Les jardins d'Hélène

La libraire a aimé - Sophie Poirier

8 Avril 2009, 07:55am

Publié par Laure

Tous les soirs à la même heure, ils sont là, à la terrasse d’un café. Ils boivent un whisky et parlent de livres. Ils sont libraires mais ne se connaissent pas plus que cela. Rien sur leur vie personnelle. Mais un beau jour Paul ne vient plus. Corinne s’inquiète. Plus encore lorsqu’elle pense voir son visage dans une expo photos, car il s’agit de visages de morts. Corinne réalise qu’elle ne savait rien de Paul, et part à sa recherche. Chez un oncle étrange, puis à New-York où elle rencontre Paul Auster et sa femme, etc. jusqu’au dénouement que je vous laisse découvrir.

 

Je croyais que ce livre parlait de livres. En fait pas tellement. Il est surtout la quête de plus en plus fantaisiste de Corinne vers cet homme qu’elle aime. Le début m’a beaucoup plu, et l’intrigue vous attire … mais la quête est trop imaginaire pour moi, trop fantaisiste. Plus on approche de la fin et plus non, on n’y croit pas. Pourtant il y a quelque chose de plaisant : c’est bien écrit, c’est hors du commun, c’est original, mais pour moi la fin n’a pas fonctionné, et trop de questions restent sans réponses… Un avis mitigé donc.

 

Merci à Liliba qui en a fait un livre voyageur…

  

Le blog de l’auteur, qui me plaît beaucoup !

 

 

Ana éditions, avril 2008, 71 pages, prix : 9,50 euros

Ma note :

Crédit photo couverture : © encore lui ?

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Honteuse - Karin Alvtegen

7 Avril 2009, 07:33am

Publié par Laure

 

Traduit du suédois par Philippe Bouquet


Du thriller 100% psychologique qui pousse au plus loin l'analyse de ses personnages et de leurs failles, de la culpabilité à la compassion, c'est un roman qu'on peine à lâcher l'auteur sait y faire !


Monika est médecin, et ne se remet pas de l'accident dans lequel a péri son frère alors qu'ils étaient adolescents. Lorsqu'un collègue rencontré dans un séminaire périra à sa place dans un accident de la route (c'est elle qui aurait dû repartir dans cette voiture), sa culpabilité atteint des sommets et elle va par tous les moyens tenter d'aider la veuve et l'orpheline. En parallèle, l'histoire de Maj-britt, une femme qui vit seule avec son chien et ne sort plus de chez elle, atteinte d'obésité morbide. Aidée par des aides à domicile, elle se plaît à les humilier, jusqu'à ce qu'une d'entre elles, Ellinor, s'accroche un peu plus que les autres et tente de percer sa carapace. Et lorsque sa meilleure amie perdue de vue lui écrit... de prison, c'est tout son passé qui lui revient.

Destins qui s'entrecroisent, terreurs du passé, culpabilité enfouie, volonté de se racheter, l'intrigue est menée de main de maître par l'auteur : complexe (au sens d'intéressante) et maîtrisée !

Si le personnage de Monika m'a parfois énervée, la manipulation est telle que de toute façon, il faut aller au bout !

Une auteure que j'avais découverte avec Recherchée, et que je compte bien continuer à lire !


Plon, septembre 2006, 303 pages,

ou Points, mars 2008, 347 pages, prix : 7 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. Points / Seuil

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Mon voisin - Milena Agus

6 Avril 2009, 10:59am

Publié par Laure

 

Traduit de l'italien par Françoise Brun


Courte nouvelle de 51 pages, mon voisin nous plonge dans la moiteur lourde de Cagliari, village sarde, et la déprime languissante d'une mère : elle vit seule avec son petit garçon de deux ans qui ne marche toujours pas, pas plus qu'il ne parle d'ailleurs. Elle rêve au suicide parfait qui ferait croire à l'accident, ne la condamnant pas ainsi aux yeux du voisinage. Mais son voisin apparaît, ainsi que son fils turbulent, de l'autre côté du mur mitoyen surmonté de tessons de bouteilles. Peu à peu, les tessons disparaissent et la vie réapparaît...

D'emblée, je n'ai pas aimé ce personnage féminin, son attitude, et du coup n'ai pas su apprécier ce court texte, pesant, lourd, même s'il s'éclaircit sur la fin. Je n'y ai pas été sensible, c'est tout !

A moins que ce ne soit la forme trop courte ? Donc non, tant pis.


Merci quand même à Cathulu pour le prêt surprise !


Liana Levi, coll. Piccolo, janvier 2009, 51 pages, prix : 3 €

Ma note :

Crédit photo couverture : © Denis Hoch et éd. Liana Levi

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J'aime pas les autres - Jacques A. Bertrand

5 Avril 2009, 15:23pm

Publié par Laure

 

Anatole Berthaux mène une enfance ordinaire et timide sous la coupe d'un père instituteur au caractère rigide. C'est son parcours initiatique que nous narre avec humour, finesse et ironie l'auteur. Autobiographie romancée ? Jacques A. Bertrand en offre d'ailleurs une intéressante perspective :

p. 39-40 : « Tout discours critique sur l'autobiographie, l'autofiction, le narcissisme et le nombrilisme, opposés au prétendu vrai roman, relève de la plus haute fantaisie. L'imagination des plus grands créateurs, si ce n'est celle du Créateur lui-même, est très limitée. Elle consiste essentiellement à réunir deux ou trois éléments qui n'ont pas l'habitude de se côtoyer pour créer une idée, une image, une molécule, une sensation nouvelle. On peut tirer quelque chose de distrayant et d'instructif en juxtaposant deux mots qui, séparément, sont à peine crédibles dans les dictionnaires. Mais l'essentiel est ceci : tout roman est nécessairement biographique, fondé sur des éléments d'expérience ou d'observation transposés. Inversement, l'écriture n'étant jamais qu'une forme de transposition, toute biographie est un roman. Et l'autobiographie est vraisemblablement la forme de littérature la plus romanesque ».


On suit donc Anatole jusque dans ses études supérieures et ses premières amours, sa (double) vie de couple inattendue et son détour par le défunt service militaire. C'est tout simple, mais c'est un vrai plaisir. Un très agréable moment de lecture.


p. 70 « Je me suis toujours tenu à l'écart des clans. Je détestais déjà ce que Romain Gary appellerait quelques années plus tard « l'appartenance ». Qu'on me dise : « Vous les jeunes » (ma mère), « Vous les garçons » (les filles) ou « Vous les écrivains » (les critiques) me met en rage. Je ne crois qu'aux individus. »


éd. 10/18, mars 2009, 122 pages, prix : 6,50 €

Ma note :

Crédit photo couverture : éd. 10/18.

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Boomerang - Tatiana de Rosnay

3 Avril 2009, 16:43pm

Publié par Laure

Antoine, architecte, divorcé et père de trois enfants, un peu dépassé par ses ados, offre un week-end à Noirmoutier à sa sœur cadette Mélanie, qui fête ses 40 ans, elle aussi divorcée mais seule. Noirmoutier, l’île où ils passaient leurs vacances d’été lorsqu’ils étaient enfants. Ils n’y sont pas retournés depuis 1973, leur mère étant décédée juste après. Au retour, alors que Mélanie s’apprête à lui révéler un souvenir qui la hante depuis leur séjour sur l’île, c’est l’accident. C’est à l’hôpital qu’Antoine va s’interroger sur ce secret familial que voulait lui révéler sa sœur, s’inquiétant de son rétablissement, et en faisant la connaissance d’Angèle, une embaumeuse sexy qui ne manque pas d’initiative. Cette belle plante audacieuse réussira-t-elle à lui faire enfin tourner la page de son divorce malheureux ?

Mais inutile d’en dire plus, il faut accompagner Antoine dans son voyage intérieur, la très belle couverture du livre vous y invite, et les 400 pages qui suivent sauront vous faire oublier la réalité qui vous entoure, car vous aussi lecteurs, vous êtes pressés de le découvrir, le secret de Clarisse Rey !

Boomerang est une histoire d’amour, et d’amours au pluriel, entre des couples, entre des parents et leurs enfants, entre frère et sœur, l’histoire d’un secret familial aussi, qui se dénoue au fil des pages dans une tension accrue quand approche la fin. Mais c’est aussi l’histoire du quotidien, un quotidien aisé certes, bourgeois, mais remarquablement traduit par l’auteur dans sa vraisemblance et sa modernité : famille divorcée, attitude des enfants adolescents (on a tous les mêmes à la maison !), vitesse filante du monde dans lequel on vit.

Il m’a semblé parfois que ce roman était banal, presque sans surprises, que tout s’y déroulait naturellement, dans un enchaînement fondu d’avance. Mais sans aucune gêne car cela en fait sa force aussi : il est tout à la fois riche de quantité de choses, rebondissements et personnages qui ont une vraie profondeur, on les côtoierait presque dans la vie. Le suspense est plus retenu que dans d’autres romans de l’auteur, le dosage entre amour et enquête psychologique y est subtil, on se laisse juste emporter par l’histoire de cette tribu qui comme beaucoup, a ses secrets enfouis. Ceux qu’il faut dénicher afin de pouvoir s’en libérer, et avancer dans la vie. Et c’est un beau voyage, qui s’achève à regrets, car on voudrait qu’il dure encore. Même s’il est un chemin vers le bonheur, sans doute.


La lecture de Cuné
Celle de Clarabel

Pour lire un extrait  (cliquer sur l'onglet "extrait" pour ouvrir un fichier pdf, sur le site de l'éditeur.)
 

Ed. Héloïse d’Ormesson, avril 2009, 376 pages, prix : 22 €

Ma note :



Crédit photo couverture : © Stéphanie Têtu / Rapho / Eyedea et éd. EHO.

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De quoi j'me mêle ?

31 Mars 2009, 20:52pm

Publié par Laure

Ici et là naissent des polémiques sur ce que devrait être ou ne pas être un blog littéraire, et je suppose que par littéraire on entend ce qui est comptabilisé, évalué, malmené et observé attentivement dans le classement Wikio rubrique Littérature. Classement qui fait lui-même débat, surtout auprès des aigris et autres jaloux. Comme tous ces débats sur les SP (pour les non initiés qui passeraient par là : services de presse envoyés par les attachées de presse ou les éditeurs eux-mêmes), les jeux concours, les opérations promotionnelles des éditeurs relayées en direct ou par le biais d’entreprises sous-traitantes. Idem pour les commentaires : seraient montrés du doigt ceux qui ne répondent pas systématiquement aux commentaires laissés sur leur blog par leurs lecteurs.

Je ne suis pas entrée dans ces débats, je n’ai pas laissé de commentaires à ce sujet sur les blogs qui en parlaient, je pourrais bien même continuer à garder le silence, par paresse essentiellement. Mais comme je suis solidaire de celles qui en privé pensent « fichez-nous la paix », j’y vais de mon « de quoi j’me mêle », puisqu’il faudrait passer son temps sur la blogosphère à se justifier. Se justifier de trop lire, se justifier d’avoir été classée là plutôt qu’ailleurs, se justifier de demander qu’on nous lâche un peu…


D’abord, le classement Wikio Littérature ne satisfera jamais personne tant qu’on continuera à y faire cohabiter des choses très différentes. Tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi, diront les aigris qui ne comprennent pas pourquoi ils ne sont pas à la hauteur qu’ils attendent.

Dans blog littéraire, il y a littérature. Il y a des blogs d’écrivains, d’auteurs publiés (ou pas), de gens qui écrivent, des blogs de création littéraire. Il y a de bons et de mauvais écrivains, des qui le sont et des qui aimeraient l’être, des bons et des mauvais blogs. Il y a aussi des blogs de critiques littéraires professionnels et de journalistes. On les met dans la même case, ils créent à leur manière, mais ils ne créent pas de la littérature. Ou alors de la paralittérature. Et puis il y a surtout cette sous-catégorie qui semble gêner tout le monde, que certains passent leur temps à décrier, lui refusant toute légitimité : les blogs de lecteurs. Des gens comme vous et moi qui lisent des livres, et disent tout simplement et sans chercher quoi que ce soit (autre que leur plaisir à le faire), ce qu’ils en pensent. En général des livres aimés, appréciés. Je rapproche ces blogs de lecture de tous les blogs de loisirs et de passions : tricot, broderie, loisirs créatifs, cuisine, pêche à la mouche, bref ce que vous voulez. Est-ce que les gens qui tiennent un blog de broderie sont aussi virulemment critiqués que ceux qui tiennent un blog de lecture ? Et je dis bien lecture, pas littérature.

Mais qu’on nous fiche la paix bon sang, ou alors allez emm… de la même manière ceux qui tiennent un blog de pêche à la mouche. On n’a rien à faire dans la catégorie Littérature ? Ben mettez-nous ailleurs. Ou vous voulez. Dans la catégorie « Nullités » si vous voulez, là plus qu’ailleurs on sera lus, pas besoin de temps de cerveau disponible pour ça. Si vous voulez me mettre dans la rubrique physique quantique à la 97 865ème place ou à la rubrique nouvelles technologies à la 98251ème place, faites. Ceux qui se soucient de ne pas être dans les 10-50-100-1000 premiers n’ont sans doute pas grand-chose d’autre à faire dans la vie (ou un ego surdimensionné, c’est encore autre chose)

Ce mois-ci je suis 40ème en Littérature il paraît. Oui. Et alors ? ça change quoi ? Pour qui ? Pour quoi ? Pour moi ? Rien. Ma vie s’arrêtera si je passe 578 ème demain ? Ma place n’est pas justifiée en Littérature ? Ce n’est pas moi qui l’ai demandée cette catégorie ! J’ai juste reçu un mail de Wikio un jour me disant que j’étais là. Ah bon.

 

Autre sujet qui fâche : les SP. Est-ce que je reçois des SP et est-ce que ça me pose problème ? Oui je reçois des SP, pas des masses, une dizaine par an, toujours sur proposition de l’éditeur ou de l’attachée de presse. Je ne les demande pas. Mais je réponds positivement quand on m’en propose. Est-ce que ça me pose problème ? Déontologiquement non. En pratique oui. Parce que je ne les lis jamais tout de suite, souvent avec 6 mois ou 1 an de retard par rapport aux dates de sortie en librairie, ce qui n’est pas intéressant pour les éditeurs. Ils ont d’ailleurs bien compris que j’étais un mauvais choix sur ce plan-là, néanmoins ceux qui continuent à m’en envoyer le font par amitié. (Ou soyons pragmatiques : parce qu’ils ne vont pas tous vérifier si j’ai publié ou non un billet sur leur livre).


Est-ce que je participe à des actions promotionnelles ? Oui parfois, mais là aussi, je suis rarement dans les délais. Quand le livre ne m’intéresse pas, je décline tout simplement. J’ai déjà assez de trucs à lire pour ne pas m’encombrer de livres inutiles (pour moi), fussent-ils gratuits. En 2008, j’ai participé à deux jurys de lecteurs : celui du Prix des Lectrices de Elle, et celui du Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Est-ce que j’ai fait une publicité gratuite pour ces institutions à l’insu de mon plein gré ? Si on veut voir de la promo partout, on peut la voir là aussi. Est-ce que les tout frais jurés 2009 du Prix Inter font en réalité la promo gratuite de Radio France ? Vous allez me répondre que non bien sûr là on aime la littérature, que vous pensiez plutôt aux opérations de chez les filles et autres approchantes. Qui va réellement sur le site de chez les filles après avoir vu une critique d’un bouquin offert par eux ? Les bouquins offerts par chez les filles ont-ils réellement besoin de visibilité tant ce sont en général des mastodontes de l’édition qui ont les moyens d’offrir 100 SP ?


Est-ce que les blogs de lecture font vendre ? Bien sûr que non, ils ne sont pas faits pour ça. Les écrivains qui l’ont cru jadis ont vite compris leur erreur. Les blogs de lecture font partager, discuter, échanger, enrichissent la Poste et fréquenter davantage les bibliothèques publiques. Ceux qui achètent des livres le faisaient déjà, avec ou sans blog. Et continuent. D’en acheter encore plus. Parce qu’ils aiment ça. Les livres. Quelqu’un qui tomberait par hasard sur un blog de lecture courrait-il en librairie le lendemain ? L’exception doit bien exister, mais elle n’est pas la règle.


Est-ce que je participe aux jeux des blogueuses, swaps et défis lecture ? Non, plus maintenant. J’ai fait un swap il y a longtemps. C’était sympa et amusant. J’avais réellement apprécié l’expérience. Depuis j’observe, et je n’aime pas ce que je vois. Des critiques partout : ça va du billet qui dit ouvertement que le cadeau reçu était nul à la polémique qui dénonce une tendance à la surenchère : certaines en mettraient trop dans leur colis pour épater la galerie et se faire mieux aimer ? Il y a bien des tentatives ponctuelles pour règlementer tout ça : des tailles de colis à respecter ou des montants en euros à ne pas dépasser, mais là encore tout le monde triche. Parce que le plaisir d’offrir n’aime pas les lois. Et que fait la Cnil quand des blacklistes circulent (tiens ça circule aussi dans les blogs de loisirs créatifs, tapez blackliste swap dans un moteur de recherche, vous verrez comme elle est belle la nature humaine), balançant à tout va les noms des mauvaises joueuses qui n’envoient rien ou postent leur colis avec une journée de retard ? C’est ça le plaisir du swap ? Jouer au gendarme et ficher les gens ? Joli jeu ! Oui je sais, pour le joueur honnête c’est pas juste, parce que vous croyez aux règles, vous envoyez un colis, et à cause des mauvais joueurs, vous ne recevez rien. C’est grave. Vous ne survivrez pas. Mortelle déception. Vous envoyez trop ? On vous accuse de surenchère. Là encore, il est beau le jeu ! J’en suis donc revenue à la bonne vieille méthode : j’offre ce que je veux à qui je veux quand je veux, pas besoin du net pour ça. De même que j’ai régulièrement la surprise de trouver des cadeaux dans ma boîte aux lettres, sans que personne ait décidé que je devais ouvrir mon colis le 1er avril à 00h28 min.


Les clubs de lecture ? oui, non, je ne supporte plus les lectures imposées, j’ai trop donné pour les jurys dans ce domaine-là. Et j’avoue que lorsque je trouve 20 billets sur un livre identique le même jour, je n’en lis aucun. Peut-être parce que ça fait lire 20 fois le quasi même résumé, et que ça ne permet pas l’échange motivé d’une vraie rencontre. Et qu’on ne peut même pas faire tourner la boîte de chocolats pendant ce temps-là.


Comme tous ces griefs ne faisaient pas encore assez dans la jolie blogosphère, on pointe maintenant du doigt les blogueur/euses qui ne répondent pas systématiquement aux commentaires que les lecteurs laissent sur leur blog. C’est pas bien, c’est pas poli. On vous fait l’immense honneur de vous lire alors que vous écrivez de la bouse qui ne mérite pas la catégorie Littérature du Dieu Wikio et vous avez le culot d’ignorer le courageux passé par-là qui en plus est assez givré pour vous dire qu’il aime votre bouse !! J’avoue je ne réponds pas systématiquement aux commentaires. Pourtant je ne méprise pas mes lecteurs. Je ne prends même pas le prétexte du (manque de) temps, argument souvent faux-cul entendu ici et là. Vous avez le temps d’écrire vos articles, décortiquer vos stats,  lire vos commentaires, mais pas d’y répondre ? Laissez-moi rire. Soyons plus honnêtes : tous les commentaires n’appellent pas de réponses. Que voulez-vous répondre à « ça a l’air sympa, je note » ou « ça va encore faire augmenter ma PAL / LAL » ? Vous aimeriez comme réponse systématique (automatique ?) : « oui c’est sympa vas-y note ! » ou «  oui pauvre PAL ! ». Je peux hein, si c’est ce que vous trouvez intéressant dans un blog. Moi pas. Je ne lis quasiment jamais les commentaires. Parce que je lis souvent les articles via bloglines, sans aller sur le blog propre, sauf quand l’article vraiment m’intéresse, parce que les commentaires (y compris chez moi) sont souvent des private jokes entre copines qui excluent la masse, parce que quand fait rarissime je laisse un commentaire chez quelqu’un, je ne pense jamais à aller voir la réponse. Comment font celles qui laissent un comm sur chacun des 150 blogs qu’elles lisent quotidiennement ? Elles retournent 150 fois 2 ou 3 dans la journée voir les réponses ? Chanceuses, ou elles ne travaillent pas, ou pauvrettes, elles s’ennuient vraiment au boulot ! Sans parler de ceux qui usent du commentaire pour le clic qui fait remonter dans les classements, là on est revenu au Wikio du départ, c’est pathétique.


Alors oui je suis une sauvage, je ne garde de ce monde des blogs que mon plaisir personnel à parler de mes lectures, et de ce qui en agace d’autres, faisant un blog hybride, mes enfants, mes bestioles, mon job.. Ça vous irrite ? Ben c’est être maso que de venir me lire alors, non ? ! D’aucuns diront sans doute aussi qu’à me mettre à l’écart comme cela, c’est moi l’ego surdimensionné. Si ça vous fait plaisir. J’ai le dos large.

Alors pourquoi je continue de bloguer ? Parce que les liens qui se sont créés sont réels et sincères, parce que j’ai toujours plaisir à le faire pour ces fidèles-là (et pour tous les silencieux que je ne connais même pas !), parce que c’est toujours un plaisir de recevoir un mot inattendu d’un auteur ou d’un illustrateur, de noter chez les autres des titres de livres à lire même si j’en ai déjà 450 empilés là, parce que la passion de la lecture ne s’émousse pas. C’est celle du web qui parfois s’use. Avec l’impression de toujours devoir s’y justifier.

 

 

 

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Un mois plus tard... (eh oh, je suis un chat moi !)

30 Mars 2009, 14:08pm

Publié par Laure

Il y a pile un mois, ils me ramenaient une nouvelle bestiole pour empiéter sur mon territoire : un cochon d'Inde nommé Choupette. 1 semaine plus tard, ils étaient trois, car leur Choupette, elle a fait des petits : un petit mâle nommé Forrest et la petite blanche, une fille comme moi, c'est Quenotte.


Et aujourd'hui, nan mais je rêve ou c'est la multiplication des cages ? Ils ont mis du rhum dans mes croquettes ou quoi ? Je regarde où moi maintenant ?


A droite ?


A gauche ?


Eh oh, ça commence à devenir compliqué dans cette maison !!
Mais Forrest déménage demain, il va habiter chez la nounou, ah c'est pour ça que les cages se sont multipliées ! j'avais pas rêvé !!

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C'est à moi, ça ! - Michel Van Zeveren

28 Mars 2009, 06:38am

Publié par Laure

Après le très drôle et pourquoi ? qui revisitait le petit chaperon rouge, voici un nouvel album de Michel Van Zeveren qui joue sur le conte-randonnée. L’histoire commence ainsi : « dans la jungle, terrible jungle … » (et là je défie quiconque de réussir à ne pas chanter !), le lion est mort ce soir une grenouille trouve un œuf et s’écrie : c’est à moi, ça ! Mais voilà qu’arrivent tous les animaux du coin, de plus en plus gros, qui décrètent eux aussi que c’est à eux ! S’ensuit une grande bagarre et l’œuf tombe sur la tête de l’éléphant qui passait par là. L’animal, souffrant d’une bosse, demande à qui est cet œuf. Tous craignant la remontrance, se renvoient l’œuf. Je vous laisse la surprise de la chute, de même que la finale, qui sortira de l’œuf ?

Un album aux couleurs pastel jouant sur l’effet de répétition qui plaît à tous les coups, une valeur sûre !

 

(à partir de 3 ans, et sans limite d’âge J )

 

L’école des Loisirs, coll. Pastel, mars 2009, prix : 11 €

Ma note :



Crédit photo couverture : © Michel Van Zeveren et éd. L’école des Loisirs

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L'hypothèse des forêts - Laurence Albert

25 Mars 2009, 15:16pm

Publié par Laure

Une chose surprend quand on aperçoit ce livre : sa couverture, qui irrésistiblement donne envie de pousser cette porte pour découvrir ce qu’il y a derrière ce verre opaque où se reflète une forêt dans la lumière du soleil. C’est très réussi. Le second point, plus déstabilisant, c’est le titre : l’hypothèse des forêts. C’est vendeur un titre pareil ? Comme ça, au départ, c’est un mystère. Pas très engageant à vrai dire. Ça sonne « mathématiques », ou houellebecquien, après la possibilité d’une île, il ne manquerait plus que la probabilité des ormes ? J’ironise, mais ce titre est pour moi un obstacle, un verrou qu’il faut faire sauter.

 

Cette curieuse hypothèse est l’histoire de trois sœurs, Léonie, Hortense et Rose Taillandier,  trois femmes adultes au moment du récit, qui vont revenir sur leur enfance, douloureux passé dont elles cherchent à guérir. Rose, la petite dernière, est la narratrice principale de leur histoire. On devine un drame ancien, lié à leur mère, internée en psychiatrie, sans que l’on sache bien pourquoi. En parallèle, on fait connaissance avec Thomas, aide-soignant dans cet hôpital, qui a quitté son Québec natal pour tenter de retrouver Léonie, rencontrée lorsqu’il vivait à Montréal, et dont il est tombé éperdument amoureux. Léonie Taillandier, l’aînée des trois sœurs, qui un beau matin a disparu. Pourquoi ? En se rapprochant de sa mère Marianne, et de Rose qui lui rend visite régulièrement, il espère la retrouver, comprendre sa fuite.

Le ressort du livre est construit sur l’alternance des chapitres écrits à la première personne, tantôt celle de Rose, tantôt celle de Thomas, on pense inévitablement à Karine Fougeray et à Ker Violette, même principe, roman polyphonique pour reconstituer le secret et le drame. Ça marche peut-être un tout petit peu moins bien ici, il m’a fallu souvent me raccrocher à l’accord des participes passés ou revenir au début de chapitre pour savoir qui « racontait l’histoire». Surtout que je ne voyais pas bien encore combien de personnages s’exprimaient. Du moins au début, car sur la fin l’évidence du fonctionnement a pris le dessus.

Puis on découvre la maladie de la mère (que je tais volontairement ici) et on imagine le drame vécu par les filles, à peine esquissé, mais qui détruit à jamais. La tentative de reconstruction de ces trois femmes, confiées encore toutes jeunes à leur tante lors de l’internement de leur mère, témoins aussi de la lâcheté de leur père qui a préféré prendre la fuite, se dénoue au fil des pages. On pourrait dire résilience pour utiliser ce mot à la mode. Mais la résilience fonctionne-t-elle pour chacune ? Où est Léonie ?

Hortense a la danse pour refuge, Rose a la forêt, ses forêts, la nature qui lui permet encore de respirer.

Après un petit passage à vide vers le milieu (faiblesse de ma part ou du roman qui me semblait patiner un peu ?) les quatre-vingt dernières pages m’ont vraiment emportée, et avec elles mon adhésion tout entière à ce roman fort et douloureux. Car malgré l’histoire terrible de cette famille, il est toujours empreint d’une lueur d’espoir, farouchement entretenue par Rose, qui porte au plus profond d’elle-même son acharnement au bonheur. Une lutte permanente pour le bonheur alors qu’elle lutte tout autant contre elle-même avant d’oser s’y abandonner.

 

Il faudra vraiment avoir atteint ces deux cents pages denses, mystérieuses, pour percevoir toute la force de cette histoire, qui laissera longtemps en vous l’empreinte de ses tensions.

 

En plus des libraires habituels et du site de l'éditrice, vous pouvez également commander ce livre sur coop-breizh : ici


Ed. Delphine Montalant, mars 2009, 201 pages, prix : 17 €

Ma note :



Crédit photo couverture : © Catherine Mantelet et éd. D. Montalant

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L'amour en cage - Maryvonne Rippert

24 Mars 2009, 06:19am

Publié par Laure

Paul est un élève de sixième comme les autres, mais il a du mal à supporter les quolibets de ses nouveaux camarades de collège sur le fait qu’il est fils d’agriculteurs. On le surnomme le Pèque, comme péquenaud. Mais rien ne l’empêchera d’aimer sa nature, de courir dans les bois et les collines. Et puis des a priori stupides, il en a lui aussi, quand il s’agit d’Aïssata, sa camarade guinéenne, son amie.

Amour, amitié et liberté vont venir se mêler dans cette histoire sensible : Paul va recueillir une pie blessée qu’il va élever et apprivoiser, mais va-t-il trouver la force de la libérer pour qu’elle vive sa vie d’oiseau ? Sa grande sœur rêve de reprendre ses études et d’entrer à l’école d’infirmière, mais son amoureux va-t-il accepter d’être séparé d’elle quelque temps ? Et quand Aïssata annonce son départ, comment Paul va-t-il réagir ?

Ah ce n’est pas facile de grandir ni de faire les bons choix !

Un joli roman à proposer dès 10-11 ans, qui fait une part belle à la nature et à la liberté.

 

 

Lu et aimé aussi par Gawou et Clarabel
 

Ed. du Seuil, coll. Chapitre, 91 pages, oct. 2008, prix : 7.50 €

Ma note :


Crédit photo couverture : éd. du Seuil.

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