cibler les enfants, et une certaine catégorie de parents plutôt que tous. C’est sans doute ce qui me gêne un peu ….

 

Les albums, écrits par Ève Hermann (spécialiste de Montessori et présidente de l’association EMA – Enseignement Montessori Aujourd’hui) et illustrés par Roberta Rocchi sont des histoires courtes et simples, au dessin simple et clair, le texte est très court, dans une jolie calligraphie « en attaché » très scolaire.

 

Dans Emy et les tournesols, la petite fille cueille un tournesol qui perd très vite tous ses pétales (sérieusement, vous avez déjà cueilli un tournesol dans un champ ? la plupart du temps, la tige est tellement dure qu’il vous faut un couteau ou un sécateur, bref…) Emy cueille un tournesol et est toute triste de voir qu’il perd tous ses pétales quand elle joue avec. Arrive Liv (dont on ne sait pas vraiment si c’est son amie ou sa grande sœur) qui lui apprend qu’en plantant les graines, elle pourra avoir de beaux tournesols. Une double page à la fin propose des expériences (ici planter des graines et observer la germination).

 

Dans On range !, après avoir joué toute la journée, Liv et Emy doivent ranger (« il faut ranger », est-ce leur décision, elles le savent, le pensent, le doivent ?) Emy a vite fait de tout cacher sous la couette. Il reste donc du temps pour jouer à la poupée. Mais avec le rangement vite fait, impossible de retrouver la deuxième chaussure de la poupée. Les fillettes entreprennent de ranger à nouveau, chacune avec ses propres critères. Une belle façon de parler de la notion de tri, et de l’utilité du rangement.

La dernière double page propose un jeu autour des couleurs.

 

J’aime beaucoup les illustrations claires et simplement coloriées, un peu à l’ancienne.

Je suis plus mitigée sur le message ou la notion trop pédagogique (même si elle est basée sur le principe de l’éducation Montessori, où le pédagogue est en retrait et où l’enfant expérimente par lui-même), ces albums répondent-ils à une vague de besoin d’une autre éducation ?

 

 

Nathan, mars 2015, 32 pages chacun, prix : 6.95 € chaque.

Etoiles :

Crédit photo couvertures : © Roberta Rocchi et éd. Nathan

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