Entre mes mains - Anne-Constance Vigier
Dès la première page qui sert de prologue au récit, on sait que c’est un drame que l’on va lire. Qu’il faut s’attendre au pire. Pourtant, on aurait pu croire au
meilleur : la narratrice est une jeune ingénieure en mathématiques qui découvre l’amour dans les bras de Sylvain, un musicien obnubilé par Bartók, le compositeur hongrois. On suit leur
installation, leur voyage de noces, la découverte de la grossesse … Pourtant, c’est sur un ton désabusé, extérieur et très détaché que la narratrice livre peu à peu son histoire, ses
attentes manquées, mal-être et mal-aimance (ça existe ce mot ? j’invente peut-être oups !), comme si elle avait bien conscience de tout cet artifice mais aucune maîtrise sur sa propre
vie. Elle analyse parfaitement la situation, mais la subit. Habilement construit, on sait dès le début quelle fin nous attend, mais c’est l’adéquation parfaite ici de l’écriture et de l’histoire
qui fait tout l’intérêt de ce court texte : comment l’auteur va-t-elle nous y conduire, à cette fin ? Glaçant, mais fort, marquant, qui laisse une trace bien après lecture, donc très
bon. Une auteur(e) à suivre, assurément.
L’avis de Clarabel
Ed. Joëlle Losfeld, septembre 2007, 100 pages, prix : 11.90 €
Ma note :
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Crédit photo couverture : © Faith Ashurst – fotolia et éd. J. Losfeld
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Alex, 15 ans, vit seule avec sa mère, aide-soignante à l’hôpital. Il n’a jamais connu son père.
J’ai aimé quelques uns des romans de Christine Orban,
Dur roman que ce lauréat du Prix Michel Lebrun * 2008 !

Desmond est un éminent professeur de linguistique à la retraite. Veuf (sa première épouse est décédée d’un cancer), il s’est remarié avec (Wini)fred, qui dirige un petit magasin de
déco. Leurs enfants respectifs sont adultes et indépendants, tout va bien, sauf que Desmond s’ennuie sérieusement chez lui, et que l’âge aidant, il devient de plus en plus sourd. Autobiographique
sur deux points : la surdité et le père âgé qui perd peu à peu son autonomie, David Lodge nous offre un nouveau roman dans le milieu universitaire qui lui est cher, drôle, ironique, plus
personnel aussi, mais tendre et enlevé.
C’est l’histoire d’une longue amitié qui a souvent été très mal perçue, et pour cause : c’était le temps de l’apartheid en Afrique du Sud. Catherine King est la fille du
propriétaire de la ferme à Hebron, au nord-est de Johannesburg, et Maria est la fille de la cuisinière noire qui travaille pour eux. Elles n’ont pas la même couleur de peau, mais elles ont grandi
ensemble et sont inséparables, même si Catherine est obligée de partir avec sa mère après la découverte par celle-ci que son mari la trompe, elles savent qu’elles se reverront.
Voici un roman au long souffle qui, s’il s’inscrit dans la veine du thriller, n’en demeure pas moins avant tout un grand roman, bien plus riche qu’un page-turner bien
huilé.