LA rencontre PHENOMENALE
Le matin après le petit déj’ je m’en vais en général finir ma tasse de thé devant l’ordi, mails et blogs matinaux, avant le lever du jour bloglines ne me signale bien souvent que les billets de Cuné et des québécoises en décalage horaire de la nuit. Et dans les mails comme toujours des tonnes de pub. En particulier les newsletters de Elle que je ne lis jamais, la cuisine la déco les people, je ne sais plus, 3 tonnes tous les jours. Et Elle ne manque jamais de m’offrir aussi mon horoscope du jour, mais attention, pas n’importe lequel hein, mon horoscope rien qu’à moi, celui du Cancer, l’écrevisse rougissante qui s’en va à reculons.
D’ordinaire je zappe comme les autres newsletters, mais ces malins, ils mettent la phrase essentielle dans le sujet du mail, alors clic, j’ouvre, et je lis :
« AUJOURD'HUI
Il vous faudra prendre des mesures concrètes et énergiques pour vaincre votre timidité, pour être sûr de vous, si vous ne voulez pas avoir des regrets tout le reste de votre vie. En effet, une chance de rencontre phénoménale s'offrira à vous au cours de cette journée et, si vous ne savez pas la saisir, elle vous sera perdue à jamais. »
Vous n’êtes pas sans ignorer que je suis une jeune et belle divorcée solitaire qui se demande parfois
si elle va finir gaga avec son chat, alors là, j’ai l’œil qui clignote, et j’annonce la fantastique nouvelle à Dame Cuné, qui en amie fidèle me
coache :
Oh oh oh ! Souris, souris, souris, tout le temps !! ;o))
Je ne tiens pas un blog de fille, mais c’est qu’aujourd’hui quand même, faut que je joue à la fille hein, manquerait plus que je rencontre le Prince Charmant en guenilles et le cheveu filasse, nan mais. Alors zou, la petite jupe d’hiver longueur décente, les cavalières noires, le petit pull V, le nouveau manteau acheté vite fait mais déjà adoré, et, et, et…
La panoplie de fille :

Bon j’ai oublié de mettre le mascara sur la photo mais je ne l’ai pas oublié sur mes yeux, je peux aller affronter
les allées de l’hypermarché que je fréquente le lundi, comme la plupart des gens qui travaillent toute la semaine sauf le lundi. Et vous croyez vraiment que c’est au rayon des surgelés que je
vais faire LA rencontre PHENOMENALE ??
L’œil pétillant et guillerette comme Perrette dans sa petite voiture
son encombrant char familial, je m’en vais à la capitale, c’est du sérieux. Rigolez si vous voulez, Le Mans c’est notre capitale à nous. Sans oublier le conseil de dame Cuné : le sourire,
toujours ! Même au pare-brise sur la D357. Même au monsieur qui conduit l’engin qui nettoie les rails du tramway. Même à la caissière qui m’a dit 238.57 € s’il vous plaît.
Bon, je suis rentrée bredouille de la chasse, même pas un petit lièvre égaré, autant vous avouer que le bel
Apollon n’est pas au rayon des yaourts, ni même à celui des whiskies, tout juste le chauve bedonnant traîne-t-il la patte derrière le caddie de sa mémère.
Mais d’abord, qui a dit que la journée était finie ? Il me reste une rencontre phénoménale à faire avec
l’aspirateur et le fer à repasser aujourd’hui, celle-là, même si je la manquais, je n’en aurais pas des regrets pour le reste de ma vie
For the first time I shall be alone in Christmas but j’ai décidé que la vie est belle et que je fêterai Noël avec les enfants le dernier soir avant leur départ et que je mettrai toujours direct à la corbeille les horoscopes de Elle. Nan mais.
Edit quelques heures plus tard : la rencontre phénoménale a-t-elle finalement eu lieu ? Un mail masculin
sur l’adresse du blog pour me dire que je pourrais avoir le courage et la décence de préciser que certains ont aimé un premier roman que je qualifiais de « sans surprise », et un p… de
commercial de je ne sais quelle marque de surgelés qui m’a fait abandonner ma partie de Word Challenge à 270 000 (je visais les 400 000) parce que toutes lumières allumées et volets
ouverts, il insistait le bougre. Phénoménal, j’vous dis !
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Vous avez sans doute découvert Cyril Pedrosa avec
Aloysius Chabossot tient
Petit roman tonique et rafraîchissant qui se lit en deux temps trois mouvements,
Rafael est un pauvre type, alcoolique, illettré, qui vit dans une sorte de
bidonville entre l’autoroute et la décharge publique. Père de 3 très jeunes enfants, il vit là en communauté avec sa femme, le reste de sa famille et d’autres gens comme eux. Impossible de
trouver un job pour des gens comme eux, et le peu de ferraille qu’ils récupèrent à la décharge ne suffit pas à faire vivre tout le monde. Mais Rafael est content, il vient de trouver un
job : 300 dollars payés d’avance, le solde (30 000 $ en tout) le contrat rempli. Le contrat ? Tourner dans un snuff movie, ces films
où la torture et la mort ne sont pas simulées mais bien réelles, pour le plaisir de quelques déséquilibrés fans du genre. Sa vie contre une heure de torture et 30 000 $. D’emblée l’auteur
prévient, en préambule du roman, que le chapitre 3 sera difficile à lire, éprouvant, difficilement soutenable, mais qu’il sert le propos général du livre. En effet dans ce chapitre, le producteur
du film décrit par le menu toutes les tortures qui seront infligées à Rafael. Et Rafael signe.
Barthélémy Dussert est inspecteur de police à Bruxelles et spécialiste du poète anglais Wilfred Owen, qu’il traduit inlassablement. Alors que les services de police belges sont en
pleine restructuration, Barthélémy enquête sur la disparition du romancier Laurent Legris, originaire du même village que lui. Parallèlement, il reçoit des extraits de manuscrit très étrange.
Louis Martin est un presque quinqua qui va se prendre de plein fouet la middle
life crisis en pleine face (à moins que ce ne soit en plein cœur). Et oui, personne n’est jamais à l’abri : belle situation, beau mariage, belle vie de famille avec enfant, mais quand le
démon vient frapper à votre porte sous les traits d’une belle jeunette, vous revivez illico et gagnez vingt ans d’âge.
Dans les années 2000 au large de Boston... après la mort de tante Françoise, Lise hérite
d’une maison sur l’île de Martha's Vineyard et de quelques boîtes laissées par son cousin (et ex amant) Nick décédé lui aussi, boîtes qui contiennent des photos, des cassettes, et un manuscrit
intitulé déjà-vu. Dans ce manuscrit, Nick revisite